Ritalin ou antidépresseur?
L'hyperactivité peut conduire à la dépression
Un nombre significatif d'enfants hyperactifs souffrent de dépression et auraient carrément manifesté des tendances suicidaires, selon une étude effectuée par Nancy Leblanc, étudiante-chercheuse en psychologie à l'Université Laval. Compte tenu de ces résultats troublants, révélés dans le cadre du congrès de l'ACFAS, les médecins devraient peut-être revoir le traitement pharmacologique qu'ils prescrivent à ces enfants et éventuellement substituer un antidépresseur au Ritalin.
Au Québec, le déficit de l'attention avec hyperactivité (DAAH) frappe 7 % des garçons, contre 2 % des filles. Les enfants atteints de la maladie que Nancy Leblanc a examinés étaient en l'occurrence majoritairement des garçons âgés d'environ dix ans, et 91 % d'entre eux étaient sous médication. Ces enfants vivaient dans des familles stables dont les deux parents étaient présents, avaient une bonne santé et travaillaient.
Après avoir comparé un groupe d'enfants atteints du DAAH à un groupe contrôle — constitué d'enfants sains —, la jeune chercheuse a observé que «les enfants hyperactifs étaient significativement plus dépressifs que les gamins ne souffrant d'aucun problème de santé. Selon les scores obtenus dans l'évaluation des symptômes dépressifs, ils étaient même deux fois plus affectés», a-t-elle précisé.
Le sentiment dépressif le plus marqué chez ces jeunes personnes avait trait à la perte de plaisir, tant à la maison qu'à l'école.
Infirmière de formation, Nancy Leblanc a néanmoins été extrêmement étonnée de constater que près de 15 % des enfants hyperactifs qu'elle a étudiés avaient franchi le seuil clinique de la dépression. «Même si ces enfants bougent beaucoup et paraissent dynamiques et impulsifs, ils peuvent souffrir énormément intérieurement», a-t-elle souligné.
Et leur souffrance peut être à ce point intense que ces gamins du primaire en viennent même à envisager le suicide. En effet, les mêmes 15 % qui présentaient des signes cliniques d'une dépression ont également révélé «avoir déjà pensé à se tuer».
En conclusion de son étude, la chercheuse retient que les professionnels de la santé qui procèdent au diagnostic d'un DAAH chez un enfant turbulent devraient toujours suspecter la présence d'une dépression «car face à des symptômes dépressifs, le Ritalin ne constituerait pas nécessairement la meilleure médication. Les antidépresseurs seraient peut-être plus appropriés», propose-t-elle avant d'ajouter que le meilleur remède consiste néanmoins à combiner différentes approches ou, du moins, à compléter un traitement pharmacologique par une thérapie individuelle.
Nancy Bélair et Caroline Picard, étudiantes-chercheuses au département de psychologie de l'UQAM, ont éprouvé deux approches individualisées et informatisées qui avaient été développées au laboratoire du professeur André Achim.
L'objectif de l'une de ces approches consiste à aider l'enfant à reconnaître ce qu'être attentif signifie.
Pour aider l'écolier hyperactif à prendre conscience de son état de concentration, les chercheurs enregistrent les ondes émises à la surface du cerveau de l'enfant à l'aide de quelques électrodes déposées à la surface du cuir chevelu, selon la technique de l'électroencéphalogramme (EEG). Ces ondes cérébrales traduisent l'état de vigilance de la personne, explique la psychologue. Lorsque la personne est concentrée, les ondes thêta (oscillant entre quatre et sept hertz) s'apaisent alors que les ondes SMR (pour Sensory Motor Rhythm, dont la fréquence varie entre 12 et 15 hertz) s'emballent.
Pendant qu'il fait des mots croisés ou ses travaux scolaires, l'enfant peut voir sur l'écran d'un ordinateur quelles ondes cérébrales prédominent. Cette représentation graphique de son état de concentration sur le moniteur informatique guide l'enfant et l'oriente vers l'état de concentration qu'il doit adopter.
Après 40 sessions d'entraînement de 30 minutes, l'enfant parvient à contrôler ses ondes cérébrales et à reproduire, voire à maintenir les ondes associées à une attitude concentrée, précise la jeune scientifique.
«Les résultats sont spectaculaires. À la suite d'un tel entraînement, la matière scolaire apparaissait plus claire aux enfants. Ils accomplissaient leurs travaux plus rapidement et les parents avaient remarqué une nette amélioration des résultats scolaires», affirme-t-elle.
Au Québec, le déficit de l'attention avec hyperactivité (DAAH) frappe 7 % des garçons, contre 2 % des filles. Les enfants atteints de la maladie que Nancy Leblanc a examinés étaient en l'occurrence majoritairement des garçons âgés d'environ dix ans, et 91 % d'entre eux étaient sous médication. Ces enfants vivaient dans des familles stables dont les deux parents étaient présents, avaient une bonne santé et travaillaient.
Après avoir comparé un groupe d'enfants atteints du DAAH à un groupe contrôle — constitué d'enfants sains —, la jeune chercheuse a observé que «les enfants hyperactifs étaient significativement plus dépressifs que les gamins ne souffrant d'aucun problème de santé. Selon les scores obtenus dans l'évaluation des symptômes dépressifs, ils étaient même deux fois plus affectés», a-t-elle précisé.
Le sentiment dépressif le plus marqué chez ces jeunes personnes avait trait à la perte de plaisir, tant à la maison qu'à l'école.
Infirmière de formation, Nancy Leblanc a néanmoins été extrêmement étonnée de constater que près de 15 % des enfants hyperactifs qu'elle a étudiés avaient franchi le seuil clinique de la dépression. «Même si ces enfants bougent beaucoup et paraissent dynamiques et impulsifs, ils peuvent souffrir énormément intérieurement», a-t-elle souligné.
Et leur souffrance peut être à ce point intense que ces gamins du primaire en viennent même à envisager le suicide. En effet, les mêmes 15 % qui présentaient des signes cliniques d'une dépression ont également révélé «avoir déjà pensé à se tuer».
En conclusion de son étude, la chercheuse retient que les professionnels de la santé qui procèdent au diagnostic d'un DAAH chez un enfant turbulent devraient toujours suspecter la présence d'une dépression «car face à des symptômes dépressifs, le Ritalin ne constituerait pas nécessairement la meilleure médication. Les antidépresseurs seraient peut-être plus appropriés», propose-t-elle avant d'ajouter que le meilleur remède consiste néanmoins à combiner différentes approches ou, du moins, à compléter un traitement pharmacologique par une thérapie individuelle.
Nancy Bélair et Caroline Picard, étudiantes-chercheuses au département de psychologie de l'UQAM, ont éprouvé deux approches individualisées et informatisées qui avaient été développées au laboratoire du professeur André Achim.
L'objectif de l'une de ces approches consiste à aider l'enfant à reconnaître ce qu'être attentif signifie.
Pour aider l'écolier hyperactif à prendre conscience de son état de concentration, les chercheurs enregistrent les ondes émises à la surface du cerveau de l'enfant à l'aide de quelques électrodes déposées à la surface du cuir chevelu, selon la technique de l'électroencéphalogramme (EEG). Ces ondes cérébrales traduisent l'état de vigilance de la personne, explique la psychologue. Lorsque la personne est concentrée, les ondes thêta (oscillant entre quatre et sept hertz) s'apaisent alors que les ondes SMR (pour Sensory Motor Rhythm, dont la fréquence varie entre 12 et 15 hertz) s'emballent.
Pendant qu'il fait des mots croisés ou ses travaux scolaires, l'enfant peut voir sur l'écran d'un ordinateur quelles ondes cérébrales prédominent. Cette représentation graphique de son état de concentration sur le moniteur informatique guide l'enfant et l'oriente vers l'état de concentration qu'il doit adopter.
Après 40 sessions d'entraînement de 30 minutes, l'enfant parvient à contrôler ses ondes cérébrales et à reproduire, voire à maintenir les ondes associées à une attitude concentrée, précise la jeune scientifique.
«Les résultats sont spectaculaires. À la suite d'un tel entraînement, la matière scolaire apparaissait plus claire aux enfants. Ils accomplissaient leurs travaux plus rapidement et les parents avaient remarqué une nette amélioration des résultats scolaires», affirme-t-elle.
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