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Le banlieusard se perçoit plus gros que le citadin

Fabien Deglise   16 février 2006  Santé
La banlieue et les zones rurales favoriseraient davantage l'embonpoint et l'obésité au pays que les milieux urbains, qui encouragent l'usage des transports en commun et du vélo. C'est du moins ce qui ressort d'un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) rendu public hier.

Selon l'ICIS, «les Canadiens qui demeurent dans des quartiers où la plupart des résidants se rendent au travail en voiture auront plus tendance à déclarer faire du surpoids ou de l'obésité que ceux vivant dans des régions où moins de personnes empruntent ce moyen de transport», peut-on lire dans ce document qui explore les conditions de la prise de poids au pays et quelques moyens pour en venir à bout.

Intitulé Améliorer la santé des Canadiens: promouvoir le poids santé, ce rapport indique que plus de la moitié des gens vivant dans un noyau urbain affirment avoir un poids santé, avec un indice de masse (IMC) corporel inférieur à 25. À l'inverse, seulement 45 % des banlieusards peuvent en dire autant.

Notons que cet indice, obtenu en divisant le poids en kilos par la taille au carré en mètre, sert à établir les risques pour la santé liés au poids. Un IMC supérieur à 25 entraîne un verdict d'excès de poids. Au-delà de 29,9, c'est d'obésité que les médecins parlent.

Sans surprise donc, les problèmes de poids épargnent davantage les Canadiens portés à «utiliser leur vélo ou le transport en commun pour se rendre au travail», indique l'ICIS, qui invite les pouvoirs publics à se pencher sur les «facteurs environnementaux» de l'obésité pour renverser la vapeur.

L'urgence est là. Et 56 % des 1816 sondés en mars dernier par l'institut de sondage POLLARA pour le compte de l'ICIS le croient aussi. Ils incluent la réduction de l'obésité dans les priorités pour améliorer la santé générale des Canadiens, indique le rapport.

Avec une marge d'erreur de 2,3 %, 19 fois sur 20, ce coup de sonde indique aussi que, pour 58 % des répondants, l'obésité est le fait de choix individuels: le manque d'activité physique (59 %) et les habitudes alimentaires (65 %). Et la riposte doit aussi venir du même endroit puisque les trois quarts des participants à cette recherche en opinion publique «estiment que la réduction du poids relève plutôt d'une responsabilité individuelle».

Toutefois, pour l'ICIS, en plus du lieu de résidence, le milieu socioéconomique, le sexe, le milieu de travail et même les écoles ont aussi leur rôle à jouer. Et ces éléments, relevant de la sphère collective, méritent de ne pas être occultés, juge l'organisme fédéral.






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