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    Google veut améliorer ses relations avec la presse en l’aidant à attirer des abonnés

    3 octobre 2017 | Médias
    Rob Lever - Agence France-Presse à San Francisco
    Julie Charpentrat - Agence France-Presse
    À plus long terme, le groupe californien envisage de faire profiter la presse de ses technologies d’apprentissage des machines pour l’aider à reconnaître les «abonnés potentiels et présenter la bonne offre au bon public au bon moment».
    Photo: Prakash Singh Agence France-Presse À plus long terme, le groupe californien envisage de faire profiter la presse de ses technologies d’apprentissage des machines pour l’aider à reconnaître les «abonnés potentiels et présenter la bonne offre au bon public au bon moment».

    Google va proposer à partir de lundi de nouveaux outils aux éditeurs de presse pour les aider à gagner des abonnés, notamment en limitant les contenus gratuits, un geste destiné à améliorer ses relations difficiles avec la presse, qui s’estime pillée sur Internet.

     

    « Je pense vraiment que Google et les éditeurs de presse ont un intérêt commun, a déclaré Philipp Schindler, un des dirigeants du groupe lors d’une conférence téléphonique. Nous voulons aider les éditeurs à trouver de nouveaux lecteurs et à les transformer en clients qui payent », a poursuivi M. Schindler, insistant sur le fait que le « nouveau modèle » proposé est le fruit de longues discussions et de tests avec des organismes de presse, comme le New York Times ou le Financial Times.

     

    La presse traditionnelle fait face à des problèmes financiers, qu’elle impute en partie au fait que les articles sont trop souvent accessibles gratuitement sur Internet, notamment par des moteurs de recherche ou sur les réseaux sociaux. Elle perd aussi des revenus publicitaires, largement captés par Internet, surtout par Google et Facebook.

     

    Pour tenter d’apaiser ces relations, Google va permettre aux groupes de presse de choisir le nombre d’articles en accès gratuit, un « échantillonnage flexible », qui va remplacer lundi le système actuel.

     

    Ce système mis en place il y a plus de dix ans exigeait des éditeurs un minimum de trois articles gratuits par jour pour que Google les référence.

     

    « Le marché de l’information a radicalement changé » et « ce sont les éditeurs qui sont le mieux à même de décider ce qui leur convient », a encore dit Richard Gingras.

     

    À partir de lundi, les éditeurs pourront donc choisir de ne laisser accéder l’internaute à aucun contenu gratuit s’ils le souhaitent, explique encore Google, qui conseille néanmoins à la presse de commencer avec 10 articles gratuits par mois pour attirer les lecteurs.

     

    Les responsables du groupe ont assuré que les résultats de recherche ne favoriseraient pas les contenus gratuits plutôt que payants.

     

    Google va aussi progressivement faciliter le paiement de l’abonnement, idéalement « en un seul clic », grâce aux comptes Google ou Android, son système d’exploitation mobile.

     

    Rapport de force déséquilibré

     

    Google va également partager avec les éditeurs les informations qu’il détient sur les lecteurs (courriel, nom, adresse…) pour leur permettre de les contacter directement.

     

    À plus long terme, le groupe californien envisage de faire profiter la presse de ses technologies d’apprentissage des machines — une des facettes de l’intelligence artificielle — pour l’aider à reconnaître les « abonnés potentiels et présenter la bonne offre au bon public au bon moment ». Ces possibilités seront offertes à tous les éditeurs de presse dans le monde, a précisé Richard Gingras.

     

    « Il est tout à fait clair que la publicité ne peut plus à elle seule rémunérer la fabrication et la distribution de journalisme de qualité alors même que le besoin d’un journalisme durable et indépendant n’a jamais été aussi important. […] Le contenu payant ou les abonnements sont donc […] une composante essentielle du revenu d’un éditeur », a réagi Jon Slade, responsable commercial du Financial Times, cité dans le blogue de Google.

     

    En juillet, près de 2000 organismes de presse américains, rassemblés dans l’Alliance des médias d’information (News Media Alliance) ont publié une lettre ouverte au Congrès pour lui demander un aménagement de la loi antitrust, qui prohibe, en l’état, toute forme d’entente entre plusieurs entreprises d’un même secteur. Mais le Congrès ne s’est jusqu’ici pas saisi de ce dossier.

     

    Ils estiment qu’ils pâtissent d’un rapport de force déséquilibré face à Google et Facebook. « Du fait de ce duopole numérique », regrette l’organisation professionnelle, « les éditeurs sont contraints de livrer leurs contenus et de respecter les règles [établies par le “duopole”] relatives à la manière dont l’information est publiée, hiérarchisée et monnayée ».

     

    Sur le plan européen, l’idée d’un nouveau droit, comparable au droit d’auteur, permettant aux éditeurs de presse de se faire rémunérer, avance lentement à Bruxelles malgré de nombreux détracteurs.


    De nouveaux outils de Facebook contre la manipulation politique Facebook a détaillé lundi de nouveaux outils destinés à lutter contre les tentatives de manipulation politique par les contenus commandités postés sur le réseau, notamment l’embauche de 1000 personnes ou la création de critères plus restrictifs pour les annonceurs.

    Comme il s’y était engagé, le groupe va par ailleurs remettre lundi au Congrès américain le contenu d’environ 3000 messages (« ads ») publiés entre 2015 et 2017 et financés par « une entité russe appelée Internet Research Agency », dont beaucoup, selon Facebook, « semblent amplifier les divisions sociales et raciales aux États-Unis », écrit dans un communiqué Joel Kaplan, responsable de ces sujets.

    Moyennant finance, on peut sur les réseaux sociaux ou moteurs de recherche cibler des messages vers certains auditoires grâce à des algorithmes fondés sur le profil des utilisateurs. Les autorités américaines enquêtent sur une possible ingérence russe dans la campagne électorale de 2016, qui a mené à la victoire de Donald Trump.

    « Nous fournissons ces contenus au Congrès, car nous voulons faire notre part pour aider les enquêteurs à mieux comprendre l’ingérence russe dans le système politique américain et expliquer ces activités au public », justifie encore le groupe.

    Facebook a également détaillé d’autres mesures pour mieux surveiller les contenus commandités. Outre leur contenu en lui-même, le groupe promet de mieux examiner « le contexte dans lequel [le contenu] a été financé et [quel est] l’auditoire visé ».

    Le groupe va aussi déployer « plus de 1000 personnes vers les équipes chargées de surveiller les contenus commandités dans le monde et investir davantage dans l’apprentissage des machines pour mieux repérer et supprimer des contenus publicitaires ».

    Facebook compte également mettre en place des critères plus restrictifs pour les annonceurs. Outre l’interdiction des « contenus choquants », « menaces directes » ou messages de promotion des armes à feu, le groupe va désormais interdire les contenus commandités qui expriment de la violence « de façon plus subtile ».

    Le réseau social américain veut aussi exiger davantage d’informations de la part d’annonceurs qui souhaitent publier des messages « relatifs aux élections nationales américaines ». Concrètement, « les annonceurs potentiels devront confirmer quelle entreprise ou organisation ils représentent avant de pouvoir acheter » un espace publicitaire.

    Il s’agit de « rendre plus difficiles les tentatives d’ingérence », écrit Facebook, dans la ligne de mire du Congrès sur ce sujet, comme Twitter et Google.












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