Télévision - Télé-Québec relance le débat sur le suicide assisté
Dès les premières minutes, on est pris à la gorge. «Ça va se faire demain, je suis tellement heureuse», se réjouit Manon Brunelle. Heureuse de quoi? De se marier? D'accoucher? De partir en voyage? Non. Heureuse de mourir. Pour être délivrée de ses douleurs. Pour ne plus être un poids pour qui que ce soit.
C'est tout un débat que relance Télé-Québec ce soir avec une soirée spéciale consacrée au suicide assisté. Le débat est déjà amorcé depuis plusieurs jours avec les nombreuses entrevues accordées dans divers médias par Benoît Dutrizac, coauteur du documentaire Manon, en plus du dossier spécial de l'édition en cours de L'Actualité, consacré au même sujet.
Télé-Québec ira encore plus loin ce soir avec la divulgation des résultats d'un sondage Léger Marketing réalisé auprès de 1000 personnes, qui indique que 68 % des Québécois souhaiteraient qu'on les aide à mourir s'ils étaient atteints d'une maladie incurable et que 79 % croient qu'aucune poursuite ne doit être intentée à l'encontre d'une personne qui aurait aidé à mourir un proche atteint d'une maladie incurable.
Tout ce débat s'appuie sur le film Manon, réalisé par Benoît Dutrizac et André Saint-Pierre. Manon Brunelle, atteinte de sclérose en plaques, était parfaitement lucide et aurait pu vivre encore plusieurs années, mais en devenant de plus en plus lourdement handicapée.
Elle était entrée en contact avec l'équipe des Francs-tireurs pour raconter son histoire, revendiquant le droit de choisir sa mort. Dutrizac et Saint-Pierre l'ont suivie jusqu'à Zurich, en Suisse, dans la maison de l'association Dignitas, qui aide à mourir les personnes atteintes d'une maladie incurable dont les souffrances sont insupportables. Au Canada, une telle association serait illégale.
Manon Brunelle avait un caractère fort; les derniers mois de sa vie, tels que filmés par Dutrizac et Saint-Pierre, le démontrent amplement. D'une intelligence vive et d'un humour ironique, elle sacre, fume sans arrêt et s'exprime clairement: «Je ne suis plus là, dit-elle. Y a un gros boutte de moi qui n'est plus là. Tout ce qui reste, c'est une tête qui chiale. [...] Je ne suis plus capable d'être aimable et gentille, je ne suis plus capable d'être fine.»
Te reste-t-il des plaisirs?, lui demande Benoît Dutrizac. «Non, aucun», répond-elle.
Au passage de l'an 2000, elle avait d'ailleurs fait une tentative de suicide qui a provoqué un coma de trois mois et demi. Elle en veut aux médecins qui l'ont réanimée et qui n'ont pas respecté son souhait de mourir. «Vous êtes trop chieux pour le faire!», s'exclame-t-elle.
Il faudrait avoir un coeur de pierre pour ne pas être secoué par un tel document, qui touche un sujet tabou. La diffusion du documentaire sera suivie d'un débat animé par Joane Prince avec quatre spécialistes qui feront le point sur la question, soit le juge Jean-Louis Beaudoin, le médecin et éthicien Hubert Marcoux, la sociologue Joane Martel et le chercheur Brian Mishara. Télé-Québec mettra également en place un forum électronique pour les internautes.
- Le Dernier Droit, en plus du film Manon, ce soir à 21h à Télé-Québec.
C'est tout un débat que relance Télé-Québec ce soir avec une soirée spéciale consacrée au suicide assisté. Le débat est déjà amorcé depuis plusieurs jours avec les nombreuses entrevues accordées dans divers médias par Benoît Dutrizac, coauteur du documentaire Manon, en plus du dossier spécial de l'édition en cours de L'Actualité, consacré au même sujet.
Télé-Québec ira encore plus loin ce soir avec la divulgation des résultats d'un sondage Léger Marketing réalisé auprès de 1000 personnes, qui indique que 68 % des Québécois souhaiteraient qu'on les aide à mourir s'ils étaient atteints d'une maladie incurable et que 79 % croient qu'aucune poursuite ne doit être intentée à l'encontre d'une personne qui aurait aidé à mourir un proche atteint d'une maladie incurable.
Tout ce débat s'appuie sur le film Manon, réalisé par Benoît Dutrizac et André Saint-Pierre. Manon Brunelle, atteinte de sclérose en plaques, était parfaitement lucide et aurait pu vivre encore plusieurs années, mais en devenant de plus en plus lourdement handicapée.
Elle était entrée en contact avec l'équipe des Francs-tireurs pour raconter son histoire, revendiquant le droit de choisir sa mort. Dutrizac et Saint-Pierre l'ont suivie jusqu'à Zurich, en Suisse, dans la maison de l'association Dignitas, qui aide à mourir les personnes atteintes d'une maladie incurable dont les souffrances sont insupportables. Au Canada, une telle association serait illégale.
Manon Brunelle avait un caractère fort; les derniers mois de sa vie, tels que filmés par Dutrizac et Saint-Pierre, le démontrent amplement. D'une intelligence vive et d'un humour ironique, elle sacre, fume sans arrêt et s'exprime clairement: «Je ne suis plus là, dit-elle. Y a un gros boutte de moi qui n'est plus là. Tout ce qui reste, c'est une tête qui chiale. [...] Je ne suis plus capable d'être aimable et gentille, je ne suis plus capable d'être fine.»
Te reste-t-il des plaisirs?, lui demande Benoît Dutrizac. «Non, aucun», répond-elle.
Au passage de l'an 2000, elle avait d'ailleurs fait une tentative de suicide qui a provoqué un coma de trois mois et demi. Elle en veut aux médecins qui l'ont réanimée et qui n'ont pas respecté son souhait de mourir. «Vous êtes trop chieux pour le faire!», s'exclame-t-elle.
Il faudrait avoir un coeur de pierre pour ne pas être secoué par un tel document, qui touche un sujet tabou. La diffusion du documentaire sera suivie d'un débat animé par Joane Prince avec quatre spécialistes qui feront le point sur la question, soit le juge Jean-Louis Beaudoin, le médecin et éthicien Hubert Marcoux, la sociologue Joane Martel et le chercheur Brian Mishara. Télé-Québec mettra également en place un forum électronique pour les internautes.
- Le Dernier Droit, en plus du film Manon, ce soir à 21h à Télé-Québec.
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