France - La crise s'aggrave dans la presse quotidienne
22 septembre 2004
Médias
Photo : Agence France-Presse
La plupart des neuf quotidiens nationaux français souffrent d’une érosion lente de leurs ventes. Sur cette photo, un kiosque à journaux dans une rue de Paris.
Paris — La crise s'aggrave dans la presse quotidienne en France, dont de nombreux titres, nationaux et régionaux, font face à une baisse continue de leur diffusion, à des inquiétudes au sujet de leur indépendance ou à des projets de restructuration.
Lundi, les journalistes de l'un des principaux quotidiens français, Le Figaro, se sont massivement rebiffés contre ce qu'ils considèrent comme le risque de mainmise éditoriale de l'avionneur français Serge Dassault, récemment devenu propriétaire du titre.
À une majorité écrasante de 93 %, ils ont adopté une motion s'alarmant notamment de «certains propos tenus» par M. Dassault, lequel a déclaré «qu'il y a quelquefois des informations qui nécessitent beaucoup de précautions. Il en est ainsi des articles qui parlent des contrats en cours de négociations» et «il y a des informations qui font plus de mal que de bien, le risque étant de mettre en péril des intérêts commerciaux ou industriels de notre pays».
Débauchage au Monde
Le même jour, la direction du quotidien parisien le Monde, leader du secteur des quotidiens nationaux en France, a annoncé aux salariés sa décision de supprimer 90 emplois (sur quelque 740), dont 35 journalistes.
Les salariés du Monde ont voté hier en assemblée générale une motion contestant «les fondements et la logique» de ce plan à l'unanimité moins une voix.
Le Monde est aux prises avec de sérieuses difficultés financières après avoir mené une ambitieuse politique d'expansion et de diversification en achetant le groupe de publications de La Vie catholique et en lançant un hebdomadaire du week-end, Le Monde 2. Or les ventes du quotidien ont baissé de 4,4 % en 2003.
Hier, le quotidien national La Croix a consacré sa une et un dossier de quatre pages à cette «mauvaise passe», qui affecte quasiment tous les quotidiens français: la crise couve à France-Soir et à L'Humanité (tous les deux objets d'interrogations sur leur avenir) ainsi qu'à Libération ou à Aujourd'hui en France.
La plupart des neuf quotidiens nationaux français souffrent d'une érosion lente de leurs ventes: Libération a perdu 20 % de sa diffusion depuis 1990, L'Humanité, 65 % depuis 1981, et France-Soir, 62 % depuis 2000. Même les quotidiens spécialisés n'échappent pas au phénomène puisqu'ils reculent tous: le quotidien sportif L'Équipe (-18 % par rapport à 2000) tout comme les deux quotidiens économiques Les Échos (-10 %) et La Tribune (-13 %).
Seuls deux titres arrivent à se tirer d'affaire: La Croix (+ 10 % par rapport à 2000) et Aujourd'hui en France (+15 %).
En région
La presse quotidienne régionale (plus de 60 titres) n'échappe pas à cette crise: alors qu'elle affiche parfois une diffusion nettement supérieure aux titres nationaux, elle souffre des mêmes maux: projets de restructuration, rachats, fusions et réductions d'effectifs se sont multipliés ces dernières années et sont annoncés dans quasiment tous les journaux de province.
Globalement, la presse quotidienne française a vu ses ventes chuter de 40 % entre 1972 et 2001, et cette perte de lectorat affecte les ressources publicitaires, mettant en danger l'équilibre financier de la plupart des titres. Pour autant, le prix des quotidiens en France (entre 1 et 1,20 euro) reste parmi les plus élevés dans le monde.
Les études attribuent ces difficultés au développement d'autres moyens d'information (apparition massive d'Internet, multiplication de l'offre en télévision et en radio, téléphonie portable,) mais aussi au succès grandissant de la presse quotidienne gratuite arrivée ces dernières années en France et à la désaffection des jeunes pour la lecture d'un journal.
Lundi, les journalistes de l'un des principaux quotidiens français, Le Figaro, se sont massivement rebiffés contre ce qu'ils considèrent comme le risque de mainmise éditoriale de l'avionneur français Serge Dassault, récemment devenu propriétaire du titre.
À une majorité écrasante de 93 %, ils ont adopté une motion s'alarmant notamment de «certains propos tenus» par M. Dassault, lequel a déclaré «qu'il y a quelquefois des informations qui nécessitent beaucoup de précautions. Il en est ainsi des articles qui parlent des contrats en cours de négociations» et «il y a des informations qui font plus de mal que de bien, le risque étant de mettre en péril des intérêts commerciaux ou industriels de notre pays».
Débauchage au Monde
Le même jour, la direction du quotidien parisien le Monde, leader du secteur des quotidiens nationaux en France, a annoncé aux salariés sa décision de supprimer 90 emplois (sur quelque 740), dont 35 journalistes.
Les salariés du Monde ont voté hier en assemblée générale une motion contestant «les fondements et la logique» de ce plan à l'unanimité moins une voix.
Le Monde est aux prises avec de sérieuses difficultés financières après avoir mené une ambitieuse politique d'expansion et de diversification en achetant le groupe de publications de La Vie catholique et en lançant un hebdomadaire du week-end, Le Monde 2. Or les ventes du quotidien ont baissé de 4,4 % en 2003.
Hier, le quotidien national La Croix a consacré sa une et un dossier de quatre pages à cette «mauvaise passe», qui affecte quasiment tous les quotidiens français: la crise couve à France-Soir et à L'Humanité (tous les deux objets d'interrogations sur leur avenir) ainsi qu'à Libération ou à Aujourd'hui en France.
La plupart des neuf quotidiens nationaux français souffrent d'une érosion lente de leurs ventes: Libération a perdu 20 % de sa diffusion depuis 1990, L'Humanité, 65 % depuis 1981, et France-Soir, 62 % depuis 2000. Même les quotidiens spécialisés n'échappent pas au phénomène puisqu'ils reculent tous: le quotidien sportif L'Équipe (-18 % par rapport à 2000) tout comme les deux quotidiens économiques Les Échos (-10 %) et La Tribune (-13 %).
Seuls deux titres arrivent à se tirer d'affaire: La Croix (+ 10 % par rapport à 2000) et Aujourd'hui en France (+15 %).
En région
La presse quotidienne régionale (plus de 60 titres) n'échappe pas à cette crise: alors qu'elle affiche parfois une diffusion nettement supérieure aux titres nationaux, elle souffre des mêmes maux: projets de restructuration, rachats, fusions et réductions d'effectifs se sont multipliés ces dernières années et sont annoncés dans quasiment tous les journaux de province.
Globalement, la presse quotidienne française a vu ses ventes chuter de 40 % entre 1972 et 2001, et cette perte de lectorat affecte les ressources publicitaires, mettant en danger l'équilibre financier de la plupart des titres. Pour autant, le prix des quotidiens en France (entre 1 et 1,20 euro) reste parmi les plus élevés dans le monde.
Les études attribuent ces difficultés au développement d'autres moyens d'information (apparition massive d'Internet, multiplication de l'offre en télévision et en radio, téléphonie portable,) mais aussi au succès grandissant de la presse quotidienne gratuite arrivée ces dernières années en France et à la désaffection des jeunes pour la lecture d'un journal.
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