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    Le conseil d’administration de Radio-Canada risque la paralysie

    Le retard à pourvoir les postes d’administrateur fait craindre le pire au NPD

    6 juin 2017 |Philippe Papineau | Médias
    Le conseil d’administration de Radio-Canada ne comptera plus que 6 membres sur 12 le 21 juin, ce qui risque de compliquer l’atteinte du quorum.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le conseil d’administration de Radio-Canada ne comptera plus que 6 membres sur 12 le 21 juin, ce qui risque de compliquer l’atteinte du quorum.

    De plus en plus à découvert faute de nouvelles nominations par le gouvernement libéral, le conseil d’administration de CBC/Radio-Canada se retrouve dans un état fragile. Au 21 juin, date de la fin du mandat de deux de ses conseillers, le conseil ne comptera plus que six membres, soit tout juste le quorum nécessaire à son fonctionnement.

     

    Le conseil d’administration de la société d’État, qui devrait être composé de 12 membres, n’en comptait jusqu’à récemment que neuf. Mais le mandat de cinq ans de Terrence Anthony Leier a pris fin le 31 mai, ne laissant plus que huit membres en poste. Et dans 15 jours, soit le 21 juin, la Winnipegoise Marni Larkin et le Montréalais Rémi Racine termineront aussi leur mission.

     

    Devant cette situation, le NPD s’est montré impatient de la lenteur du Parti libéral du Canada à procéder à de nouvelles nominations. « Ça va faire, lance le député Pierre Nantel, porte-parole de son parti en matière de patrimoine et de culture. [La ministre Mélanie] Joly a entrepris une grande réforme, les libéraux ont promis mer et monde, y compris les nominations non partisanes dans tous les postes clés. C’est beau, mais ça n’arrive pas. Et à Radio-Canada, on s’en va vers un imbroglio, où ultimement le conseil d’administration va être paralysé. »

     

    M. Nantel dénonce un « état de “consultite” interminable », dont le diffuseur public et, plus largement, le milieu culturel souffrent.

     

    « Le temps file, et ce n’est pas le temps de laisser Radio-Canada avoir un CA mal avisé, ou pas assez nombreux, ajoute Pierre Nantel, sans jeter la pierre au président-directeur général Hubert T. Lacroix. Si le conseil compte douze sièges, c’est parce que les gens qui ont pensé à cette infrastructure-là ont jugé que c’était bien d’avoir douze personnes qui apportaient leur savoir. Et actuellement on a la moitié moins d’input. On est encore pris dans les fleurs du tapis avec les libéraux. »

     

    Un nouveau processus, « sous peu »

     

    Questionné quant à l’état fragile du conseil d’administration de Radio-Canada, le ministère du Patrimoine renvoie à la Lettre de mandat de la ministre, telle que signée par le premier ministre Justin Trudeau, dans laquelle il lui est demandé de « revoir le processus par lequel les membres sont nommés au conseil d’administration de CBC/Radio-Canada afin d’assurer que les nominations sont indépendantes et fondées sur le mérite. »

     

    « Donc avant qu’on puisse procéder à des nominations pour le CA, il faut que ce nouveau processus soit annoncé, a dit au Devoir l’attaché de presse de Mélanie Joly, Pierre-Olivier Herbert. On l’annonce sous peu, je n’ai pas de date ferme, mais ça ne devrait pas tarder. »

     

    M. Herbert n’a pas voulu s’avancer davantage quant à l’urgence de la situation, répétant que la priorité était la mise en place d’un processus de nomination, « qui sera spécifique au conseil d’administration de Radio-Canada ».

     

    Une consultation des derniers procès-verbaux du conseil du diffuseur public montre que la menace du non-respect du quorum n’est pas farfelue. Le conseilleur Norman May, nommé en juin 2015, a été systématiquement absent des rencontres entre février 2016 et février 2017, soit le dernier document rendu public.

     

    Les retards dans les nominations ne sont par ailleurs pas que l’affaire de Radio-Canada. Plusieurs postes d’agent du Parlement sont entre autres en attente d’un titulaire. Si Madeleine Meilleure a été nommée — dans la controverse — au poste de commissaire aux langues officielles, il n’y a toujours pas de remplaçants choisis pour les postes de directeur général des élections, de commissaire à l’éthique et de commissaire au lobbying.













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