samedi 4 février 2012 Dernière mise à jour 00h43
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Santé: Le coeur des enfants

15 avril 2006  Santé
Peut-être avez-vous des enfants, voire des petits-enfants. Vous savez ce qu'ils nous apprennent sur nous, comment on revit des morceaux de notre passé à travers eux. Surtout, vous constatez inlassablement leur besoin d'amour et de sécurité. Les psychologues affirment que ce sont les deux besoins fondamentaux pour assurer le développement d'un enfant, son développement aussi bien physique que mental et émotionnel, beaucoup d'études l'ont démontré. Ce sont des besoins qui perdurent tout au long de la vie.

À bien y penser, nous avons toujours besoin d'amour et de sécurité.

Peut-être avez-vous vu Les Voleurs d'enfance et suivi la controverse alors que la DPJ confondait documentaire et reportage en critiquant Paul Arcand d'avoir un parti pris (ce qui est la définition même d'un documentaire). «Le documentaire sur les enfants abandonnés par la DPJ est un coup de poing, me dit Caroline Gosselin. Moi, j'ai voulu donner un coup de pouce.»

Caroline est cette docteure en physiologie-endocrinologie qui a écrit Maigrir un jour à la fois (Flammarion): elle versera une partie du fruit des ventes à la Fondation du Centre jeunesse de l'Estrie.

Une mission

En effet, Mme Gosselin s'est donné une mission: réconforter les jeunes en famille et en foyer d'accueil, leur envoyer un signe pour qu'ils sachent que la communauté est au courant qu'ils existent, qu'ils ne sont pas oubliés. Vous savez que ces jeunes déménagent souvent, et la sécurité en prend pour son rhume... Quant à l'amour...

J'ai appris que Caroline Gosselin avait fondé en 2001, en Estrie, «Un p'tit coeur au chaud» (en passant, elle et son groupe n'ont ni site Internet ni argent; un volontaire dans la salle?), qu'elle a recruté des femmes pour faire des «doudous», et ça m'a intriguée. Je n'avais pas compris que ces enfants n'ont presque rien à eux; quand ils déménagent, ils mettent leurs effets dans un sac poubelle. Parlez-moi d'une symbolique!

Alors qu'elles en sont à 800 couvertures de polar décorées personnellement par plus d'une cinquantaine de femmes qui cousent, brodent et pensent à ces petits coeurs esseulés, voilà qu'elles décident de leur faire de grands sacs en denim. Colorés, décorés, uniques...

Si les enfants aiment ça? Écoutez ce qu'elle m'a raconté: il y avait deux frères, 15 et 17 ans. Ils vont en visite chez leur père de temps en temps, il n'y a pas de lit, ils dorment dans leur manteau d'hiver. Ils ont demandé à la travailleuse sociale: «Est-ce qu'on pourrait en avoir, nous, des couvertures?»

Caroline Gosselin me dit :«On ne peut pas juste demander au gouvernement, ça ne peut pas partir seulement d'en haut. Il faut faire plus, et localement. Ce qu'on fait envoie un message positif de la part de la communauté. Ces jeunes, quelle sera leur vision de la société à l'âge adulte? S'ils savent que quelque part autour d'eux il y a des gens bienveillants, ça crée peut-être un peu d'espoir...»

— «Vous êtes une idéaliste!

— Oui, mais je travaille dans le concret.»

Et le concret, en plus des couvertures et des sacs, c'est parfois l'équitation pour les jeunes en foyer d'accueil. (En passant, il faut payer les sorties: y a-t-il un mécène dans la salle?) «Pour eux, on peut en faire plus: on a fait des pyjamas, on offre des sorties. Il n'y a rien de plus difficile que ce que vivent ces enfants, il faut d'autant plus s'en occuper, aller leur raconter une histoire, donner des livres. Les pompiers nous aident à Noël... »

Où une docteure en physiologie va-t-elle chercher cette générosité-là? Elle puise dans sa propre sensibilité, bien sûr, mais aussi dans sa propre histoire. Enfant, Caroline Gosselin avait pour voisins une famille d'accueil. À l'adolescence, elle allait garder, et il y avait là un petit garçon qui, chaque soir, faisait une prière pour se faire adopter. Sa prière a été exaucée alors qu'il avait dix ans, mais le couple a divorcé un an plus tard...

Ça n'a pas que traumatisé le jeune garçon. Mme Gosselin a elle-même adopté une petite fille («j'ai trouvé un excellent mari, j'avais besoin d'un homme stable et fiable») d'une famille d'accueil... ontarienne car, au Québec, on ne libère pas les enfants pour adoption. «Ces pauvres enfants, tout ce qu'ils veulent, c'est avoir une famille où ils pourront avoir des racines, où ils seront aimés», me dit-elle en ajoutant: «C'est en train de changer.»

L'initiative de Caroline Gosselin commence à se faire connaître: elle reçoit maintenant des lots de denim ou de polar de temps en temps (un manufacturier dans la salle?). Le mouvement se met aussi à faire des petits: le projet Chaudoudou a vu ses premières machines à coudre dans les Laurentides et on a appelé le p'tit dernier, né en janvier à Laval, «Un coup d'coeur pour toi».

Caroline Gosselin va bientôt quitter l'Estrie pour la Montérégie; elle espère pouvoir «exporter» son projet. Elle ira y solliciter les Cercles des fermières, l'AFEAS, là où les femmes savent encore coudre, là où la culture du don est installée, là où le coeur n'est pas seulement un organe... ! Elle m'a dit de vous dire qu'elle se fera un plaisir de vous répondre: gosselin.cabanac@sympatico.ca.

***

À voir
- Le documentaire Tabou(e) à Télé-Québec, jeudi prochain à 20h. Vous voudrez manger bio par la suite!

Livres reçus
- Dr L. Benadiba, Médecine et chirurgie esthétiques, Éditions Solar.

vallieca@hotmail.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Publicité

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012