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Publicité controversée en France - L'interdiction de l'affiche sur La Cène est confirmée

Reuters   11 avril 2005  Médias
Paris — La Cour d'appel de Paris a confirmé vendredi le jugement de première instance interdisant une affiche publicitaire inspirée de La Cène de Léonard de Vinci, au motif qu'elle constituait une injure aux sentiments des catholiques.

Sollicitée par une association représentant l'Église, la Cour convient qu'il «est fait gravement injure aux sentiments religieux et à la foi des catholiques et [que] cette représentation outrageante d'un thème sacré détourné par une publicité commerciale cause un trouble manifestement illicite».

«Le choix du mois de mars, inclus dans le carême et comprenant cette année la semaine sainte précédant Pâques pour publier l'affiche litigieuse, renforçait manifestement l'injure», ajoute-t-elle.

Cet arrêt est un des très rares exemples connus d'interdiction judiciaire d'affiches combattues par des religieux. Le seul précédent était l'interdiction de l'affiche du film Ave Maria de Jacques Richard, en 1984.

Les personnes poursuivies pourraient se pourvoir en cassation. La Ligue des droits de l'homme s'est jointe à la procédure en défense pour défendre la «liberté d'expression» dans le cadre du procès d'appel.

En première instance, comme en appel, le parquet s'était prononcé contre l'interdiction, qualifiée «d'acte de censure». La Cour rejette l'argument invoquant la liberté d'expression, rappelant qu'elle peut être soumise à des restrictions.



«Pose équivoque»

À la suite du premier jugement prononcé en référé (urgence) le 10 mars, la campagne des créateurs de vêtements Marithé et François Girbaud avait été retirée des journaux et magazines et des panneaux d'affichage publics.

La procédure ayant été ensuite limitée à l'affichage, elle reste publiable dans les journaux.

La photo utilisée pour l'affiche, création de l'agence de publicité Air Paris, détournait La Cène, l'oeuvre du maître italien Léonard de Vinci dépeignant le dernier repas du Christ et des apôtres.

La Cour d'appel relève qu'il s'agit d'un «événement fondateur du christianisme» et s'étonne de «l'incongruité de la position du seul personnage masculin, présenté dans une pose équivoque entre deux femmes, le groupe ainsi formé étant placé juste à droite du personnage central censé représenter Jésus-Christ».

La procédure fait suite à une plainte de l'association Croyances et libertés, représentant les évêques de France, pour «injure visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée, en l'occurrence le catholicisme». Ses avocats se sont déclarés satisfaits de la confirmation du jugement, car il «reconnaît l'importance de l'atteinte symbolique à la foi».

Les personnes poursuivies, y compris la Ligue des droits de l'homme, devront payer un total de 9000 euros (environ 14 300 $CAD) de frais de procédure à Croyances et libertés.
 
 
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