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Médias - Les ravisseurs sont identifiés, la France a payé des rançons

2 août 2005  Médias
Paris — Les services secrets français savent qui étaient les ravisseurs des journalistes français détenus en otages en Irak en 2004 et 2005, et la France a payé des rançons pour leur libération, affirme le journaliste Roger Auque, lui-même ex-otage, dans un entretien avec le magazine AM (Afrique Magazine) d'août-septembre.

«En ce qui concerne les journalistes Georges Malbrunot, Christian Chesnot et Florence Aubenas», «ils [les services secrets] ont identifié les ravisseurs et très certainement l'endroit où ils se trouvent», déclare Roger Auque, ancien otage au Liban.

Il affirme que la somme de six millions de dollars «a été versée pour la libération de Florence Aubenas et d'Hussein Hanoun», son accompagnateur irakien, en juin dernier, contrairement à ce qu'ont soutenu les autorités françaises.

Le gouvernement français a affirmé qu'«aucune rançon n'a été versée» pour obtenir la libération de la journaliste Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun, libérés après 157 jours de captivité en Irak.

Pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, libérés en décembre 2004, «on a payé beaucoup moins», dit-il. Le journaliste précise que pour lui, deux millions de dollars ont été versés, «une grosse somme pour l'époque».

«Les ravisseurs ne disent jamais au début qu'ils veulent de l'argent», souligne le journaliste. «Ils préfèrent se présenter comme un mouvement politique ou religieux. Puis ils font comprendre que tout cela leur coûte cher et qu'une aide serait la bienvenue. Une somme est donc suggérée.»

Quand à l'identification des ravisseurs, il affirme que «dans un sous-sol de la DGSE [Direction générale de la sécurité extérieure] à Paris, les numéros de portable des ravisseurs [et] leurs photos sont affichés sur le mur, à côté de la carte de l'Irak».

Interrogé sur la longueur des négociations, Roger Auque déclare: «Au Moyen-Orient, c'est le règne de l'espionite aiguë. Les Arabes voient des espions partout [...] Ils sont donc très méfiants et prennent d'énormes précautions.»

Roger Auque, détenu presque un an par le Hezbollah en 1987 au Liban, a depuis effectué plusieurs reportages à Bagdad. Il a écrit récemment un livre intitulé Otages. De Beyrouth à Bagdad/Journal d'un correspondant de guerre.






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