Télévision - La fin d'une époque
L'évacuation de Saigon se fait dans l'anarchie, avec le ballet des avions et des hélicoptères qui font sortir les derniers «impérialistes yankees» dans l'urgence folle
La panique. Le chaos. Dans les dernières semaines folles d'avril 1975, le régime du Vietnam du Sud est aux abois et Saigon, encerclé par les communistes du Nord. Les Américains qui sont encore au Vietnam savent que tout est maintenant foutu et qu'il faut procéder à l'évacuation complète de tous les ressortissants. Cette évacuation se fait dans l'anarchie, avec le ballet des avions et des hélicoptères qui font sortir les derniers «impérialistes yankees» dans l'urgence folle. Le 30 avril 1975, Saigon est définitivement tombé.
C'est la fin, vraiment la fin de la guerre du Vietnam. Trente ans cette semaine. Et des blessures que les Américains n'ont pas fini de panser, pour une guerre absolument atypique. Il n'y a jamais eu de «déclaration de guerre» en soi. Plutôt un engrenage infernal dans lequel les Américains se sont graduellement embourbés. La guerre la plus longue et la plus impopulaire menée par les États-Unis. Et la seule qu'ils ont perdue.
Ce fut aussi la première guerre véritablement télévisée, on l'a dit souvent, pour laquelle les documents ne manquent pas. Parmi ceux-ci, une référence, la série Vietnam: A Television History, dont les treize heures avaient d'abord été présentées en 1983 dans le cadre de l'émission American Experience, de PBS, avec une rediffusion en 1997.
PBS diffuse donc cette semaine le dernier épisode de la série, The Fall of Saigon, qui couvrait les années 1973-75. Les lecteurs curieux pourront se
référer au site Internet de PBS, toujours fort bien fait, pour
se rappeler en détail les évé
nements des années précédentes.
Comme le rappelle le documentaire, un cessez-le feu avait été négocié en 1973 par Henry Kissinger et Le Duc Tho. Mais le président sud-vietnamien Thieu considérait qu'il fallait continuer la lutte contre les communistes, et les communistes du Nord entendaient toujours réunir les deux Vietnams. Thieu était toujours soutenu et financé par les Américains, et il était convaincu que ces derniers allaient le soutenir jusqu'au bout. Ce ne fut pas le cas. Le document raconte donc l'inéluctable avancée de l'armée nord-vietnamienne sur Saigon, les négociations de dernière minute, les appels à l'aide d'un régime sud-vietnamien moribond et la fin définitive de la guerre en ce mois d'avril, avec la chute de la capitale.
RDI se penche également sur ce moment historique avec un documentaire français récent fort différent mais qui propose des réflexions originales. La Double Vie de Saigon est présenté dans le cadre de RDI 10 ans et sa diffusion sera suivie d'un débat. Le document adopte un ton personnel, littéraire même, évoquant les figures de Conrad, de Malraux et de Graham Greene, qui ont hanté Saigon, et particulièrement le célèbre hôtel Continental, lieu de passage obligé de tout ce qui bougeait dans
la ville.
Le document survole l'histoire du Vietnam sur un siècle en incarnant cette histoire dans quelques destins individuels fascinants, dont celui de Philippe Franchini, un Franco-Vietnamien propriétaire de l'hôtel Continental, qui l'a perdu en 1975 et qui revient sur les lieux de son enfance vietnamienne 30 ans plus tard. Devant la caméra, il rencontre un personnage encore plus fascinant, Pham Xuan An, un vieux monsieur ironique qui semble sorti d'un roman de John Le Carré, un Vietnamien qui a été correspondant pour le magazine Time à Saigon pendant la guerre du Vietnam et qui, explique-t-il tout bonnement, agissait en même temps comme espion pour le régime communiste, sans que personne s'en soit aperçu!
American Experience/Fall of Saigon, lundi 25 avril, PBS, 21h.
RDI 10 ans/La Double Vie de Saigon, vendredi 29 avril, RDI, 19h30.
C'est la fin, vraiment la fin de la guerre du Vietnam. Trente ans cette semaine. Et des blessures que les Américains n'ont pas fini de panser, pour une guerre absolument atypique. Il n'y a jamais eu de «déclaration de guerre» en soi. Plutôt un engrenage infernal dans lequel les Américains se sont graduellement embourbés. La guerre la plus longue et la plus impopulaire menée par les États-Unis. Et la seule qu'ils ont perdue.
Ce fut aussi la première guerre véritablement télévisée, on l'a dit souvent, pour laquelle les documents ne manquent pas. Parmi ceux-ci, une référence, la série Vietnam: A Television History, dont les treize heures avaient d'abord été présentées en 1983 dans le cadre de l'émission American Experience, de PBS, avec une rediffusion en 1997.
PBS diffuse donc cette semaine le dernier épisode de la série, The Fall of Saigon, qui couvrait les années 1973-75. Les lecteurs curieux pourront se
référer au site Internet de PBS, toujours fort bien fait, pour
se rappeler en détail les évé
nements des années précédentes.
Comme le rappelle le documentaire, un cessez-le feu avait été négocié en 1973 par Henry Kissinger et Le Duc Tho. Mais le président sud-vietnamien Thieu considérait qu'il fallait continuer la lutte contre les communistes, et les communistes du Nord entendaient toujours réunir les deux Vietnams. Thieu était toujours soutenu et financé par les Américains, et il était convaincu que ces derniers allaient le soutenir jusqu'au bout. Ce ne fut pas le cas. Le document raconte donc l'inéluctable avancée de l'armée nord-vietnamienne sur Saigon, les négociations de dernière minute, les appels à l'aide d'un régime sud-vietnamien moribond et la fin définitive de la guerre en ce mois d'avril, avec la chute de la capitale.
RDI se penche également sur ce moment historique avec un documentaire français récent fort différent mais qui propose des réflexions originales. La Double Vie de Saigon est présenté dans le cadre de RDI 10 ans et sa diffusion sera suivie d'un débat. Le document adopte un ton personnel, littéraire même, évoquant les figures de Conrad, de Malraux et de Graham Greene, qui ont hanté Saigon, et particulièrement le célèbre hôtel Continental, lieu de passage obligé de tout ce qui bougeait dans
la ville.
Le document survole l'histoire du Vietnam sur un siècle en incarnant cette histoire dans quelques destins individuels fascinants, dont celui de Philippe Franchini, un Franco-Vietnamien propriétaire de l'hôtel Continental, qui l'a perdu en 1975 et qui revient sur les lieux de son enfance vietnamienne 30 ans plus tard. Devant la caméra, il rencontre un personnage encore plus fascinant, Pham Xuan An, un vieux monsieur ironique qui semble sorti d'un roman de John Le Carré, un Vietnamien qui a été correspondant pour le magazine Time à Saigon pendant la guerre du Vietnam et qui, explique-t-il tout bonnement, agissait en même temps comme espion pour le régime communiste, sans que personne s'en soit aperçu!
American Experience/Fall of Saigon, lundi 25 avril, PBS, 21h.
RDI 10 ans/La Double Vie de Saigon, vendredi 29 avril, RDI, 19h30.
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