Le téléfilm sur Félix Leclerc fait un «flop» à la télévision française
28 juin 2005
Médias
Paris — Diffusé samedi soir en «prime time» à la télévision française, jugé «kitsch» et «grotesque» par la critique, le téléfilm Félix Leclerc, de Claude Fournier, a connu un échec cuisant.
Le jugement de l'audimat a été sans appel: les chiffres dévoilés hier indiquent que la biographie du «bûcheron poète canadien» a obtenu samedi la plus mauvaise audience de la soirée, parmi les grandes chaînes généralistes.
Très critiquée lors de sa diffusion au Québec, la série n'a pas convaincu beaucoup de monde en France non plus. Suivie par 1,5 million de téléspectateurs seulement, elle n'a obtenu que 9,2 % de parts de marché. C'est largement en dessous du score habituel de la chaîne publique. Samedi dernier, France 3 avait fait 15 % de PDM avec un feuilleton, et 20 la semaine précédente.
Il faut dire que le coproducteur France 3, qui avait pourtant défendu le téléfilm au plus fort de la polémique au Québec, l'avait envoyé au-devant d'une mort certaine. Félix Leclerc a dû affronter en effet les trois premiers épisodes de la série américaine Lost, diffusés en grande pompe sur TF1, ce qui relevait proprement de la mission suicide.
«En France, Félix Leclerc était voué à l'échec de toute manière, a noté un habitué des couloirs de France Télévision qui préfère rester anonyme. Pour un «prime», c'était franchement à la limite du diffusable. Pour France 3, qui n'avait aucune chance samedi en face de TF1, ce n'était pas un gros sacrifice.»
Félix Leclerc est donc arrivé bon dernier, loin derrière les aventures des survivants du crash aérien de Lost (sept millions de téléspectateurs, 50 % de parts de marché) et le jeu Fort Boyard, diffusé sur France 2 (3,6 millions de téléspectateurs, 22 % de parts de marché).
Ce bon vieux Félix se consolera en pensant qu'il a réussi à talonner Superman: sur M6, la série Smallville, racontant les premiers émois adolescents du super héros, a attiré 1,6 million de fans, pour un peu moins de 10 % de parts de marché.
La presse sévère
Boudé par les téléspectateurs, le téléfilm en deux parties sur Félix Leclerc n'a pas trouvé grâce non plus aux yeux de la presse, qui l'a trouvé, à l'exemple du magazine L'Express, «kitsch et manichéen à souhait».
«Le film flirte avec un fantastique grotesque qui fait franchement rire», a noté de son côté l'influent hebdomadaire culturel Télérama, en évoquant le passage où les «esprits du fleuve» viennent tirer les oreilles des personnages.
«Un cheval blanc luminescent, trois zombies, en guise d'esprits du fleuve, sortent d'un marais dans une atmosphère pour le moins étonnante. Est-ce un remake "eighties" du Thriller de Michael Jackson?», a demandé de son côté Le Nouvel Observateur, sarcastique.
Le Nouvel Obs s'est amusé de la pauvreté des dialogues et a déploré la «platitude du jeu de Daniel Lavoie», dont le personnage «devient horripilant à force de phrases toutes faites», comme: «C'est pas parce qu'on est un vieux pommier qu'on ne donne pas de belles pommes».
Sur la performance de Lavoie, tout le monde n'est pas aussi sévère. L'Express, par exemple, a concédé que c'était «peut-être une bonne idée» de lui donner le rôle, tandis que Télérama a trouvé son interprétation plutôt «convaincante».
Ces quelques nuances d'appréciation n'ont pas suffi cependant à sauver du naufrage cette «longue et improbable entreprise».
«Les comédiens semblent prendre la pose avant chaque réplique, les flash-back [...] nous font perdre le fil d'une histoire qui s'embourbe et semble avoir été écrite comme une simple succession de tableaux», a fait remarquer Télérama.
Le résultat final est «décevant», a conclu avec retenue L'Express. C'est bien le moins qu'on puisse dire.
Le jugement de l'audimat a été sans appel: les chiffres dévoilés hier indiquent que la biographie du «bûcheron poète canadien» a obtenu samedi la plus mauvaise audience de la soirée, parmi les grandes chaînes généralistes.
Très critiquée lors de sa diffusion au Québec, la série n'a pas convaincu beaucoup de monde en France non plus. Suivie par 1,5 million de téléspectateurs seulement, elle n'a obtenu que 9,2 % de parts de marché. C'est largement en dessous du score habituel de la chaîne publique. Samedi dernier, France 3 avait fait 15 % de PDM avec un feuilleton, et 20 la semaine précédente.
Il faut dire que le coproducteur France 3, qui avait pourtant défendu le téléfilm au plus fort de la polémique au Québec, l'avait envoyé au-devant d'une mort certaine. Félix Leclerc a dû affronter en effet les trois premiers épisodes de la série américaine Lost, diffusés en grande pompe sur TF1, ce qui relevait proprement de la mission suicide.
«En France, Félix Leclerc était voué à l'échec de toute manière, a noté un habitué des couloirs de France Télévision qui préfère rester anonyme. Pour un «prime», c'était franchement à la limite du diffusable. Pour France 3, qui n'avait aucune chance samedi en face de TF1, ce n'était pas un gros sacrifice.»
Félix Leclerc est donc arrivé bon dernier, loin derrière les aventures des survivants du crash aérien de Lost (sept millions de téléspectateurs, 50 % de parts de marché) et le jeu Fort Boyard, diffusé sur France 2 (3,6 millions de téléspectateurs, 22 % de parts de marché).
Ce bon vieux Félix se consolera en pensant qu'il a réussi à talonner Superman: sur M6, la série Smallville, racontant les premiers émois adolescents du super héros, a attiré 1,6 million de fans, pour un peu moins de 10 % de parts de marché.
La presse sévère
Boudé par les téléspectateurs, le téléfilm en deux parties sur Félix Leclerc n'a pas trouvé grâce non plus aux yeux de la presse, qui l'a trouvé, à l'exemple du magazine L'Express, «kitsch et manichéen à souhait».
«Le film flirte avec un fantastique grotesque qui fait franchement rire», a noté de son côté l'influent hebdomadaire culturel Télérama, en évoquant le passage où les «esprits du fleuve» viennent tirer les oreilles des personnages.
«Un cheval blanc luminescent, trois zombies, en guise d'esprits du fleuve, sortent d'un marais dans une atmosphère pour le moins étonnante. Est-ce un remake "eighties" du Thriller de Michael Jackson?», a demandé de son côté Le Nouvel Observateur, sarcastique.
Le Nouvel Obs s'est amusé de la pauvreté des dialogues et a déploré la «platitude du jeu de Daniel Lavoie», dont le personnage «devient horripilant à force de phrases toutes faites», comme: «C'est pas parce qu'on est un vieux pommier qu'on ne donne pas de belles pommes».
Sur la performance de Lavoie, tout le monde n'est pas aussi sévère. L'Express, par exemple, a concédé que c'était «peut-être une bonne idée» de lui donner le rôle, tandis que Télérama a trouvé son interprétation plutôt «convaincante».
Ces quelques nuances d'appréciation n'ont pas suffi cependant à sauver du naufrage cette «longue et improbable entreprise».
«Les comédiens semblent prendre la pose avant chaque réplique, les flash-back [...] nous font perdre le fil d'une histoire qui s'embourbe et semble avoir été écrite comme une simple succession de tableaux», a fait remarquer Télérama.
Le résultat final est «décevant», a conclu avec retenue L'Express. C'est bien le moins qu'on puisse dire.
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