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    Comment survivre face à Google et à Facebook?

    Les deux géants accaparent une immense partie des revenus publicitaires de l’écosystème numérique

    15 septembre 2017 |François Desjardins | Médias
    La migration des placements publicitaires vers le numérique n’a pris que quelques années. Au Québec, les achats du gouvernement et des sociétés d’État dans les médias imprimés ont chuté de manière radicale.
    Photo: Jeff Chiu Associated Press La migration des placements publicitaires vers le numérique n’a pris que quelques années. Au Québec, les achats du gouvernement et des sociétés d’État dans les médias imprimés ont chuté de manière radicale.

    Si Google et Facebook sont devenus incontournables au quotidien, ils ont transformé tout autant les écosystèmes publicitaire et médiatique. Entre l’usage des données, la migration des annonceurs vers des plateformes numériques situées à l’étranger et la baisse de revenus pour les médias écrits, les enjeux se multiplient, mais la question est la même : de quoi sera fait l’avenir ?

     

    Cette question a occupé une partie des échanges lors du Sommet québécois des médias, organisé jeudi par Infopresse avec une brochette de conférenciers issus du milieu publicitaire, des médias et du développement technologique, tous aux prises avec un paysage dont l’évolution rapide demeure imprévisible.

     

    Au détour d’une table ronde sur la « crise de confiance envers les médias », la conversation a porté d’abord sur les fausses nouvelles pour ensuite dévier vers les sources de revenus, dont le maintien et l’enrichissement permettraient de soutenir la pluralité des voix.

     

    « Si on veut avoir une certaine diversité de voix, il faut, par la publicité ou un autre mécanisme, soutenir ces voix, a dit Karine Courtemanche, de l’agence Touché !, spécialisée dans les achats média. Présentement, dans le marché, c’est seulement 11 % des investissements numériques qui sont faits dans des propriétés canadiennes ou québécoises. C’est donc près de 90 % qui vont vers des propriétés étrangères. » La firme aimerait que ses clients investissent 25 % au Québec et au Canada, mais elle a « vraiment de la difficulté » à les convaincre de maintenir ce seuil, a-t-elle dit. La table ronde accueillait aussi Ève Laurier, directrice générale d’Edelman Montréal, Élise Proulx, vice-présidente aux communications et affaires gouvernementales chez Hydro-Québec, et Brian Myles, directeur du Devoir.

     

    Achats gouvernementaux

     

    La migration des placements publicitaires vers le numérique n’a pris que quelques années. Même au gouvernement du Québec, les achats du gouvernement et des sociétés d’État dans les médias imprimés ont chuté de manière radicale, selon les données colligées par Le Devoir au terme d’une demande d’accès à l’information.

     

    De 2008-2009 à 2016-2017, les placements dans l’imprimé sont passés de 28 millions à 7 millions. À l’opposé, dans le numérique, ils sont passés de 4,7 à 14,8 millions. Un appui gouvernemental plus senti est d’ailleurs réclamé depuis l’an dernier par la Coalition pour la pérennité de la presse d’information au Québec, qui regroupe notamment Le Devoir, le Groupe Capitales Médias, Hebdos Québec et Transcontinental.

     

    Le projet portugais

     

    Au Portugal, les six groupes médiatiques les plus importants du pays ont tout simplement décidé de faire front commun. Le résultat : Nonio, qui réunit Impresa, Global Media, Cofina, Media Capital, Publico et Renascença. Producteurs de contenus tous azimuts, ceux-ci rejoignent 85 % des internautes du pays.

     

    Pas moins de 67 % de la publicité numérique au Portugal appartient désormais à Facebook et à Google, a dit Joao Paul Luz, directeur numérique du groupe Impresa, à Lisbonne. Le projet consiste à offrir aux internautes la possibilité de n’entrer un nom d’usager qu’une fois, de sorte qu’ils puissent naviguer d’un site à l’autre sans jamais avoir à le faire de nouveau. Volontaire pour l’instant, il couvre 70 sites Internet et 14 canaux numériques de télé/radio. De cette manière, la collecte de données sera plus efficace, a-t-il dit.

     

    « Le plus grand risque, c’est de ne rien faire », a dit M. Luz lors de sa présentation. La concurrence entre les entreprises fait en sorte que ce type d’expérience n’est « pas facile », a-t-il dit, mais « vous ne pouvez pas vous battre tout seul ». Le courage n’a rien à voir, selon lui. « Il faut lire les signaux et prendre les bonnes décisions. Il faut être pragmatique. »

     

    Les grandes plateformes ne veulent pas la mort des groupes médiatiques, a ajouté M. Luz. « Ils ne veulent pas produire du contenu, ils veulent qu’on survive. Internet serait très différent sans les groupes média. Et peut-être que leurs plateformes seraient moins pertinentes sans une information professionnelle. »













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