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Nouvel appareil d'imagerie médicale au CHUM et à Sainte-Justine - Les patients seront moins exposés aux radiations

Isabelle Paré   16 mars 2006  Santé
Un nouvel appareil d'imagerie médicale, qui permet d'obtenir une image en trois dimensions mais avec des doses de rayons X jusqu'à 1000 fois inférieures à celles émises par un scanner, vient de faire son entrée à l'hôpital Sainte-Justine et au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).

Cette nouvelle méthode d'imagerie appelée EOS, mise au point par des chercheurs français et québécois, est utilisée depuis quelques jours par les médecins de l'hôpital Sainte-Justine pour suivre les enfants souffrant de scoliose, une déformation de la colonne vertébrale.

Ce procédé unique permettra désormais de réduire considérablement la dose d'irradiation à laquelle sont exposés les jeunes patients lors d'examens au tomodensitomètre et même lors de radiographies traditionnelles.

Cette technologie inédite permet de produire en 15 secondes deux radiographies simultanées de pied en cap, de face et de profil, d'un patient debout ou assis. Un logiciel de reconstruction 3D développé au Québec transforme ensuite ces images en un cliché en trois dimensions de la structure osseuse du corps.

Grâce à l'utilisation d'un système de détection hypersensible des rayons X, développé par le professeur Georges Cherpak, Prix Nobel de physique en 1992, le système EOS parvient à obtenir ces clichés parfaits avec une dose minimale d'irradiation. Le physicien nobélisé a d'ailleurs fondé la société française Biospace, qui a mis au point et met en marché ce nouvel appareil.

«Grâce à cette technique, nous pouvons réduire de dix fois la dose de radiations reçue lors d'une radiographie habituelle et jusqu'à 1000 fois celles reçues lors du CT scan», a expliqué hier le Dr Jacques de Guise, professeur à l'École de technologie supérieure (ETS) et directeur du Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie de l'ETS et du CHUM.

On prévoit que ce nouvel appareil, dont le coût serait deux fois moins élevé que celui d'un scanner haut de gamme (de 500 000 $ à un million de dollars), permettra de réduire le recours au tomodensitomètre et d'offrir un suivi plus sécuritaire aux patients atteints de pathologies liées aux articulations et aux os qui visitent fréquemment les salles de radiologie.

C'est notamment le cas d'environ 5000 enfants suivis à l'hôpital Sainte-Justine chaque année en raison d'une scoliose et dont la condition requiert la prise de plusieurs radiographies du tronc chaque année. Depuis le début de la semaine, le prototype installé au CHU Mère-Enfant profite à une soixantaine d'enfants par jour, dont la colonne peut être visualisée en trois dimensions en toute sécurité.

«Il est prouvé que les enfants soumis à des radiations fréquentes entre 10 et 16 ans courent plus de risques de développer plus tard un cancer du sein, de la moelle osseuse ou des testicules. Cette technique est donc plus sécuritaire et nous donne des résultats presque sur-le-champ alors qu'il faut 45 minutes pour faire un scanner», s'est réjoui hier le Dr Hubert Labelle, chef du département d'orthopédie à Sainte-Justine.

Le système EOS pourrait aussi contribuer à planifier des chirurgies de la hanche ou de la colonne et à réaliser des chirurgies assistées par ordinateur. Malgré les avantages de ce système, le Dr de Guise affirme toutefois que ce procédé ne remplacera jamais complètement le scanner. «Il s'agit surtout d'un outil complémentaire car, dans certains cas, il faut plus qu'une vision en trois dimensions, il faut une vision en coupe que seul le scan peut offrir», dit-il.

Deux autres prototypes de l'appareil sont installés dans des hôpitaux parisien et bruxellois. Au CHUM, cet appareil servira essentiellement à suivre les patients atteints de lésions aux membres inférieurs et à la colonne vertébrale.






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