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Télévision - Réno-déco-écolo extrême

Paul Cauchon   14 janvier 2006  Médias
Les Citadins du rebut global, c'est le genre de projet emballant qui se distingue vraiment de la masse des produits télévisuels par son originalité. L'année dernière, les téléspectateurs ont pu suivre la saga des Artisans du rebut global, alors qu'un groupe de jeunes devaient relever le défi de rénover de fond en comble un immeuble dans la région d'Arthabasca, en privilégiant des solutions écologiques.

Devant le succès de l'entreprise, Marc St-Onge, qui a eu l'idée du projet et qui réalise la série, a transporté son concept à Montréal, ce qui représentait un défi encore plus redoutable. Imaginez: cinq braves devaient rénover en treize semaines un édifice montréalais avec des contraintes qu'on pourrait juger insurmontables: un budget maximum de 15 000 $, le droit d'utiliser seulement 70 litres d'essence pour se déplacer pendant tout le projet, l'obligation d'utiliser des matériaux de récupération et de récupérer ses propres déchets.

Un défi technologique et un défi humain, qui veut nous faire prendre conscience du gaspillage à grande échelle dans nos sociétés industrielles et qui veut aussi proposer des solutions de rechange écologiques aux circuits traditionnels de consommation et de production.

En prévision de cette expérience, le producteur Blue Storm Télé avait reçu au printemps dernier quelque 700 candidatures. On a finalement choisi cinq «citadins», dont l'âge varie de 25 à 41 ans, trois hommes et deux femmes, trois Québécois et deux Français, qui devaient se distinguer par un souci marqué pour l'environnement et posséder des talents en design, en architecture et en construction.

Lorsque Nadia Bini, Jean-Pierre Lavoie, Alejandro Montero, May Porthé et Vincent Vandenbrouck ont pour

la première fois visité la maison qu'ils devaient rénover, ils ont éprouvé un sentiment de découragement. L'immeuble, situé dans le quartier Sainte-Marie à Montréal, tout près du pont Jacques-Cartier (plus précisément rue Larivière, au nord de la rue Ontario, entre Bordeaux et Dorion), était un véritable taudis. Cette petite maison ouvrière de deux étages datant de 1892 était abandonnée depuis plusieurs années et elle avait servi dans les années 70 comme lieu d'entreposage pour un commerce situé à côté. Les fondations de la maison étaient tellement abîmées que l'immeuble menaçait de s'effondrer.

Le plus extraordinaire, c'est que les cinq participants ont relevé le défi avec brio, transformant ce taudis en un

logement original. Ils ont à peine triché, dépassant leur budget initial de 384 $.

La rénovation a été réalisée cet automne et Télé-Québec présentera l'aventure à raison de 13 épisodes d'une heure. Les cinq citadins ont prouvé que l'ingéniosité humaine n'a pas de limite. À titre d'exemple, ils ont trouvé dans la ville des chariots industriels abandonnés qui ont été recyclés pour construire un balcon. Un chariot d'usine devient une baignoire, un fût de bière sert à récupérer les eaux usées... et des rondelles de hockey servent de plancher!

Autrement dit, les contraintes imposées par l'expérience ont obligé les citadins à penser autrement.

La série veut également proposer des réflexions parallèles au projet principal. Ainsi, dans le premier épisode, en plus de suivre les premiers pas des cinq citadins, on rencontre Michel Bourassa, un «récupérateur à bicyclette», qui arpente la ville depuis quinze ans à vélo pour ramasser tout ce qui peut être récupéré. Son activité est «illégale mais tolérée», dit-il, en rêvant de pouvoir faire ce travail à grande échelle dans le cadre d'un projet communautaire, où ce qu'il trouve parmi les déchets pourrait servir aux familles dans le besoin. À lui seul, il récupère 10 tonnes d'objets par année. Sa trouvaille la plus étonnante? Un authentique sabre japonais datant de la Première Guerre mondiale!

Les Citadins du rebut global

mardi 17 janvier, Télé-Québec, 19h.
 
 
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