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Télévision - La star blonde et l'âme sud-africaine

Au menu: un spectacle de Diana Krall pour célèbrer le 25e anniversaire du festival de jazz de Montréal et une soirée sud-africaine pour célébrer les dix ans de la fin de l'apartheid

Paul Cauchon   26 juin 2004  Médias
Il paraît que le Festival international de jazz de Montréal a des archives audiovisuelles remarquables. Pourtant, on ne peut pas dire que la télévision gâte trop l'amateur. C'est un vieux débat: il y a les amateurs qui en voudraient pas mal plus et les autres, dont les directeurs des réseaux, qui soutiennent que les captations de spectacles de jazz passent mal au petit écran, tout comme les captations de musique classique.

Mais évidemment, compte tenu de l'importance du festival montréalais sur la scène jazz, Radio-Canada se devait de marquer le coup. La télévision publique fait donc son effort chaque année pour présenter quelques événements du festival.

Radio-Canada aurait pu choisir de diffuser plusieurs spectacles cette semaine, mais, pour rejoindre le public de la télévision, le choix qui s'imposait était celui de Diana Krall, bien sûr. D'abord parce que c'est le spectacle qui célèbre officiellement le 25e anniversaire du festival, qu'il s'agit d'une grande soirée au Centre Bell de Montréal et qu'on accorde souvent à la blonde Canadienne de Colombie-Britannique le crédit d'avoir relancé le répertoire jazz auprès du vaste public.

La femme a un talent exceptionnel, c'est certain. Mais tant les critiques que les amateurs de la première heure avaient maintenant tendance à la déserter, à cause d'un excès de pubs de voiture et de la tendance de la dame à verser dans le style chic grand hôtel.

Mais avec son dernier disque, The Girl in the Other Room, Diana Krall a surpris. Elle s'est mise à écrire des pièces, son nouveau mari, Elvis Costello, y a contribué et elle reprend des titres étonnants, dont Black Crow de Joni Mitchell et Temptation de Tom Waits. Le résultat est fort intéressant et particulièrement bluesy. Reste à voir ce que ça donnera en spectacle. Il paraît qu'Elvis Costello sera sur scène.

Le lendemain, le festival montréalais présente un autre événement, gratuit, sur le site du festival: une soirée sud-africaine pour célébrer les dix ans de la fin de l'apartheid, de sinistre mémoire. En présentant cette soirée, TV5 fait preuve d'originalité et, sur le strict plan télévisuel, la soirée pourrait donner lieu à des moments émouvants, puisqu'on doit présenter sur écran géant des images tournées en Afrique du Sud pendant les années de l'apartheid.

À l'affiche: Johnny Clegg, Ladysmith Black Mambazo et la Québécoise d'origine sud-africaine Lorraine Klaasen.

Johnny Clegg, on l'a un peu perdu de vue, mais dans les années 80, ce Britannique blanc, surnommé le Zoulou blanc, d'abord élevé au Zimbabwe (le pays de sa mère) et ensuite en Afrique du Sud à partir de neuf ans, était devenu le porte-étendard de la lutte antiapartheid en faisant particulièrement connaître au public occidental les rythmes complexes de son pays. On se souvient probablement qu'il avait été la vedette du grand événement gratuit du Festival de jazz de Montréal en 1988, où il avait fait sensation (cette édition de 1988 avait d'ailleurs été marquée par une véritable exploration de la musique africaine à Montréal, avec la venue dans la même semaine de Clegg, de Youssou N'Dour, de Touré Kunda et de Salif Keita).

Ladysmith Black Mambazo, c'est un groupe vocal qui existe depuis 30 ans, formé de dix artistes noirs, qui a traversé les années sombres de l'apartheid comme les récentes années de libération et qui marie les chants zoulous empreints de spiritualité au gospel. Paul Simon l'avait d'ailleurs intégré à son disque Graceland dans les années 80. Bref, ce devrait être plutôt bon.

Festival international de jazz de Montréal/Diana Krall, mardi 29 juin, Radio-Canada, 21h30.

Festival international de jazz de Montréal/Johhny Clegg et Ladysmith Black Mambazo, mercredi 30 juin, TV5, 21h30.
 
 
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