samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 15h42
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Plafonds salariaux - Les médecins de famille veulent en faire plus, sans être pénalisés

Isabelle Paré   21 février 2006  Santé
Québec songe à éliminer les plafonds salariaux imposés aux médecins de famille, mais les discussions sur cette question traînent en longueur et irritent les omnipraticiens qui réclament de longue date la levée complète de ce frein à la pratique.
Dans une entrevue accordée au Devoir la semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en effet laissé entendre qu’il pressait de faire disparaître les contraintes qui nuisent à l’accessibilité aux omnipraticiens, compte tenu du manque criant de médecins de famille au Québec. Contrairement aux omnipraticiens et aux médecins spécialistes qui pratiquent dans les urgences ou ailleurs en milieu hospitalier, ceux qui pratiquent en clinique ou en cabinet privés voient toujours leurs honoraires soumis à un plafond à chaque trimestre.

Dans une entrevue accordée au Devoir la semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en effet laissé entendre qu'il pressait de faire disparaître les contraintes qui nuisent à l'accessibilité aux omnipraticiens, compte tenu du manque criant de médecins de famille au Québec. Contrairement aux omnipraticiens et aux médecins spécialistes qui pratiquent dans les urgences ou ailleurs en milieu hospitalier, ceux qui pratiquent en clinique ou en cabinet privés voient toujours leurs honoraires soumis à un plafond à chaque trimestre.

«Les plafonds salariaux pour les omnipraticiens persistent, mais nous envisageons une levée, par exemple, en échange d'une garantie d'heures élargies dans les cliniques», a expliqué M. Couillard en entrevue.

Or, malgré ces déclarations du ministre, la question des plafonds demeure un irritant de taille au sein des négociations amorcées il y a un an avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

Selon le président de cette fédération, le Dr Renald Dutil, les négociateurs patronaux n'ont pour l'instant ouvert la porte qu'à une levée limitée aux médecins qui s'acquittent du suivi des clientèles vulnérables, affectées de maladies complexes ou chroniques. Les médecins qui font du «sans rendez-vous» dans les cliniques réseaux créées à Montréal l'an dernier échappent aussi à ces plafonds. La contrainte demeure pour tous les autres.

«La levée des plafonds exclurait tout le reste. C'est loin de répondre à nos demandes qui visent une levée totale. Avec le nombre de patients qui n'ont pas de médecin de famille, ces plafonds n'ont plus leur raison d'être», soutient le Dr Renald Dutil.

Entre les déclarations du ministre Couillard et la réalité de la négociation, le fossé est grand, souligne le président de la FMOQ.

Le Québec demeure la seule province canadienne à imposer un plafond salarial à ses médecins de famille. Longtemps utilisées pour contenir les dépenses du système de santé, ces limites ont été éliminées tour à tour par les provinces en raison du manque de médecins qui frappe le pays d'est en ouest.

Des cliniques au ralenti

En vertu des ententes actuelles, un omnipraticien qui travaille en clinique privée ou en cabinet privé au Québec ne peut gagner plus de 55 000 $ par trimestre. Passé ce revenu, il n'est rémunéré qu'à 25 % du tarif prévu, de sorte que la plupart des médecins qui approchent ce seuil suspendent leur pratique pendant quelques jours.

Selon le Dr Dutil, environ 500 médecins, dont 300 à Montréal, atteignent ces plafonds au cours d'un trimestre. Autant de médecins qui pourraient autrement continuer d'offrir leurs services à la population. «Ça arrive encore que des cliniques ferment à la fin du trimestre. C'est la population qui fait les frais de cette politique. Tout ce que cela fait, c'est que les gens qui ne trouvent pas de médecin se tournent vers la salle d'urgence», soutient le Dr Dutil.

Le maintien des plafonds est d'autant plus décrié que la situation s'est réellement détériorée depuis cinq ans. Malgré l'ajout net de 607 généralistes depuis 2000, les cliniques privées ont perdu l'équivalent de 119 médecins à temps plein. Une grande proportion de médecins se sont en effet tournés vers la pratique hospitalière, en raison des nouvelles mesures les obligeant à effectuer certaines heures dans les urgences et les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).

Selon la FMOQ, la disparition des plafonds pourrait ajouter l'équivalent de 40 médecins de famille de plus pour la seule région de Montréal. Le coût de cette mesure oscillerait autour de deux millions, une somme négligeable sur la masse salariale globale de 1,23 milliard des omnipraticiens, estime le Dr Dutil.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • FARID KODSI
    Inscrit
    mercredi 22 février 2006 21h11
    Salaire fixe plutôt qu'à l'acte
    Ce qui coûte le plus cher au gouvernement, ce sont les médecins qui sont payés à l'acte et comme il y a des dizaines d'actes médicaux à des prix différents, les médecins s'organisent à partir de ces tarifs à l'acte de se faire le salaire désiré plutôt que le salaire mérité. En passant à un salaire fixe, le gouvernement pourrait faire des économies et les médecins cesseraient de faire toutes sortes de calculs pour gonfler leur salaire.

  • Charles F. Labrecque
    Abonné
    jeudi 23 février 2006 14h41
    Médecine à l'acte
    Il serait intéressant si le gouvernement donnait l'autorisation aux médecins le pouvoir de travailler sans leurs imposer un quota. Cependant il ne faudrait pas retomber dans un système comme autrefois, où il y avait abus sur le nombre de patients passé à l'heure. Avant toutes modifications, il aurait avantage d'exiger à ces professionnels de modifier leurs façons de faire.Depuis les années cinquante la consultation n'a pratiquement pas changée, sauf que les rendez-vous sont un peu mieux planifier. Plutôt que de recevoir le patient et prendre sa pression, sa température et lui reposer des questions que le dossier médical mal préparé devrait contenir, et souvent incomplet. N'auraient-ils pas avantage à travailler en équipe et se faire aider par des techniciens et infirmières afin de faire un certain triage au préalable afin de rendre leur travail plus efficace et rapide.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Publicité

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012