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Un journaliste chinois libéré

30 août 2004  Médias
Pékin — Détenu depuis plus de cinq mois, le journaliste Cheng Yizhong a été libéré grâce à la mobilisation de l'opinion publique sur Internet en Chine et aux pressions internationales, selon les observateurs.

Rédacteur en chef adjoint du quotidien réformateur cantonais Nanfang Dushi Bao et de son pendant pékinois Xin Jing Bao, Cheng était accusé d'avoir détourné plus de 1,5 million de yuans (180 000 $US) de fonds publics, en connivence avec Yu Huafeng, ancien directeur du journal de Canton condamné en mars à 12 ans de prison, avant de voir sa peine réduite à huit ans en juin.

«Sur le plan juridique, l'accusation contre Cheng ne tenait pas la route, les preuves n'étaient pas assez solides», affirme Zhang Xingshui, avocat et animateur de l'association Yangguang Xianzheng (Open Constitution Initiative), mobilisée pour cette affaire.

La libération de Cheng, intervenue vendredi, n'a pas été rapportée par la presse chinoise samedi mais par le site de l'association (www.xianzheng.org), consultable en Chine, l'annonçait.

Xu Zhiyong, premier avocat de Cheng et défenseur de causes célèbres pour faire progresser l'état de droit en Chine, y lance un appel pour la libération de Yu «dont la condamnation paraît encore plus absurde à la lumière de la libération de Cheng».

«Avec Xu Zhiyong, nous avions organisé un débat avec des juristes renommés qui étaient d'avis que les accusations contre Cheng et Yu Huafeng ne relevaient pas de la justice pénale», déclare Me Zhang.

«Il faut ajouter que le Nanfang Dushi Bao est un journal influent en Chine et que beaucoup de médias et d'intellectuels en Chine, ainsi que de nombreux médias à l'étranger, ont prêté attention à cette affaire», ajoute l'avocat.

Un responsable financier du Nanfang Dushi Bao, incarcéré pendant sept mois dans le cadre de l'enquête qui a débuté l'an dernier sur les comptes du quotidien, avait été libéré début août pour manques de preuves, a encore rapporté l'association Yangguang Xianzheng sur son site Internet.

Selon les observateurs, les autorités du Guangdong (sud) avaient ordonné l'enquête parce que le journal avait révélé le tabassage à mort, par des gardes et des codétenus, d'un migrant emprisonné pour ne pas avoir eu ses papiers sur lui.

Cette affaire, que le gouvernement de la province méridionale avait dans un premier temps voulu étouffer, avait créé un grand émoi dans tout le pays.

Pour Joseph Cheng, politologue à la City University de Hong Kong, le quotidien cantonais et ses dirigeants détenus ou condamnés «jouissaient d'un fort soutien de la part de l'opinion publique», qui s'exprime sur Internet.






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