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    Médias

    Le site Planète F tente le papier

    «Le papier est un peu une façon de mettre le pied sur le frein, de se couper des écrans»

    28 février 2017 |Philippe Papineau | Médias
    Pour l’heure, la version physique de «Planète F» est un test et ne sera publiée qu’une fois l’an.
    Photo: iStock Pour l’heure, la version physique de «Planète F» est un test et ne sera publiée qu’une fois l’an.

    Le papier est mort, vive le papier ? Grâce à une subvention de Patrimoine canadien et une campagne de sociofinancement à venir, le magazine Web indépendant Planète F pourra réaliser son vieux rêve de prendre vie sur support papier. Le site consacré aux sujets entourant la famille fera paraître en mai un numéro de 80 pages, aux contenus presque entièrement exclusifs.

     

    « C’est un peu à contre-courant, parce que tout le monde espère trouver le modèle d’affaires uniquement sur Internet, raconte l’éditrice de Planète F, Mariève Paradis, qui a cofondé la publication il y a presque trois ans. On a essayé une formule d’abonnement depuis deux ans, ça fonctionne, mais ce n’est pas suffisant pour s’assurer une rentabilité à long terme. »

     

    En 2016, le programme Innovation commerciale du Fonds du Canada pour les périodiques ouvrait pour la première fois ses coffres aux publications uniquement numériques, et Planète F a ainsi obtenu une aide financière.

     

    « Je suis d’accord avec ce que Marie-France Bazzo a dit à la fermeture de Bazzo Mag, que pour avoir un média indépendant au Québec, il faut avoir du papier », croit Mariève Paradis, qui a déjà été présidente de l’AJIQ, l’Association des journalistes indépendants du Québec. Selon elle, les lecteurs sont présents sur tous les supports, dont le papier, et une édition « tangible » permet entre autres de faciliter la vente publicitaire. Et des sondages menés auprès des lecteurs de Planète F ont tous montré que « le papier revenait en haut de la liste de ce pour quoi les gens sont prêts à payer. »

     

    Pour l’heure, la version physique de Planète F est un test et ne sera publiée qu’une fois l’an, « au maximum deux fois par année ». Pour le côté graphique de cet imprimé, Paradis fait affaire avec l’équipe de Cervidés Média et du magazine Caribou. L’édition de ce printemps paraîtra à temps pour la semaine québécoise de la famille.

     

    « Dans cette guerre d’attention pour amener les gens sur sa plateforme, ce que je réalise, c’est que le papier est un peu une façon de mettre le pied sur le frein, de se couper des écrans, note Paradis. C’est de plus en plus recherché, Nouveau Projet l’a très bien compris. »

     

    Planète F version imprimé coûtera 15 $, et comptera 80 pages — dont seulement 10 de publicités — sur papier épais, à l’instar du bookzine, hybride entre le livre et le magazine. Il ne sera toutefois pas distribué à grande échelle, mais il sera plutôt offert dans plusieurs commerces destinés aux familles, comme dans certains cafés ou magasins pour enfants. Son contenu sera en grande majorité distinct de celui du site Web.

     

    Sociofinancement

     

    La subvention de quelques dizaines de milliers de dollars permet entre autres à Planète F d’embaucher une employée à temps partiel, Marie-Hélène Verville, qui agit à titre de rédactrice en chef du format papier et comme rédactrice en chef adjointe sur le Web.

     

    La publication, qui paie sa trentaine de journalistes pigistes, lancera tout de même le 1er mars une campagne de sociofinancement sur la plateforme Ulule, qui servira à couvrir les frais d’impression du magazine.

     

    « La campagne, c’est aussi un excellent outil de découvrabilité, dit l’éditrice. Les gens qui donnent deviennent un peu des ambassadeurs, ça fait boule de neige. Planète F gagne à être connu, c’est très difficile de démarrer un média à partir de rien, quand on n’est pas une vedette, surtout dans un milieu où il y a tellement de contenu gratuit sur Internet maintenant. »

     

    En plus du papier, Planète Fdéveloppe également du contenu vidéo, une nouvelle plateforme où parler de la famille. « Mais les supports ne sont que des supports, dit Mariève Paradis. On reste de bons raconteurs d’histoires, on propose des enjeux intéressants qu’on creuse de différentes façons. » Elle vous en passe un papier.













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