Médias: Un véritable désastre
La grève à Radio-Canada se produit au moment où les cotes d'écoute sont au plus bas
Radio-Canada en grève, c'est un véritable désastre pour les cotes d'écoute, qui avaient déjà commencé à chuter depuis plusieurs d'années.
Et de son côté Télé-Québec en est encore réduite à quêter du financement, ayant maintenant évalué son manque à gagner à six millions. Bref, dans un cas comme dans l'autre, les télévisions publiques ont le vague à l'âme.
La grève à Radio-Canada d'abord, qui surprend tout le monde, y compris les grévistes eux-mêmes. Car, en se lançant dans une grève limitée qui devait durer 24 heures, les employés du Syndicat des communications se sont retrouvés devant une direction beaucoup plus dure que prévu, qui refuse de les laisser revenir au travail tant que toute cette histoire ne sera pas réglée.
Ce bras de fer se produit dans un contexte où depuis un an l'écoute de la SRC n'arrive pas à dépasser la barre des 20 % de l'auditoire. Radio-Canada se bat carrément avec TQS pour "mériter" le titre de deuxième réseau le plus écouté au Québec, derrière TVA.
L'Association canadienne des radiodiffuseurs (ARC), qui regroupe toutes les chaînes privées au pays, se présentait il y quelques jours devant un comité de la Chambre des Communes qui effectue une analyse en profondeur du système de radiodiffusion canadien. L'ARC avait compilé de nouvelles données que Radio-Canada déteste entendre: la part de marché de la SRC (la chaîne française) est passée de 27 % de l'auditoire en 1991 à 20 % en 2000 (et le rapport ne mentionne même pas que pour la saison 2001-2002 cette part de marché est à peu près entre 15 et 18 %).
La CBC, elle, est passée en dix ans de 13 % de part de marché à, tenez-vous bien, 7 %.
Pendant ce temps la part globale de la télévision privée de langue française est passée de 68% à 76 % de l'auditoire en dix ans.
Bref la télévision publique perd constamment des plumes. Flairant l'odeur du sang, l'ARC, qui défend strictement des intérêts privés, affirme que le rôle du télédiffuseur public doit maintenant être de "compléter celui des radiotélédiffuseurs privés", un renversement complet bien sûr puisqu'au Canada c'est la télévision publique qui était censée être au coeur du système de radiodiffusion.
Le président de Radio-Canada, Robert Rabinovitch, s'est présenté devant le même comité le 14 mars dernier. Son discours est essentiellement politique: reconnaissant la baisse de l'écoute de la télé publique il s'interroge: "le problème tient au fait que si nous n'arrivons pas à inciter davantage de Canadiens à regarder des émissions produites ici, les Canadiens pourraient ne plus être en mesure de savoir clairement ce qu'est le Canada et quelle est leur place au sein de ce pays" affirme-t-il.
M. Rabinovitch en fait donc aussi une question de marketing, pourrait-on dire, et il place Radio-Canada comme étant le seul réseau qui peut jouer un rôle de leader en matière d'émissions canadiennes. Il demande que les mécanismes de financement soit rééquilibrés "afin d'appuyer davantage les radiodiffuseurs qui s'engagent véritablement et concrètement à produire des émissions canadiennes" (on ne sait pas trop encore ce qu'une telle phrase veut dire). Il demande aussi que le mode actuel de financement de Radio-Canada soit remplacé par un système de financement triennal qui permettrait de mieux planifier.
Évidemment on pourrait méchamment répliquer à M. Rabinovitch qu'il doit régler ses problèmes syndicaux avant d'espérer recevoir une meilleure écoute de la part du gouvernement...
Quant à Télé-Québec son problème est différent. Son écoute est en hausse et sa programmation est bien définie. Son problème c'est que son budget n'augmente jamais alors que ses dépenses sont en hausse continuelle.
Non seulement la subvention de base versée par le ministère de la Culture n'augmente pas (elle est d'environ 53 millions), mais à cause de la concurrence des chaînes et à cause des nouvelles règles de financement du Fonds canadien de télévision les télédiffuseurs doivent augmenter la licence de leurs émissions. Autrement dit Télé-Québec doit mettre encore plus d'argent dans les émissions qu'il finance déjà s'il veut que ces émissions reçoivent l'aide des organismes de soutien à la production indépendante, ce qui diminue encore plus la part que la chaîne pourrait verser à de nouvelles émissions.
Dans l'immédiat Télé-Québec a besoin de six millions de plus: trois millions pour assurer le service de base et trois millions pour poursuivre l'étape de la conversion numérique. On ne parle pas ici de sommes permettant de diffuser de nouvelles émissions pendant la période estivale
Histoire de nous faire saliver le directeur des programmes de Télé-Québec Mario Clément affirmait cette semaine devant des parlementaires québécois qu'après avoir donné un grand coup de barre en faveur de la culture depuis trois ans Télé-Québec voudrait maintenant développer encore plus les émissions à caractère social, principalement en santé. L'environnement est également une préoccupation et "Daniel Pinard ne demande pas mieux qu'on lui donne un portefeuille intéressant pour faire une émission d'enquête sur l'environnement" affirme-t-il.
Mais pour le moment n'y pensez même pas: no money, no candy.
Et de son côté Télé-Québec en est encore réduite à quêter du financement, ayant maintenant évalué son manque à gagner à six millions. Bref, dans un cas comme dans l'autre, les télévisions publiques ont le vague à l'âme.
La grève à Radio-Canada d'abord, qui surprend tout le monde, y compris les grévistes eux-mêmes. Car, en se lançant dans une grève limitée qui devait durer 24 heures, les employés du Syndicat des communications se sont retrouvés devant une direction beaucoup plus dure que prévu, qui refuse de les laisser revenir au travail tant que toute cette histoire ne sera pas réglée.
Ce bras de fer se produit dans un contexte où depuis un an l'écoute de la SRC n'arrive pas à dépasser la barre des 20 % de l'auditoire. Radio-Canada se bat carrément avec TQS pour "mériter" le titre de deuxième réseau le plus écouté au Québec, derrière TVA.
L'Association canadienne des radiodiffuseurs (ARC), qui regroupe toutes les chaînes privées au pays, se présentait il y quelques jours devant un comité de la Chambre des Communes qui effectue une analyse en profondeur du système de radiodiffusion canadien. L'ARC avait compilé de nouvelles données que Radio-Canada déteste entendre: la part de marché de la SRC (la chaîne française) est passée de 27 % de l'auditoire en 1991 à 20 % en 2000 (et le rapport ne mentionne même pas que pour la saison 2001-2002 cette part de marché est à peu près entre 15 et 18 %).
La CBC, elle, est passée en dix ans de 13 % de part de marché à, tenez-vous bien, 7 %.
Pendant ce temps la part globale de la télévision privée de langue française est passée de 68% à 76 % de l'auditoire en dix ans.
Bref la télévision publique perd constamment des plumes. Flairant l'odeur du sang, l'ARC, qui défend strictement des intérêts privés, affirme que le rôle du télédiffuseur public doit maintenant être de "compléter celui des radiotélédiffuseurs privés", un renversement complet bien sûr puisqu'au Canada c'est la télévision publique qui était censée être au coeur du système de radiodiffusion.
Le président de Radio-Canada, Robert Rabinovitch, s'est présenté devant le même comité le 14 mars dernier. Son discours est essentiellement politique: reconnaissant la baisse de l'écoute de la télé publique il s'interroge: "le problème tient au fait que si nous n'arrivons pas à inciter davantage de Canadiens à regarder des émissions produites ici, les Canadiens pourraient ne plus être en mesure de savoir clairement ce qu'est le Canada et quelle est leur place au sein de ce pays" affirme-t-il.
M. Rabinovitch en fait donc aussi une question de marketing, pourrait-on dire, et il place Radio-Canada comme étant le seul réseau qui peut jouer un rôle de leader en matière d'émissions canadiennes. Il demande que les mécanismes de financement soit rééquilibrés "afin d'appuyer davantage les radiodiffuseurs qui s'engagent véritablement et concrètement à produire des émissions canadiennes" (on ne sait pas trop encore ce qu'une telle phrase veut dire). Il demande aussi que le mode actuel de financement de Radio-Canada soit remplacé par un système de financement triennal qui permettrait de mieux planifier.
Évidemment on pourrait méchamment répliquer à M. Rabinovitch qu'il doit régler ses problèmes syndicaux avant d'espérer recevoir une meilleure écoute de la part du gouvernement...
Quant à Télé-Québec son problème est différent. Son écoute est en hausse et sa programmation est bien définie. Son problème c'est que son budget n'augmente jamais alors que ses dépenses sont en hausse continuelle.
Non seulement la subvention de base versée par le ministère de la Culture n'augmente pas (elle est d'environ 53 millions), mais à cause de la concurrence des chaînes et à cause des nouvelles règles de financement du Fonds canadien de télévision les télédiffuseurs doivent augmenter la licence de leurs émissions. Autrement dit Télé-Québec doit mettre encore plus d'argent dans les émissions qu'il finance déjà s'il veut que ces émissions reçoivent l'aide des organismes de soutien à la production indépendante, ce qui diminue encore plus la part que la chaîne pourrait verser à de nouvelles émissions.
Dans l'immédiat Télé-Québec a besoin de six millions de plus: trois millions pour assurer le service de base et trois millions pour poursuivre l'étape de la conversion numérique. On ne parle pas ici de sommes permettant de diffuser de nouvelles émissions pendant la période estivale
Histoire de nous faire saliver le directeur des programmes de Télé-Québec Mario Clément affirmait cette semaine devant des parlementaires québécois qu'après avoir donné un grand coup de barre en faveur de la culture depuis trois ans Télé-Québec voudrait maintenant développer encore plus les émissions à caractère social, principalement en santé. L'environnement est également une préoccupation et "Daniel Pinard ne demande pas mieux qu'on lui donne un portefeuille intéressant pour faire une émission d'enquête sur l'environnement" affirme-t-il.
Mais pour le moment n'y pensez même pas: no money, no candy.
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