Radio-Canada - Guy Fournier aurait apprécié plus d'information avant le lock-out
5 octobre 2005
Médias
Ottawa — Au terme d'un lock-out qui a envenimé le climat au sein de la Société Radio-Canada (SRC-CBC), le nouveau président du conseil d'administration de la société d'État, Guy Fournier, estime que le conseil aurait bénéficié d'avoir plus d'information de la part de l'équipe de gestion avant le début du conflit, ce qui lui aurait permis «d'examiner toutes les options».
De passage au parlement pour répondre aux questions des députés membres du comité du Patrimoine, M. Fournier a d'emblée déclaré qu'il allait désormais exiger de l'équipe de gestion plus d'information pour mieux connaître les options qui s'offrent à la société d'État.
«On n'a jamais assez d'information et, même aujourd'hui, j'en souhaiterais beaucoup plus, a affirmé le président du conseil de la SRC-CBC aux médias, après la rencontre du comité. Je serais porté à dire qu'on aurait peut-être eu intérêt à avoir plus d'information [avant le début du conflit de travail].»
«Je ne dis pas que ç'aurait changé le cours des choses, mais c'est sûr que [...] moi, je ne suis pas entièrement satisfait de l'information qu'on a eue, parce que je pense qu'on n'a pas examiné toutes les options.»
Il est d'avis que la grève ou le lock-out sont des «armes» qu'on utilise «encore trop facilement sans réfléchir aux autres possibilités», alors qu'elles devraient être des instruments de dernier recours.
Au début du lock-out, M. Fournier était simple membre du conseil d'administration. Il en a été nommé président au début du mois de septembre.
La SRC-CBC et ses 5500 employés à l'extérieur du Québec et de Moncton en sont venus à une entente de principe, tard dimanche soir, après sept semaines de lock-out.
Depuis, les appels demandant la démission du président-directeur général, Robert Rabinovitch, se multiplient.
Non seulement plusieurs éditoriaux de grands quotidiens au pays sont très critiques envers les décisions de M. Rabinovitch, mais des employés demandent sa tête. C'est le cas du journaliste de la SRC à Ottawa Daniel Lessard qui, sortant de sa réserve habituelle, s'est fait le porte-parole de plusieurs de ses collègues en notant que les employés n'avaient plus confiance en M. Rabinovitch et que ce dernier devait partir.
Bien qu'il s'accorde une longue pause avant de répondre à une question sur ce sujet, M. Fournier affirme avoir confiance en l'administration.
Le président du conseil d'administration reconnaît cependant que la société d'État aura fort à faire pour rebâtir les ponts avec ses employés et avec les Canadiens laissés pour compte pendant presque deux mois. «C'est un peu comme un divorce: ça prend toujours un certain temps avant de revenir en bons termes avec son ex», illustre M. Fournier.
La ministre du Patrimoine, Liza Frulla, est d'accord sur cet aspect. Il «faut laisser le temps à la poussière de retomber» avant de juger, a-t-elle fait remarquer.
Interrompus par la présidente du comité chaque fois qu'ils tentaient de poser directement des questions sur le conflit de travail, les députés n'ont eu d'autre choix que d'interroger Guy Fournier sur sa vision de la télévision et de la radio d'État.
Ce dernier s'est attardé longuement sur les défis de la télévision — la radio se porte beaucoup mieux, à son avis — et a réitéré ses convictions envers une télévision d'État de qualité.
Le président a indiqué que les cotes d'écoute ne devraient pas être les seuls éléments déterminant le contenu de la programmation. Le mandat de la télévision d'État peut être interprété de multiples façons, a-t-il expliqué, mais il doit surtout générer une programmation «distinctive», qui n'est pas calquée sur la télévision privée.
«On ne devrait pas avoir besoin du sigle de Radio-Canada sur l'écran pour nous démontrer qu'on est à Radio-Canada. Et peut-être que, très souvent, on a un peu besoin du sigle pour se retrouver et savoir à quel poste on est», a avoué M. Fournier.
À la fin de l'exercice, les députés de tous les partis ont donné leur appui à la nomination de M. Fournier. Seul le député néo-démocrate, Charlie Angus, a fait bande à part. Il a justifié sa position en disant ne pouvoir entériner une nomination sans avoir pu poser de questions sur les décisions de l'administration en rapport avec le conflit de travail.
De passage au parlement pour répondre aux questions des députés membres du comité du Patrimoine, M. Fournier a d'emblée déclaré qu'il allait désormais exiger de l'équipe de gestion plus d'information pour mieux connaître les options qui s'offrent à la société d'État.
«On n'a jamais assez d'information et, même aujourd'hui, j'en souhaiterais beaucoup plus, a affirmé le président du conseil de la SRC-CBC aux médias, après la rencontre du comité. Je serais porté à dire qu'on aurait peut-être eu intérêt à avoir plus d'information [avant le début du conflit de travail].»
«Je ne dis pas que ç'aurait changé le cours des choses, mais c'est sûr que [...] moi, je ne suis pas entièrement satisfait de l'information qu'on a eue, parce que je pense qu'on n'a pas examiné toutes les options.»
Il est d'avis que la grève ou le lock-out sont des «armes» qu'on utilise «encore trop facilement sans réfléchir aux autres possibilités», alors qu'elles devraient être des instruments de dernier recours.
Au début du lock-out, M. Fournier était simple membre du conseil d'administration. Il en a été nommé président au début du mois de septembre.
La SRC-CBC et ses 5500 employés à l'extérieur du Québec et de Moncton en sont venus à une entente de principe, tard dimanche soir, après sept semaines de lock-out.
Depuis, les appels demandant la démission du président-directeur général, Robert Rabinovitch, se multiplient.
Non seulement plusieurs éditoriaux de grands quotidiens au pays sont très critiques envers les décisions de M. Rabinovitch, mais des employés demandent sa tête. C'est le cas du journaliste de la SRC à Ottawa Daniel Lessard qui, sortant de sa réserve habituelle, s'est fait le porte-parole de plusieurs de ses collègues en notant que les employés n'avaient plus confiance en M. Rabinovitch et que ce dernier devait partir.
Bien qu'il s'accorde une longue pause avant de répondre à une question sur ce sujet, M. Fournier affirme avoir confiance en l'administration.
Le président du conseil d'administration reconnaît cependant que la société d'État aura fort à faire pour rebâtir les ponts avec ses employés et avec les Canadiens laissés pour compte pendant presque deux mois. «C'est un peu comme un divorce: ça prend toujours un certain temps avant de revenir en bons termes avec son ex», illustre M. Fournier.
La ministre du Patrimoine, Liza Frulla, est d'accord sur cet aspect. Il «faut laisser le temps à la poussière de retomber» avant de juger, a-t-elle fait remarquer.
Interrompus par la présidente du comité chaque fois qu'ils tentaient de poser directement des questions sur le conflit de travail, les députés n'ont eu d'autre choix que d'interroger Guy Fournier sur sa vision de la télévision et de la radio d'État.
Ce dernier s'est attardé longuement sur les défis de la télévision — la radio se porte beaucoup mieux, à son avis — et a réitéré ses convictions envers une télévision d'État de qualité.
Le président a indiqué que les cotes d'écoute ne devraient pas être les seuls éléments déterminant le contenu de la programmation. Le mandat de la télévision d'État peut être interprété de multiples façons, a-t-il expliqué, mais il doit surtout générer une programmation «distinctive», qui n'est pas calquée sur la télévision privée.
«On ne devrait pas avoir besoin du sigle de Radio-Canada sur l'écran pour nous démontrer qu'on est à Radio-Canada. Et peut-être que, très souvent, on a un peu besoin du sigle pour se retrouver et savoir à quel poste on est», a avoué M. Fournier.
À la fin de l'exercice, les députés de tous les partis ont donné leur appui à la nomination de M. Fournier. Seul le député néo-démocrate, Charlie Angus, a fait bande à part. Il a justifié sa position en disant ne pouvoir entériner une nomination sans avoir pu poser de questions sur les décisions de l'administration en rapport avec le conflit de travail.
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