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Télévision - Télé-Québec relance le débat sur le suicide assisté

Paul Cauchon   18 novembre 2004  Médias
Dès les premières minutes, on est pris à la gorge. «Ça va se faire demain, je suis tellement heureuse», se réjouit Manon Brunelle. Heureuse de quoi? De se marier? D'accoucher? De partir en voyage? Non. Heureuse de mourir. Pour être délivrée de ses douleurs. Pour ne plus être un poids pour qui que ce soit.

C'est tout un débat que relance Télé-Québec ce soir avec une soirée spéciale consacrée au suicide assisté. Le débat est déjà amorcé depuis plusieurs jours avec les nombreuses entrevues accordées dans divers médias par Benoît Dutrizac, coauteur du documentaire Manon, en plus du dossier spécial de l'édition en cours de L'Actualité, consacré au même sujet.

Télé-Québec ira encore plus loin ce soir avec la divulgation des résultats d'un sondage Léger Marketing réalisé auprès de 1000 personnes, qui indique que 68 % des Québécois souhaiteraient qu'on les aide à mourir s'ils étaient atteints d'une maladie incurable et que 79 % croient qu'aucune poursuite ne doit être intentée à l'encontre d'une personne qui aurait aidé à mourir un proche atteint d'une maladie incurable.

Tout ce débat s'appuie sur le film Manon, réalisé par Benoît Dutrizac et André Saint-Pierre. Manon Brunelle, atteinte de sclérose en plaques, était parfaitement lucide et aurait pu vivre encore plusieurs années, mais en devenant de plus en plus lourdement handicapée.

Elle était entrée en contact avec l'équipe des Francs-tireurs pour raconter son histoire, revendiquant le droit de choisir sa mort. Dutrizac et Saint-Pierre l'ont suivie jusqu'à Zurich, en Suisse, dans la maison de l'association Dignitas, qui aide à mourir les personnes atteintes d'une maladie incurable dont les souffrances sont insupportables. Au Canada, une telle association serait illégale.

Manon Brunelle avait un caractère fort; les derniers mois de sa vie, tels que filmés par Dutrizac et Saint-Pierre, le démontrent amplement. D'une intelligence vive et d'un humour ironique, elle sacre, fume sans arrêt et s'exprime clairement: «Je ne suis plus là, dit-elle. Y a un gros boutte de moi qui n'est plus là. Tout ce qui reste, c'est une tête qui chiale. [...] Je ne suis plus capable d'être aimable et gentille, je ne suis plus capable d'être fine.»

Te reste-t-il des plaisirs?, lui demande Benoît Dutrizac. «Non, aucun», répond-elle.

Au passage de l'an 2000, elle avait d'ailleurs fait une tentative de suicide qui a provoqué un coma de trois mois et demi. Elle en veut aux médecins qui l'ont réanimée et qui n'ont pas respecté son souhait de mourir. «Vous êtes trop chieux pour le faire!», s'exclame-t-elle.

Il faudrait avoir un coeur de pierre pour ne pas être secoué par un tel document, qui touche un sujet tabou. La diffusion du documentaire sera suivie d'un débat animé par Joane Prince avec quatre spécialistes qui feront le point sur la question, soit le juge Jean-Louis Beaudoin, le médecin et éthicien Hubert Marcoux, la sociologue Joane Martel et le chercheur Brian Mishara. Télé-Québec mettra également en place un forum électronique pour les internautes.
- Le Dernier Droit, en plus du film Manon, ce soir à 21h à Télé-Québec.






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  • carol tremblay
    Inscrit
    jeudi 18 novembre 2004 15h41
    EUTHANASIE
    « Les avocats de l'eutanasie essayent de brouiller le débat en changeant le vocabulaire. Qu'ils parlent de suicide assisté ou pas, de compassion ou pas, un meurtre est un meurtre. Un suicide assisté, est une contradiction. Ce n'est pas la personne qui se suicide, mais une personne qui donne la mort à une autre personne. C'est un meurtre.

    Ce qu'est l'euthanasie:

    Ceux dont la vie est diminuée où affaiblie réclament un respect spécial. Les personnes malades ou handicapées doivent être soutenues pour mener une vie aussi normale que possible.

    Quels qu'en soient les motifs et les moyens, l'euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est fondamentalement irrecevable.

    Une action ou une omission qui, de soi ou dans l'intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et, par ricochet, aux droits de l'homme. L'erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi, ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure.


    Ce que n'est pas l'euthanasie
    La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus, peut être légitime. C'est le refus de «l'acharnement thérapeutique». On ne veut pas ainsi donner la mort; on accepte de ne pas pouvoir l'empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient s'il en a la compétence et la capacité, ou sinon par les ayants droit légaux, en respectant toujours la volonté «raisonnable» et les «intérêts légitimes» du «patient».

    Même si la mort est considérée comme imminente, les soins ordinairement donnés au malade ne peuvent être légitimement interrompus. L'usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d'abréger ses jours, peut être conforme à la dignité humaine et de ce fait aux droits de l'homme, si la mort n'est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable. Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de respect désintéressé de la dignité humaine. À ce titre ils doivent être encouragés.
    Conclusion
    Une personne mourante, à qui l'on envoie le message qu'elle est de trop ou qu'elle ne meurt pas assez vite, peut demander d'abréger ses jours ou le temps qu'il lui reste à vivre. Les avocats de l'assassinat par compassion va la tuer d'abord et demander des questions ensuite. C'est la face cachée du mensonge des partisans du culte de la mort. D'autres personnes vont se donner la mort simplement parce des avocats du suicide leur présente cette solution comme désirable et valable. Les avocats du meurtre déguisé en suicide ont la responsabilité de prouver le contraire. »

  • Ginette DeLamarre
    Inscrite
    samedi 20 novembre 2004 14h10
    L'euthanasie / suicide assisté
    « Carol

    Enfin quelqu'un de sensée. Ce reportage m'a inquiété. Je suis entièrement d'accord avec toi, "Ce n'est pas la personne qui se suicide, mais une personne qui donne la mort à une autre personne. C'est un meurtre".

    Compassion ou égoïsme
    Tu le dis si bien d'ailleurs : "Les personnes malades ou handicapées doivent être soutenues pour mener une vie aussi normale que possible". Voilà le vrai sens de la compassion. Cette compassion qui est autant bénéfique à celui qui se prépare au grand départ et à ceux qui le soignent. Malheureusement, notre société semble vouloir se diriger vers la solution facile qui ne demande pas trop d'efforts.

    Ce genre de reportage amènera nos grands malades à se sentir inutiles et incitera les proches à songer que la mort rapide est la seule solution. De plus, les avocats de l'euthanasie vont modifier le mandat de nos médecins qui ont été formés pour combattre la maladie et la mort, à devenir des meurtriers.

    Journalisme ou propagante
    (l'impartialité, une denrée rare)
    Je reproche à nos recherchistes et animateurs, (fonctionnnaires de télévision d'État) de ne pas introduire dans leur débat des gens comme toi qui exprimeraient une opinion opposée.
    Nos jeunes pourraient en bénéficier. Les journalistes ne remplissent pas leur mandat d'informer. Ces propagantistes ne sont pas intéressés à considérer l'opinion de l'ensemble de notre communauté. Par contre, ils en acceptent leur deniers.


    En se donnant un nouveau mandat de former la population à leurs idéologie, ils veulent aussi changer le »

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