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    Négociations difficiles à «La Presse»

    Photo: Olivier Zuida Le Devoir

    Un visage rouge mécontent, émoticône bougonne, se démultipliait sur les affiches et macarons syndicaux des employés de La Presse lundi matin devant l’édifice du média, boulevard Saint-Laurent. La manifestation-minute, tenue par une poignée de syndiqués représentant les 420 employés de La Presse et de sa filiale Nuglif, vise à relancer les communications avec la partie patronale. Car les négociations de la convention collective s’étirent indûment, selon le syndicat.

     

    Une vision que ne partage pas Éric Trottier, vice-président et éditeur adjoint à La Presse. « On négocie de façon régulière avec les disponibilités qu’on nous offre. […] Pourquoi s’inquiéter, pourquoi se fâcher, pourquoi s’énerver, quand déjà on a prévu qu’on allait se rencontrer plusieurs fois cette semaine et la semaine prochaine ? », se questionne-t-il en entretien.

     

    Voilà trois semaines que les syndiqués ont entamé, à l’interne, quelques mesures — essentiellement de l’affichage — pour demander des rencontres avec les patrons de La Presse. « On veut savoir, 18 mois après la fin de la dernière convention collective, c’est quoi notre contrat de travail à nous, à nous qui restons », a indiqué Charles Côté, porte-parole des syndicats de La Presse et de sa filiale Nuglif. Le 1er juin dernier, La Presse a annoncé, en même temps que l’abandon définitif du journal papier à la fin de cette année, la suppression de 49 postes — par licenciements et départs volontaires —, dont 17 à la rédaction.

     

    « On comprend même qu’il y avait peut-être 49 employés en trop, du point de vue de la rentabilité, a poursuivi M. Côté. On appuie le projet de La Presse +, on pense qu’il peut fonctionner, c’est notre bébé à nous aussi. Mais on veut connaître nos nouvelles conditions de travail. »

     

    Parler d’argent

     

    Car le paysage a beaucoup changé ces dernières années, on le sait, modulé par la transition vers de nouvelles plateformes de diffusion et par des centaines de pertes d’emplois, « certaines justifiées, selon M. Côté, par ces gestes qu’on n’a plus à poser, comme la livraison des journaux. Mais à la rédaction, on va descendre à 210 employés, alors qu’on était au-delà de 300 ; ça se justifie avec la fin du journal papier, et le recul de la vidéo sur La Presse + qui fonctionnait moins bien qu’anticipé. On approche du niveau où on était à la rédaction en 2009, quand on a coupé l’édition du dimanche. Nous, on pense qu’on n’est pas loin du fond. »

     

    Les syndiqués veulent discuter d’argent — nerf de la guerre des négociations. « Ça se peut que je travaille plus, mais si je suis payé plus, je vais peut-être trouver ça ben correct. Nous sommes au même salaire depuis deux ans et demi. À un moment donné, on ne peut plus avancer en négociations tant qu’on n’aura pas parlé d’argent. »

     

    Le syndicat soutient avoir « une demande sur le régime de retraite [qui est à deux vitesses]. Eux ont des demandes sur la sécurité d’emploi, mais on ne sait pas lesquelles. On a fait une proposition pour réduire la semaine de travail de 35 à 32 heures par semaine, ce qui pourrait procurer 6 millions d’économie juste à la rédaction pour le plan qui va jusqu’à 2020 ».

     

    Une telle mesure annulerait au contraire toute économie, affirme quant à lui M. Trottier. « On a fait le calcul et ça augmenterait nos dépenses en terme d’heures supplémentaires d’à peu près 15 à 20 %, […] pour pouvoir poursuivre le travail qui n’est pas terminé à la fin de la semaine. »

     

    Confiant et optimiste, il estime que les négociations devraient se terminer durant l’été, « certainement avant l’automne ». Selon lui, le premier volet des négociations sera réglé d’ici quelques semaines : il sera alors temps d’aborder la question salariale. « On a une tradition à La Presse où tous les syndicats règlent d’abord les questions non pécuniaires. Ensuite on pourra faire l’offre globale sur les salaires, notamment. »













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