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Mise en garde contre les traitements miracles

Isabelle Paré   23 mars 2006  Santé
Secoué par les récits d'enfants atteints de cancer qui ont été floués par des «traitements miracles» payés à prix fort aux États-Unis, le Collège des médecins a mis en garde hier le public contre le recours à des traitements non validés par des recherches scientifiques sérieuses.

Dans un énoncé de position publié hier, intitulé Le médecin et les traitements non reconnus, le Collège des médecins, visiblement préoccupé de l'enthousiasme croissant de certains patients pour des soins médicaux non reconnus et offerts sur Internet, tient à remettre les pendules à l'heure.

«Les médecins doivent s'ouvrir à tous les traitements», a souligné le Dr Yves Lamontagne, président-directeur général du Collège des médecins. «Mais il faut se rappeler que seule la méthode scientifique permet de déterminer les traitements qu'on peut utiliser dans notre arsenal thérapeutique. Ni la croyance ni l'anecdote, si chères aux thérapeutes improvisés, ne peuvent servir de critères pour choisir le meilleur traitement pour nos patients», a-t-il dit.

Cette nouvelle prise de position du Collège des médecins découle notamment des cas d'enfants québécois atteints de tumeurs cérébrales inopérables qui, l'an dernier, ont suivi une thérapie inédite au Texas. Dans tous les cas, ces thérapies fort coûteuses se sont soldées par un échec et les enfants sont décédés. Or le Collège a appris que ce médecin texan avait été étroitement surveillé par le Collège des médecins du Texas pendant dix ans pour divers manquements à la profession.

Selon le Dr Lamontagne, les patients doivent redoubler de prudence quand ils envisagent un traitement prometteur qui n'a pas encore fait ses preuves. Et cela, même s'il s'agit d'une solution de dernier recours. «Dans ce cas, il aurait été possible de vérifier le parcours de ce médecin à son ordre professionnel», a-t-il dit, précisant que cette sortie ne visait nullement à culpabiliser les parents mais simplement à alerter le public au sujet de certains traitements prétendument «expérimentaux».

Avant que les patients ne sortent des sentiers battus, le Collège les invite donc à s'assurer de certaines conditions. La règle d'or consiste d'abord à réclamer un traitement reconnu dont l'efficacité est scientifiquement démontrée.

Si un traitement est considéré comme étant expérimental, il doit être offert par un médecin dans le cadre d'une étude clinique ou d'un protocole de recherche déployés dans un centre de recherche reconnu. Pour être sérieuse, la recherche doit notamment être soumise à des comités de recherche et d'éthique indépendants qui se chargent d'évaluer l'innocuité du traitement et de valider les résultats.

Évidemment, un patient peut décider de son propre chef de se tourner vers des traitements alternatifs ou médicaux non reconnus, a signalé le président du Collège des médecins. En ce cas, le code de déontologie prévoit que le médecin a le devoir d'informer clairement son patient des risques auxquels il s'expose.

Et pour ce qui est des enfants, les obligations déontologiques des médecins vont beaucoup plus loin. Tout médecin qui juge qu'un enfant est exposé à un traitement non reconnu posant un risque pour sa santé a le devoir d'agir, soit en informant les parents, soit en signalant le cas à la DPJ.

Mais la grande question demeure: comment savoir qu'un traitement est reconnu ou qu'un traitement expérimental répond aux normes de recherche? Pour aider les patients et les parents à se retrouver dans ce dédale, le Collège diffuse sur son site Internet une série de questions pouvant aider à séparer le bon grain de l'ivraie.

Le médecin qui offre le traitement est-il lié à un ordre professionnel et à un centre de recherche? Les résultats seront-ils évalués par des pairs? Ces traitements ont-ils fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique reconnue?

Ce sont là autant de pistes qui pourraient permettre d'éviter aux patients vulnérables, atteints de maladies chroniques ou incurables, de s'engager dans des traitements qui ne sont souvent que des miroirs aux alouettes, a affirmé le Dr Lamontagne.

«Avec Internet, on peut trouver n'importe quel traitement miracle. Même si, en bout de piste, c'est le patient qui décide, nous voulons donner aux gens des moyens de se prémunir contre les charlatans en leur rappelant la base d'une approche scientifique.»






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