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    Médias

    Radio Centre-Ville à la recherche d’une solution

    La direction a demandé le soutien de l’ARCQ pour dénouer le litige qui l’oppose à des membres mécontents

    4 mars 2017 |Philippe Papineau | Médias
    La colère gronde dans les rangs de la radio diffusant à Montréal au 102,3 FM.
    Photo: iStock La colère gronde dans les rangs de la radio diffusant à Montréal au 102,3 FM.

    Alors qu’une cinquantaine de membres de Radio Centre-Ville ont diffusé une nouvelle lettre ouverte dans laquelle ils disent s’inquiéter d’une dérive démocratique de la station, la direction a défendu son approche, mais a demandé à l’Association des radios communautaires du Québec (ARCQ) de l’aider dans cette situation.

     

    Le patron de la radio communautaire multiethnique, Wannex Lalanne, a organisé vendredi une rencontre avec la présidente et le directeur général de l’ARCQ, Tanya Beaumont et Martin Bougie. Alors que M. Lalanne évoque un rôle de médiation entre la direction et les membres dissidents, l’ARCQ dit ne pas avoir pris de décision quant à la nature de son apport. « On va apporter un soutien, et la manière va être décidée dans les prochains jours », a expliqué au Devoir Mme Beaumont.

     

    La colère gronde dans les rangs de la radio diffusant à Montréal au 102,3 FM. Dans une nouvelle lettre ouverte publiée jeudi, une cinquantaine de membres dénoncent « une vision mercantile de la radio » en évoquant la cession de temps d’antenne à des intérêts privés. Estimant aussi que l’assemblée générale menée le 22 janvier a été « paquetée », les membres contestataires exigent une « nouvelle assemblée générale en règle afin de choisir de manière démocratique et légale les administrateurs ».

     

    En entrevue au Devoir, le directeur général, Wannex Lalanne, rejette ces accusations. Radio Centre-Ville a perdu une subvention de 102 000 $ de Centraide et est donc « dans le rouge », dit-il. Pour garnir les coffres, le conseil d’administration a décidé de « louer des heures d’antenne à des particuliers ». Dans la grille actuelle, 33 heures par semaine sont donc laissées à des intérêts privés, ce qui rapporte un peu plus de 10 000 $ par mois à la station, selon M. Lalanne.

     

    Le 4 décembre dernier, une assemblée a été tenue pour aborder cette solution. Une grande majorité des membres présents ont rejeté cette approche, mais, au dire des animateurs mécontents, l’administration Lalanne n’a pas tenu compte du vote. Ce que nie Wannex Lalanne. « Les membres ont le droit de se prononcer sur les heures allouées aux différentes équipes [la radio chapeaute sept communautés], mais les membres n’ont pas à se prononcer sur la décision du C.A. de louer des heures. C’est une décision administrative qui a été prise pour le bon fonctionnement de la radio. »

     

    M. Lalanne explique que les contrats — qu’il reconnaît avoir signés avant l’assemblée générale — ne peuvent être annulés sans avis ou sans pénalités.

     

    Légitime, le C.A. ?

     

    Dans leur lettre de jeudi, les membres dissidents de Radio Centre-Ville affirment que l’actuel conseil d’administration aurait été « élu frauduleusement » le 22 janvier. Ils dénoncent la présence dans la salle de « dizaines de personnes inconnues qui n’avaient jamais mis les pieds à la station auparavant ».

     

    Une accusation que rejette M. Lalanne, qui précise qu’il est normal dans une radio de la nature de Radio Centre-Ville que beaucoup de gens ne se soient jamais croisés. « Vous voulez l’heure juste ? Les producteurs indépendants qui sont arrivés [en louant les ondes], après trois mois de présence à la radio, ils peuvent devenir membres à part entière. Si c’est eux qui étaient là le 22 ? Bien sûr. »

     

    Selon le directeur général, Radio Centre-Ville respecte son mandat communautaire, car elle laisse toujours une place aux différentes communautés sur ses ondes. Il estime que la présence en ondes est un « privilège », et que les membres dissidents doivent se conformer aux principes démocratiques.

     

    « Il faut qu’on trouve une solution. Ça n’a aucun sens de vivre cette tension pendant trois, quatre mois », conclut-il.

     

    Les dissidents se disent conscients de la crise financière de la station, mais ajoutent qu’elle « n’est pas une justification pour éliminer tout ce qui constitue [sa] raison d’être ».













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