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    L’union pour la survie des médias?

    Quelques-uns des grands patrons de presse étaient réunis par la Fondation pour le journalisme canadien

    28 septembre 2017 |Philippe Papineau | Médias
    L’animateur de la soirée, le journaliste Gérald Fillion, en compagnie de Michel Bissonnette, de Radio-Canada, Guy Crevier, de «La Presse», Brian Myles, du «Devoir», Alexandre Taillefer, le patron de «L’actualité», et Colette Brin, du Centre d’études sur les médias.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’animateur de la soirée, le journaliste Gérald Fillion, en compagnie de Michel Bissonnette, de Radio-Canada, Guy Crevier, de «La Presse», Brian Myles, du «Devoir», Alexandre Taillefer, le patron de «L’actualité», et Colette Brin, du Centre d’études sur les médias.

    Contre les chutes des revenus publicitaires des médias au profit des Google et Facebook de ce monde, la solution pourrait passer par une union stratégique des différentes entreprises de presse, a insisté mercredi soir le nouveau patron de L’actualité Alexandre Taillefer lors d’une conférence sur l’avenir du journalisme organisée par la Fondation pour le journalisme canadien.

     

    La soirée intitulée « Une constante mutation : quelles seront les prochaines étapes pour les médias ? » rassemblait aussi le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette, l’éditeur de La Presse, Guy Crevier, la directrice du Centre d’études sur les médias de l’Université Laval, Colette Brin, et le directeur du Devoir, Brian Myles.

     

    Selon M. Taillefer, les médias ont dans les plateformes publicitaires étrangères « un ennemi commun ». « PKP a le même ennemi que nous, c’est tout dire. » Et à adversaire commun, l’ancien Dragon a estimé qu’il existe une « obligation de travailler ensemble », une proposition qui a reçu l’approbation de ses collègues de scène. « Que ce soit avec une régie publicitaire, pour la monétisation, ou pour les datas qu’on peut avoir sur les Québécois, Google et Facebook ne pourront pas nous enlever ça », a dit M. Taillefer, qui a plus tard parlé d’une coopérative d’information personnelle détenue par les citoyens.

     

    Modèle payant ou pas ?

     

    Des questions du public ont aussi souligné le fait que, malgré la crise qui frappe les médias, l’enjeu ne trouve pas écho dans la population générale. « Vous prêchez des convertis », a lancé une dame se décrivant comme une « news junky », avant de proposer à MM. Taillefer, Myles, Crevier et Bissonnette d’aller parler des difficultés de leur industrie à Tout le monde en parle, par exemple.

     

    Le hasard a fait que Jacques K. Primeau, le gérant de l’animateur Guy A. Lepage, était présent mercredi soir, ce qui a fait rigoler la foule. M. Primeau, qui s’est avoué plutôt impuissant quant au choix des invités de la populaire émission, a par ailleurs pris la parole pour donner l’exemple du Quartier des spectacles, qu’il préside, et dont les acteurs se sont unis pour croiser leurs données pour mieux cerner et rejoindre leur public. « L’ensemble des joueurs ont eu des données auxquelles ils n’avaient jamais eu accès avant, et ç’a été un succès total. L’union, c’est une piste extrêmement intéressante. »

     

    L’animateur de la soirée, le journaliste de Radio-Canada Gérald Fillion, avait lancé la discussion avec les modèles d’affaires, un dossier que chaque joueur présent pilote avec différentes réalités. Le Devoir, a expliqué Brian Myles, opte pour le modèle des abonnements avec un mur payant, un peu à la manière du New York Times et du Washington Post. « Le deux tiers de nos revenus proviennent des abonnements, a dit M. Myles. On fait le pari que pour l’info nichée de qualité, il y a un marché payant. On fait le pari que nos abonnés vont nous suivre. »

     

    Guy Crevier, de La Presse, qui sera entièrement numérique et aussi gratuite dès le 1er janvier, estime que « le modèle d’avenir est fort simple : il faut avoir une plateforme performante et fluide et en démontrer l’efficacité, entre autres aux annonceurs. Le problème, c’est que ça demande une transformation qui a un coût élevé ». M. Crevier a par ailleurs glissé que La Presse + réussissait à obtenir entre 65 et 70 millions de dollars de revenus publicitaires numériques. Il a aussi réitéré que son entreprise miserait sur une présence sur les téléphones mobiles, sans vouloir s’avancer davantage sur la date.
     

    Le rôle d’Ottawa

     

    Même si les revenus de L’actualité et de Voir ont diminué avec les années, Alexandre Taillefer a quant à lui insisté sur la relation que les médias doivent avoir avec leur lectorat. « Notre pari, c’est de dire que la qualité de la relation qu’on a avec notre audience n’a pas diminué. Cette relation extraordinaire peut être monétisée. [Il faut] diminuer la dépendance que l’on a envers les annonceurs. »

     

    Les patrons des imprimés ont aussi souligné le peu d’intérêt d’Ottawa pour venir en aide aux médias du pays. « Quand le gouvernement Trudeau place plus [de publicité] sur Facebook en six mois que toutes les années précédentes, on contribue à noircir un portrait qui n’est déjà pas bon », s’est attristé Brian Myles, soulignant que le gouvernement du Québec a au moins fait un pas dans ce dossier. Guy Crevier, quant à lui, s’est dit fasciné que les médias, malgré « une contribution fantastique dans la société », soient « incapables d’attirer l’attention des gouvernements pour aider à leur transformation ».













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