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SRC: «On s'en va vers un lock-out»

Les syndiqués hors du Québec et du Nouveau-Brunswick ne s'entendent pas avec la société d'État

Frédérique Doyon   15 août 2005  Médias
À moins d'un revirement inattendu en fin de soirée hier, les 5500 syndiqués de Radio-Canada oeuvrant hors du Québec et du Nouveau-Brunswick ne pourront pas se présenter au travail aujourd'hui. Hier soir, à quelques heures du lock-out décrété par l'employeur pour minuit une, il y avait peu d'espoir d'obtenir une entente entre la direction de la Société Radio-Canada et la Guilde canadienne des médias (GCM).

«On s'en va vers un lock-out, a déclaré hier au Devoir, juste avant de mettre sous presse, Pierre Claveau, porte-parole de la GCM. On serait très surpris qu'il se passe quelque chose» d'ici minuit. Le médiateur et le négociateur de la GCM tentaient une ultime intervention en soirée, mais aucune autre période de négociations n'était prévue avant que l'avis de lock-out n'entre en vigueur à minuit une. Le porte-parole de la direction de la SRC, Jason McDonald, a indiqué pour sa part qu'il restait beaucoup de chemin à faire, mais que certains enjeux important avaient été abordés.

La Guilde avait pourtant bon espoir, en début de journée, que la SRC lui accorde un sursis pour poursuivre les négociations. Concernant en effet les principaux points d'achoppement, soit le statut des employés et la réduction de personnel, la Guilde dit s'être montrée très ouverte. «On était prêt à étirer la période de précarité de 12 à 18 mois», fait notamment valoir le porte-parole. Or la société d'État a assuré qu'elle ne «bougerait pas» sur ces questions, précise M. Claveau. La Guilde reproche à la SRC de s'arroger une flexibilité maximale pour embaucher de nouveaux employés sur une base contractuelle. Selon elle, avec plus de 20 % d'employés non permanents, il y a déjà d'une grande flexibilité d'embauche à contrat.

Jeudi dernier, la société d'État a menacé de décréter un lock-out dans la nuit d'hier à aujourd'hui, si on ne parvenait pas à un accord d'ici là. Sa dernière offre patronale déposée jeudi dernier proposait une augmentation salariale de 2 %, mais ne réglait pas les questions litigieuses.

Les négociations, qui se déroulent depuis 15 mois, concernent tous les employés de la SRC hors du Québec et de Moncton. De ce nombre, on compte plusieurs centaines d'employés des services de langue française, y compris le personnel de la SRC sur la colline parlementaire à Ottawa.

Un lock-out signifie donc un chambardement significatif de la programmation télévisuelle, radiophonique et en ligne. Mais celle-ci sera maintenue, a assuré le porte-parole de la SRC. Il n'y aura plus d'émissions ni de bulletins de nouvelles spécifiquement régionaux. Ces derniers seront remplacés par un bulletin national et international.

Le mois dernier, les réalisateurs, journalistes, techniciens et employés de bureau de la Guilde ont voté à 87 % en faveur de la grève, mais n'avaient pas eu l'intention d'exercer ce droit avant septembre. «On espérait être capable de négocier cette convention, mais si on va en lock-out, c'est un geste d'hostilité déclaré de la part du patronat, il n'y aura pas de négociation à court terme», affirme M. Claveau. Il s'agit du cinquième conflit en plus de six ans pendant le mandat de Robert Rabinovitch, pour les réseaux anglophone et francophone.

Avec Canadian Press
 
 
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