Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Enquête

    Les journalistes estiment qu’on leur fait moins confiance

    21 mars 2017 |Philippe Papineau | Médias
    L’ère des «fausses nouvelles»: «Les journalistes vivent avec ça cette année, c’est le sujet de l’heure, dans les conférences, il y a beaucoup d’ateliers sur l’effet des fausses nouvelles, ça teinte le métier.»
    Photo: Jim Watson Agence France-Presse L’ère des «fausses nouvelles»: «Les journalistes vivent avec ça cette année, c’est le sujet de l’heure, dans les conférences, il y a beaucoup d’ateliers sur l’effet des fausses nouvelles, ça teinte le métier.»

    Alors que la profession journalistique est voilée par le nuage des « fausses nouvelles », soufflé par un président américain rarement tendre envers le quatrième pouvoir, une enquête menée par le groupe d’information aux médias Cision montre que les journalistes estiment qu’ils peinent à maintenir la confiance du public.

     

    L’étude de Cision — propriétaire du fil de nouvelles CNW Telbec — se base sur un sondage auquel ont répondu 1550 journalistes, rédacteurs, influenceurs et producteurs, surtout américains, mais aussi canadiens (200 d’entre eux). De l’échantillon total, environ 950 étaient des journalistes.

     

    Selon les chiffres de l’enquête, qui a été menée en janvier et en février de 2017, 91 % des travailleurs de l’information jugent que l’on fait « légèrement ou beaucoup moins confiance aux médias qu’il y a trois ans ».

     

    « Les journalistes pensent que monsieur et madame Tout-le-Monde voient trop de fausses nouvelles, et qu’ils ne peuvent plus faire la distinction entre les deux, analyse Nadine Tousignant, chef senior, relations médias et avec l’auditoire chez CNW. Les journalistes vivent avec ça cette année, c’est le sujet de l’heure, dans les conférences, il y a beaucoup d’ateliers sur l’effet des fausses nouvelles, ça teinte le métier. »

     

    Le récent Baromètre de confiance annuel de la compagnie Edelman révélait la semaine dernière que le taux de confiance envers les médias accusait un déclin de 10 points, ajoutant qu’au Québec, les médias traditionnels avaient encore une cote de 60 % de confiance.

     

    Les faits avant la vitesse

     

    La confiance, ça se mérite. Alors, faut-il être le premier à publier une nouvelle ? Peut-être, mais pas au prix de la justesse, semblent dire les journalistes sondés par Cision. 95 % des journalistes et influenceurs ont indiqué qu’il était plus important d’être exact que d’être premier, une hausse de 4 % par rapport à l’enquête de 2016.

     

    « Il y a un an ou deux, avec Twitter, c’était qui va sortir en premier, dit Nadine Tousignant. Mais je pense qu’avec les événements de la dernière année, les journalistes aiment mieux prendre une minute ou deux de plus pour tweeter quelque chose de vrai. »

     

    Les reporters sondés ont exprimé que la ressource qui leur est le plus pratique dans leur travail est les communiqués de presse, mais qu’en cas de crise, ils vont d’abord visiter les canaux des médias sociaux d’une entreprise ou d’un gouvernement.

     

    « Je ne pense pas que l’un élimine l’autre. En allant sur CNW par exemple, on est sûr que ç’a été publié par la compagnie, il n’y a que les personnes ressources listées dans nos systèmes qui peuvent publier. Alors que, sur les réseaux sociaux, ça peut être détourné, on ne sait jamais », dit Mme Tousignant, évoquant le récent piratage du compte Twitter de McDonald’s.

     

    Vers le mobile

     

    Questionnés sur les tendances qui marquent leur métier, les journalistes ont noté que la compatibilité avec les appareils mobiles était encore plus au coeur des discussions qu’en 2016, tout comme la demande pour les contenus vidéo. À l’inverse, ce qui touche à la publicité native (ou contenu commandité) et aux éditoriaux commandités (comme des évaluations de produits) est à leurs yeux en perte de vitesse.

     

    « Les gens comprennent que c’est une publicité, point, tranche Mme Tousignant. C’est pas aussi crédible que quelqu’un qui fait un rapport sur un sujet. »

     

    Mais le nerf de la guerre reste la confiance du public, et aussi le financement des médias, selon l’enquête. « Un va avec l’autre, dit Nadine Tousignant. Quand le public a confiance, il s’abonne, il y a des ventes de publicité et le média survit. »

    Ce que les journalistes détestent Être appelés. Selon l’enquête de Cision, les relationnistes de presse devraient déposer le combiné et se rabattre sur le courriel pour proposer un sujet d’article à un journaliste. Pas moins de 92 % des travailleurs de l’information préfèrent recevoir un message numérique plutôt que de voir sonner leur téléphone.

    Qu’on ne sache pas ce qu’ils font. 51 % des répondants — une hausse de 16 % en un an — ont affirmé que le fait de « démontrer des connaissances sur les travaux antérieurs, les intérêts et les domaines de spécialité est ce qui a incité un influenceur ou un journaliste à traiter d’un sujet ».

    Que le relationniste soit absent. « Si vous êtes prêt à rédiger et à diffuser un communiqué de presse, vous devriez être prêt à répondre à quelques questions de journalistes », note le rapport.












    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.