Année très meurtrière pour les journalistes
Vienne — La guerre contre le terrorisme mais aussi l'impunité dont bénéficient ceux qui tuent des journalistes menacent la liberté de la presse dans le monde, dénonce l'International Press Institute (IPI), qui a publié hier son rapport annuel.
L'an dernier, 78 journalistes ont été tués, dont 23 en Irak et 12 aux Philippines, faisant de 2004 l'année la plus meurtrière depuis 1999 avec 86 morts, selon l'organisation de défense de la liberté de la presse basée à Vienne. Reporters sans frontières (RSF), basée à Paris, a répertorié 53 journalistes tués dans le monde en 2004 et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé aux États-Unis, 56.
L'IPI s'inquiète particulièrement de «l'échec des autorités à mener des enquêtes appropriées et à poursuivre les meurtriers de journalistes», en particulier aux Philippines, au Belarus, en Haïti, en Ukraine, au Mexique et au Bangladesh. Cette incapacité à conduire les meurtriers devant la justice incite «d'autres personnes qui ont des problèmes avec des journalistes à faire de même», explique David Dadge, de l'IPI.
Son directeur, Johann Fritz, juge que les enquêtes sont parfois entravées, les autorités ne souhaitant pas «que les auteurs ou la raison du meurtre soient mises au jour». «Cela unit les autorités et les meurtriers dans une cause commune: veiller à faire taire les journalistes pour que les informations gênantes ou embarrassantes n'arrivent jamais dans le domaine public», estime-t-il dans un communiqué.
Mais la guerre contre le terrorisme a aussi porté atteinte à la liberté de la presse dans le monde. Selon David Dadge, «les droits de l'homme, et en particulier la liberté de la presse, ont cédé du terrain dans le monde depuis 2001» avec les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. «Ils sont toujours jugés importants, mais ils ne sont plus considérés par tous comme absolument cruciaux». Au moins trois des journalistes tués en 2004 en Irak sont tombés sous les balles des forces américaines, selon le rapport. David Dadge a réclamé une enquête approfondie sur ces décès, notamment «pour éviter que cela se reproduise à l'avenir».
Le rapport souligne que, si les caméras de télévision sont parfois confondues avec des armes, faisant des journalistes des cibles, cette «ressemblance superficielle est aussi utilisée fréquemment comme prétexte à l'impunité dans des affaires d'employés des médias tués ou blessés qui auraient pu être évitées». «Ces employés des médias sont morts à cause de la négligence ou du plaisir latent de la gâchette facile chez les soldats.»
Le rapport parle d'une année «gênante» pour les médias américains. Il note qu'au moins 11 journalistes ont été convoqués comme témoins devant des tribunaux fédéraux dans des procès importants et plusieurs menacés de sanctions pour ne pas avoir voulu révéler leurs sources, «un exemple négatif» selon l'IPI.
En Europe, le principal point noir pour la liberté de la presse se trouve en Russie, selon l'IPI.
Sur Internet, le site de l'IPI est.
L'an dernier, 78 journalistes ont été tués, dont 23 en Irak et 12 aux Philippines, faisant de 2004 l'année la plus meurtrière depuis 1999 avec 86 morts, selon l'organisation de défense de la liberté de la presse basée à Vienne. Reporters sans frontières (RSF), basée à Paris, a répertorié 53 journalistes tués dans le monde en 2004 et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé aux États-Unis, 56.
L'IPI s'inquiète particulièrement de «l'échec des autorités à mener des enquêtes appropriées et à poursuivre les meurtriers de journalistes», en particulier aux Philippines, au Belarus, en Haïti, en Ukraine, au Mexique et au Bangladesh. Cette incapacité à conduire les meurtriers devant la justice incite «d'autres personnes qui ont des problèmes avec des journalistes à faire de même», explique David Dadge, de l'IPI.
Son directeur, Johann Fritz, juge que les enquêtes sont parfois entravées, les autorités ne souhaitant pas «que les auteurs ou la raison du meurtre soient mises au jour». «Cela unit les autorités et les meurtriers dans une cause commune: veiller à faire taire les journalistes pour que les informations gênantes ou embarrassantes n'arrivent jamais dans le domaine public», estime-t-il dans un communiqué.
Mais la guerre contre le terrorisme a aussi porté atteinte à la liberté de la presse dans le monde. Selon David Dadge, «les droits de l'homme, et en particulier la liberté de la presse, ont cédé du terrain dans le monde depuis 2001» avec les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. «Ils sont toujours jugés importants, mais ils ne sont plus considérés par tous comme absolument cruciaux». Au moins trois des journalistes tués en 2004 en Irak sont tombés sous les balles des forces américaines, selon le rapport. David Dadge a réclamé une enquête approfondie sur ces décès, notamment «pour éviter que cela se reproduise à l'avenir».
Le rapport souligne que, si les caméras de télévision sont parfois confondues avec des armes, faisant des journalistes des cibles, cette «ressemblance superficielle est aussi utilisée fréquemment comme prétexte à l'impunité dans des affaires d'employés des médias tués ou blessés qui auraient pu être évitées». «Ces employés des médias sont morts à cause de la négligence ou du plaisir latent de la gâchette facile chez les soldats.»
Le rapport parle d'une année «gênante» pour les médias américains. Il note qu'au moins 11 journalistes ont été convoqués comme témoins devant des tribunaux fédéraux dans des procès importants et plusieurs menacés de sanctions pour ne pas avoir voulu révéler leurs sources, «un exemple négatif» selon l'IPI.
En Europe, le principal point noir pour la liberté de la presse se trouve en Russie, selon l'IPI.
Sur Internet, le site de l'IPI est
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