Télévision - Frissons garantis
La suite de Grande Ourse s'annonce à la hauteur de la première série, laquelle a récolté une avalanche de prix Gémeaux.
La semaine dernière, l'histoire a démarré sur les chapeaux de roues. Depuis cinq ans, Lapointe (Marc Messier) cultive ses tomates dans le village de Grande Ourse. Mais son sommeil est perturbé par un rêve récurrent: une chambre, numéro 707, dans un immeuble d'une petite municipalité paisible et imaginaire de la banlieue de Montréal, Verdeuil.
N'y tenant plus, il quitte un soir Grande Ourse en catastrophe pour aller sur les lieux de son rêve. Il réquisitionne au passage son ancien compère, Biron (Normand Daneau), devenu journaliste dans la région montréalaise. Et tous deux plongent dans l'horreur de cette chambre 707, arrivant tout juste après un meurtre sanglant.
En un seul épisode, tout est en place et nous sommes captivés: l'atmosphère glauque, les images fortes, les personnages complètement bizarres, un suspense mystérieux, la réalisation de Patrice Sauvé, exceptionnelle, qui atteint une qualité visuelle jamais vue. Bref, la suite de Grande Ourse s'annonce à la hauteur de la première série, laquelle a récolté une avalanche de prix Gémeaux en novembre dernier lors du gala du même nom.
«Les gens savent maintenant à quoi s'attendre, alors j'ai passé moins de temps à présenter l'univers de la série, explique au Devoir l'auteur de L'Héritière de Grande Ourse, Frédéric Ouellet. Je voulais qu'on entre immédiatement dans l'enquête criminelle.»
Frédéric Ouellet a repris quelques anciens personnages et en a créé de nouveaux, dont Julien Beaumont (Albert Millaire), patron inquiétant et violent d'une entreprise de génétique qui ressemble à une secte, et Conrad Raté, un policier à la perversité contenue interprété par Marc Labrèche, qui nous en fera voir de toutes les couleurs, paraît-il, dans les prochains épisodes.
Mais Frédéric Ouellet a surtout organisé son récit autour de deux grandes nouveautés. D'abord, la petite Sarah Von Trieck, qui est au coeur du drame, est maintenant une adolescente (Viviane Audet). «C'est une idée forte de l'avoir comme adolescente, car elle fait face aux premiers amours et aux doutes de l'adolescence, luttant pour avoir une vie normale tout en ayant hérité des pouvoirs de sa grand-mère, des pouvoirs maléfiques, explique l'auteur. Le concept d'héritage est intéressant à fouiller; on y trouve l'idée d'exercer un contrôle sur ceux qui restent.»
L'autre grand changement, c'est d'instaurer le mystère et le fantastique dans un univers de banlieue plutôt que dans la nature et la forêt de la première série. Verdeuil est censé être une banlieue parfaite, «où pas un poil ne dépasse, où l'on tente de tout contrôler, où il y a une obsession de la sécurité et de contrôler nos peurs qui finissent par refaire surface», dit-il.
Tout au long des scènes, on peut percevoir des références à The Shining ou au Blue Velvet de David Lynch, mais on peut trouver aussi une certaine parenté avec la série Le Royaume, de Lars Von Trier. «Quand j'ai commencé à écrire Grande Ourse, en 1995, alors que j'étudiais à l'INIS, explique Frédéric Ouellet, je venais de voir Le Royaume et je ne comprenais pas pourquoi on ne faisait pas au Québec une série fantastique aussi forte, alors que nous avions les équipes techniques pour le faire. C'est le défi que je me suis donné.»
L'auteur s'amuse visiblement comme un petit fou à concevoir des personnages complètement tordus, marqués de cette «inquiétante étrangeté» chère à Freud pour définir le fantastique, expression revendiquée par Frédéric Ouellet. Et ce pour le plus grand plaisir du téléspectateur, qui a ainsi accès à une série complètement différente de tout ce qu'il peut voir à la télévision québécoise et d'une qualité stylistique sans précédent. En principe, la série se termine ce printemps. Mais Frédéric Ouellet n'a pas fini de nous faire peur, puisqu'il entend travailler à un long métrage autour de Grande Ourse...
L'Héritière de Grande Ourse, le jeudi à 21h, Radio-Canada.
N'y tenant plus, il quitte un soir Grande Ourse en catastrophe pour aller sur les lieux de son rêve. Il réquisitionne au passage son ancien compère, Biron (Normand Daneau), devenu journaliste dans la région montréalaise. Et tous deux plongent dans l'horreur de cette chambre 707, arrivant tout juste après un meurtre sanglant.
En un seul épisode, tout est en place et nous sommes captivés: l'atmosphère glauque, les images fortes, les personnages complètement bizarres, un suspense mystérieux, la réalisation de Patrice Sauvé, exceptionnelle, qui atteint une qualité visuelle jamais vue. Bref, la suite de Grande Ourse s'annonce à la hauteur de la première série, laquelle a récolté une avalanche de prix Gémeaux en novembre dernier lors du gala du même nom.
«Les gens savent maintenant à quoi s'attendre, alors j'ai passé moins de temps à présenter l'univers de la série, explique au Devoir l'auteur de L'Héritière de Grande Ourse, Frédéric Ouellet. Je voulais qu'on entre immédiatement dans l'enquête criminelle.»
Frédéric Ouellet a repris quelques anciens personnages et en a créé de nouveaux, dont Julien Beaumont (Albert Millaire), patron inquiétant et violent d'une entreprise de génétique qui ressemble à une secte, et Conrad Raté, un policier à la perversité contenue interprété par Marc Labrèche, qui nous en fera voir de toutes les couleurs, paraît-il, dans les prochains épisodes.
Mais Frédéric Ouellet a surtout organisé son récit autour de deux grandes nouveautés. D'abord, la petite Sarah Von Trieck, qui est au coeur du drame, est maintenant une adolescente (Viviane Audet). «C'est une idée forte de l'avoir comme adolescente, car elle fait face aux premiers amours et aux doutes de l'adolescence, luttant pour avoir une vie normale tout en ayant hérité des pouvoirs de sa grand-mère, des pouvoirs maléfiques, explique l'auteur. Le concept d'héritage est intéressant à fouiller; on y trouve l'idée d'exercer un contrôle sur ceux qui restent.»
L'autre grand changement, c'est d'instaurer le mystère et le fantastique dans un univers de banlieue plutôt que dans la nature et la forêt de la première série. Verdeuil est censé être une banlieue parfaite, «où pas un poil ne dépasse, où l'on tente de tout contrôler, où il y a une obsession de la sécurité et de contrôler nos peurs qui finissent par refaire surface», dit-il.
Tout au long des scènes, on peut percevoir des références à The Shining ou au Blue Velvet de David Lynch, mais on peut trouver aussi une certaine parenté avec la série Le Royaume, de Lars Von Trier. «Quand j'ai commencé à écrire Grande Ourse, en 1995, alors que j'étudiais à l'INIS, explique Frédéric Ouellet, je venais de voir Le Royaume et je ne comprenais pas pourquoi on ne faisait pas au Québec une série fantastique aussi forte, alors que nous avions les équipes techniques pour le faire. C'est le défi que je me suis donné.»
L'auteur s'amuse visiblement comme un petit fou à concevoir des personnages complètement tordus, marqués de cette «inquiétante étrangeté» chère à Freud pour définir le fantastique, expression revendiquée par Frédéric Ouellet. Et ce pour le plus grand plaisir du téléspectateur, qui a ainsi accès à une série complètement différente de tout ce qu'il peut voir à la télévision québécoise et d'une qualité stylistique sans précédent. En principe, la série se termine ce printemps. Mais Frédéric Ouellet n'a pas fini de nous faire peur, puisqu'il entend travailler à un long métrage autour de Grande Ourse...
L'Héritière de Grande Ourse, le jeudi à 21h, Radio-Canada.
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