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Festival - Au son de la kora

Caroline Montpetit   10 juillet 2004  Médias
Certains ont fui des pays aux prises avec des guerres sans pitié. D'autres ont choisi de rester chez eux. D'autres enfin sont les fils de ceux et celles qui ont traversé l'océan enchaînés dans les bateaux qui ont quitté l'Afrique pour l'Amérique, du XVIe au XIXe siècle. Tous, de toute façon, font de la musique, et le festival Nuits d'Afrique, qui se déroule du 13 au 15 juillet prochain à Montréal, est une façon pour eux de se donner rendez-vous.

Le Festival international Nuits d'Afrique célèbre cette année ses 18 ans d'existence, et si on en croit les succès des dernières années, sa maturité est plutôt florissante. Comme chaque année, les amateurs auront droit à des spectacles extérieurs gratuits, place Émilie-Gamelin, comme à une programmation en salle payante, au Kola Note, au Club Balattou, au Lion d'Or et au Métropolis. La porte-parole de l'événement cette année est Mélanie Renaud, Québécoise d'origine haïtienne qui a passé pratiquement toute sa vie ici puisqu'elle a été adoptée par des parents québécois à l'âge de huit mois. En entrevue, Mélanie Renaud reconnaît que le festival est une occasion pour elle de mieux connaître la culture africaine, elle qui dit d'ailleurs vouloir donner une forte dimension «black» à son prochain disque. Mélanie Renaud devrait accompagner sur scène la Guinéenne Tiranké Sidime et sa cousine Kandet Kanté.

La compilation concoctée par les organisateurs du festival cette année offre quant à elle un survol des invités qui formeront cette 18e édition. Au menu, autant des artistes de calibre international — le parrain de Nuits d'Afrique, le musicien de reggae Alpha Blondy, en est un — que des artistes africains d'ici qui en sont encore à leurs premiers enregistrements. «Alpha Blondy a décidé de continuer de vivre chez lui, en Côte d'Ivoire, malgré les difficultés politiques, dit Tidiane Soumah, directeur artistique du festival. C'est un fervent militant pour la paix.»

Parmi les premiers, on peut citer aussi le Guyanais Chris Combette, dont l'album La Danse de Flore intègre la musique créole et la chaleur africaine avec, notamment dans Le Village, des textes en français d'une fraîcheur touchante. «Il est Guyanais mais est par-dessus tout connu en Martinique», ajoute Soumah.

Plus instrumental, plus folklorique aussi, le Guinéen Prince Diabaté trimballe depuis longtemps sa kora aux quatre coins du globe. «Les équipements de son groupe sont tous traditionnels, poursuit Soumah. Il a commencé à faire de la musique alors qu'il était à l'école primaire en Guinée. [...] Aujourd'hui, il vit à Los Angeles.» Soumah considère que Prince Diabaté, qui parle maninka mais aussi le soso et le pular, est l'un des meilleurs joueurs de kora — cette sorte de harpe-luth avec caisse de résonance en calebasse — au monde. Prince Diabaté est par ailleurs aussi griot, c'est-à-dire qu'il vient d'une caste faisant de lui à la fois un musicien, un poète et un sorcier. Soumah, qui est lui-même Guinéen, cite aussi, parmi les légendes de la musique africaine, le groupe Bembeya Jazz, qui tournait déjà, dit-il, avant sa naissance.

Mais au programme, il y a aussi de nombreux musiciens africains qui vivent aujourd'hui à Montréal et qui ont apporté dans leurs bagages les accents de la musique d'ailleurs. Parmi ceux-là, mentionnons Annie Ébène, originaire du Congo, qui faisait autrefois partie du groupe Africa Star, ou encore les Rwandais de Sister Soul, dont le soul est tout à fait délectable. Des voix, des noms, des groupes, donc, à découvrir.

La programmation complète de Nuits d'Afrique est disponible sur le site Internet, à l'adresse www.festivalnuitsdafrique.com, ou encore en téléphonant au numéro (514) 499-FINA.






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