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    100 années du «Devoir» enfin numérisées

    La une du «Devoir» du mercredi 30 décembre 1970
    Photo: Archives Le Devoir La une du «Devoir» du mercredi 30 décembre 1970

    De sa fondation en 1910 jusqu’en 2009, le journal Le Devoir est désormais accessible à tous en ligne. Pour venir à bout de kilomètres de pages mises bout à bout, il a fallu cinq mois de numérisation et neuf mois de traitements de ces imposants fichiers par une quarantaine d’artisans attachés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)

     

    « On a tout numérisé d’un bloc, à partir des microfilms », explique Claire Séguin, directrice de la Collection nationale et des collections patrimoniales. S’il fallait auparavant souvent compter sur la chance pour trouver un texte ancien, il est désormais possible de compter sur des recherches très précises grâce aux outils numériques.

     

    Des recherches numériques très précises peuvent donc désormais être faites dans l’ensemble des numéros. Les chercheurs et les curieux sont aux anges, comme en témoignent des messages d’appréciation reçus immédiatement à la suite de sa mise en ligne. « Vous ne pouvez pas imaginer les commentaires positifs que nous recevons. C’est un énorme potentiel, notamment pour les enseignants », explique Simon Mayer, bibliothécaire au développement des collections numériques patrimoniales.

     

    « Le Devoir a toujours suscité un fort intérêt pour la recherche », indique en entrevue Claire Séguin. Et la constitution d’une mémoire commune au Québec passe certainement par la diffusion de la mémoire de l’institution qu’est Le Devoir par de nouveaux médias.

     

    Depuis sa fondation, ce journal représente un témoin privilégié de sa société, observent les spécialistes de BAnQ. Comme le soulignait André Laurendeau, un de ses plus célèbres rédacteurs en chef, Le Devoir ne s’est jamais constitué en une avant-garde qui se détache complètement de sa société, mais a plutôt veillé à accompagner celle-ci dans son évolution, étant de la sorte tantôt un miroir, tantôt une lumière.

     

    Objet de référence

     

    Le Devoir dénoncera « le coquin », selon la formule de son premier numéro. À ses journalistes, il offre en tout cas en 1910 un « bel encrier tout neuf », selon les mots de Jules Fournier. Il y a un ton et une vision qui émanent des premiers numéros dirigés par cet orateur bouillant qu’était Henri Bourassa. Le journal se veut d’abord une feuille de combat. Il va s’institutionnaliser, mais sa tradition se maintient. Son élan initial le conduit souvent à défendre des visées réformistes au fil de l’histoire.

     

    Qu’est-ce qui a frappé l’équipe chargée de le rendre disponible dans la planète Web ? Mille choses… « Le frère Marie-Victorin utilisait Le Devoir comme tribune pour ses recherches », observe Simon Mayer, bibliothécaire au développement des collections numériques patrimoniales.« Dans les années 1980 du “Québec inc.”, on voit que les nouvelles économiques augmentent dans le journal, qui publie même, pendant quelques années, un magazine économique. Dans les années 1970, on trouve beaucoup de préoccupations pour le patrimoine. » Les intérêts suscités par ses pages sont parfois étonnants : « On a des chercheurs qui sont fous de joie de pouvoir consulter enfin en ligne le journal parce qu’ils s’intéressent à la planification des naissances ! »

     

    En 1966, Le Devoir a été le premier grand quotidien québécois indexé en raison de l’intérêt qu’il représentait pour la recherche et pour l’information du public en général. Un demi-siècle plus tard, il continue de susciter la même attention générale comme objet de référence.

     

    Une entente pour la diffusion des archives du Devoir avait été signée il y a un moment avec l’ancien directeur du journal. « Il y avait une belle ouverture de Bernard Descôteaux en ce sens. Il était favorable à la diffusion », explique Claire Séguin.

     

    Les collections de BAnQ comptent environ 6000 titres différents pour les magazines et les journaux. À ce jour, 306 ont été numérisés et rendus disponibles à la consultation. « Le papier, jusqu’à présent, est ce qui résiste le mieux » à l’usure du temps, note au passage la directrice de la Collection nationale et des collections patrimoniales à l’intention de ceux qui voudraient croire trop vite que la vie utile du papier est terminée.













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