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    Décès de Rosaline Désilets-Ledoux, pionnière du journalisme agricole

    23 août 2017 |Philippe Papineau | Médias
    Pionnière du journalisme agricole québécois, Rosaline Désilets-Ledoux, est décédée samedi à l’âge de 87 ans.
    Photo: Archives La terre de chez nous Pionnière du journalisme agricole québécois, Rosaline Désilets-Ledoux, est décédée samedi à l’âge de 87 ans.

    Une des pionnières du journalisme québécois, Rosaline Désilets-Ledoux, est décédée samedi à l’âge de 87 ans. Elle aura travaillé presque toute sa vie au journal La terre de chez nous, où elle se sera entre autres démarquée comme confidente des agricultrices.

     

    Si elle a entrepris sa carrière à l’Union catholique des cultivateurs (UCC) de Nicolet, sa ville natale, en 1950, c’est en 1961 qu’elle fait son entrée à La terre de chez nous, journal où elle travaillera jusqu’à il y a quelques années. Rosaline Désilets-Ledoux tiendra d’abordla chronique radio-télévision sous le nom de plume de Marie-Stéphane — le nom d’une de ses filles — et y aura aussi occupé une longue série de postes, de journaliste à secrétaire de rédaction, en passant même par la rédaction en chef.

     

    Mais c’est avec sa chronique d’humeur Miss Terre ainsi qu’avec Le courrier de Marie-Josée — le nom d’une autre de ses filles — qu’elle a fait sa marque en donnant la parole à de nombreuses femmes à la campagne et en discutant de leur place dans ce milieu, de famille et d’enjeux plutôt avant-gardistes pour l’époque. Dans une entrevue donnée à Radio-Canada, elle expliquait que les femmes posaient beaucoup de questions sur la contraception. « Même que j’ai eu l’honneur d’être dénoncée du haut de sa chaire par un bon curé du bas de Québec, parce que j’avais donné des conseils sur la contraception, ce qui était interdit », avait-elle raconté, sourire en coin.

     

    Même à 80 ans, Mme Désilets-Ledoux rédigeait encore ses trois pages hebdomadaires à La terre de chez nous. « J’aime ce contact avec les gens qui m’écrivent des choses qu’ils ne diraient à personne. La confiance qu’ils ont rend plus compréhensif, indulgent et plus humain », racontait-elle à ce sujet dans les pages de son journal.

    « C’était quelqu’un de tellement généreux, et qui était née avant son temps, raconte Julie Mercier, qui a été sa collègue à La Terre de chez nous. Elle était très humble, elle ne voulait pas se mettre devant. Ses pseudonymes, c’était pour laisser la place à ses conseils. »

     

    Rosaline Désilets-Ledoux, fille d’agriculteur, aura été au coeur des sujets chauds en matière agricole des dernières décennies, comme les expropriations à Mirabel, la « guerre des deux laits » (nature ou industriel) en 1976 et le passage de l’Union catholique des cultivateurs à l’UPA, l’Union des producteurs agricoles. Elle a été nommée commandeur de l’Ordre national du mérite agricole en 1989, et l’UPA lui a remis le prix hommage Gérard-Filion en 2011. Pendant cette cérémonie a été soulignée la « droiture d’une plume trempée dans l’encre du coeur ». Un prix de journalisme pour l’avancement des femmes en agriculture porte aussi son nom depuis 2009.













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