Plafonds salariaux - Les médecins de famille veulent en faire plus, sans être pénalisés
Québec songe à éliminer les plafonds salariaux imposés aux médecins de famille, mais les discussions sur cette question traînent en longueur et irritent les omnipraticiens qui réclament de longue date la levée complète de ce frein à la pratique.
Dans une entrevue accordée au Devoir la semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en effet laissé entendre qu’il pressait de faire disparaître les contraintes qui nuisent à l’accessibilité aux omnipraticiens, compte tenu du manque criant de médecins de famille au Québec. Contrairement aux omnipraticiens et aux médecins spécialistes qui pratiquent dans les urgences ou ailleurs en milieu hospitalier, ceux qui pratiquent en clinique ou en cabinet privés voient toujours leurs honoraires soumis à un plafond à chaque trimestre.
Dans une entrevue accordée au Devoir la semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en effet laissé entendre qu'il pressait de faire disparaître les contraintes qui nuisent à l'accessibilité aux omnipraticiens, compte tenu du manque criant de médecins de famille au Québec. Contrairement aux omnipraticiens et aux médecins spécialistes qui pratiquent dans les urgences ou ailleurs en milieu hospitalier, ceux qui pratiquent en clinique ou en cabinet privés voient toujours leurs honoraires soumis à un plafond à chaque trimestre.
«Les plafonds salariaux pour les omnipraticiens persistent, mais nous envisageons une levée, par exemple, en échange d'une garantie d'heures élargies dans les cliniques», a expliqué M. Couillard en entrevue.
Or, malgré ces déclarations du ministre, la question des plafonds demeure un irritant de taille au sein des négociations amorcées il y a un an avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).
Selon le président de cette fédération, le Dr Renald Dutil, les négociateurs patronaux n'ont pour l'instant ouvert la porte qu'à une levée limitée aux médecins qui s'acquittent du suivi des clientèles vulnérables, affectées de maladies complexes ou chroniques. Les médecins qui font du «sans rendez-vous» dans les cliniques réseaux créées à Montréal l'an dernier échappent aussi à ces plafonds. La contrainte demeure pour tous les autres.
«La levée des plafonds exclurait tout le reste. C'est loin de répondre à nos demandes qui visent une levée totale. Avec le nombre de patients qui n'ont pas de médecin de famille, ces plafonds n'ont plus leur raison d'être», soutient le Dr Renald Dutil.
Entre les déclarations du ministre Couillard et la réalité de la négociation, le fossé est grand, souligne le président de la FMOQ.
Le Québec demeure la seule province canadienne à imposer un plafond salarial à ses médecins de famille. Longtemps utilisées pour contenir les dépenses du système de santé, ces limites ont été éliminées tour à tour par les provinces en raison du manque de médecins qui frappe le pays d'est en ouest.
Des cliniques au ralenti
En vertu des ententes actuelles, un omnipraticien qui travaille en clinique privée ou en cabinet privé au Québec ne peut gagner plus de 55 000 $ par trimestre. Passé ce revenu, il n'est rémunéré qu'à 25 % du tarif prévu, de sorte que la plupart des médecins qui approchent ce seuil suspendent leur pratique pendant quelques jours.
Selon le Dr Dutil, environ 500 médecins, dont 300 à Montréal, atteignent ces plafonds au cours d'un trimestre. Autant de médecins qui pourraient autrement continuer d'offrir leurs services à la population. «Ça arrive encore que des cliniques ferment à la fin du trimestre. C'est la population qui fait les frais de cette politique. Tout ce que cela fait, c'est que les gens qui ne trouvent pas de médecin se tournent vers la salle d'urgence», soutient le Dr Dutil.
Le maintien des plafonds est d'autant plus décrié que la situation s'est réellement détériorée depuis cinq ans. Malgré l'ajout net de 607 généralistes depuis 2000, les cliniques privées ont perdu l'équivalent de 119 médecins à temps plein. Une grande proportion de médecins se sont en effet tournés vers la pratique hospitalière, en raison des nouvelles mesures les obligeant à effectuer certaines heures dans les urgences et les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).
Selon la FMOQ, la disparition des plafonds pourrait ajouter l'équivalent de 40 médecins de famille de plus pour la seule région de Montréal. Le coût de cette mesure oscillerait autour de deux millions, une somme négligeable sur la masse salariale globale de 1,23 milliard des omnipraticiens, estime le Dr Dutil.
Dans une entrevue accordée au Devoir la semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en effet laissé entendre qu’il pressait de faire disparaître les contraintes qui nuisent à l’accessibilité aux omnipraticiens, compte tenu du manque criant de médecins de famille au Québec. Contrairement aux omnipraticiens et aux médecins spécialistes qui pratiquent dans les urgences ou ailleurs en milieu hospitalier, ceux qui pratiquent en clinique ou en cabinet privés voient toujours leurs honoraires soumis à un plafond à chaque trimestre.
Dans une entrevue accordée au Devoir la semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en effet laissé entendre qu'il pressait de faire disparaître les contraintes qui nuisent à l'accessibilité aux omnipraticiens, compte tenu du manque criant de médecins de famille au Québec. Contrairement aux omnipraticiens et aux médecins spécialistes qui pratiquent dans les urgences ou ailleurs en milieu hospitalier, ceux qui pratiquent en clinique ou en cabinet privés voient toujours leurs honoraires soumis à un plafond à chaque trimestre.
«Les plafonds salariaux pour les omnipraticiens persistent, mais nous envisageons une levée, par exemple, en échange d'une garantie d'heures élargies dans les cliniques», a expliqué M. Couillard en entrevue.
Or, malgré ces déclarations du ministre, la question des plafonds demeure un irritant de taille au sein des négociations amorcées il y a un an avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).
Selon le président de cette fédération, le Dr Renald Dutil, les négociateurs patronaux n'ont pour l'instant ouvert la porte qu'à une levée limitée aux médecins qui s'acquittent du suivi des clientèles vulnérables, affectées de maladies complexes ou chroniques. Les médecins qui font du «sans rendez-vous» dans les cliniques réseaux créées à Montréal l'an dernier échappent aussi à ces plafonds. La contrainte demeure pour tous les autres.
«La levée des plafonds exclurait tout le reste. C'est loin de répondre à nos demandes qui visent une levée totale. Avec le nombre de patients qui n'ont pas de médecin de famille, ces plafonds n'ont plus leur raison d'être», soutient le Dr Renald Dutil.
Entre les déclarations du ministre Couillard et la réalité de la négociation, le fossé est grand, souligne le président de la FMOQ.
Le Québec demeure la seule province canadienne à imposer un plafond salarial à ses médecins de famille. Longtemps utilisées pour contenir les dépenses du système de santé, ces limites ont été éliminées tour à tour par les provinces en raison du manque de médecins qui frappe le pays d'est en ouest.
Des cliniques au ralenti
En vertu des ententes actuelles, un omnipraticien qui travaille en clinique privée ou en cabinet privé au Québec ne peut gagner plus de 55 000 $ par trimestre. Passé ce revenu, il n'est rémunéré qu'à 25 % du tarif prévu, de sorte que la plupart des médecins qui approchent ce seuil suspendent leur pratique pendant quelques jours.
Selon le Dr Dutil, environ 500 médecins, dont 300 à Montréal, atteignent ces plafonds au cours d'un trimestre. Autant de médecins qui pourraient autrement continuer d'offrir leurs services à la population. «Ça arrive encore que des cliniques ferment à la fin du trimestre. C'est la population qui fait les frais de cette politique. Tout ce que cela fait, c'est que les gens qui ne trouvent pas de médecin se tournent vers la salle d'urgence», soutient le Dr Dutil.
Le maintien des plafonds est d'autant plus décrié que la situation s'est réellement détériorée depuis cinq ans. Malgré l'ajout net de 607 généralistes depuis 2000, les cliniques privées ont perdu l'équivalent de 119 médecins à temps plein. Une grande proportion de médecins se sont en effet tournés vers la pratique hospitalière, en raison des nouvelles mesures les obligeant à effectuer certaines heures dans les urgences et les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).
Selon la FMOQ, la disparition des plafonds pourrait ajouter l'équivalent de 40 médecins de famille de plus pour la seule région de Montréal. Le coût de cette mesure oscillerait autour de deux millions, une somme négligeable sur la masse salariale globale de 1,23 milliard des omnipraticiens, estime le Dr Dutil.
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