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    Le Canada, un «cancre» en matière de protection des sources des journalistes

    17 février 2017 |Philippe Orfali | Médias
    Le projet de loi du conservateur Claude Carignan assurerait que seul un juge d’une cour supérieure (et non un juge de paix) puisse accorder un mandat de perquisition lié à un journaliste.
    Photo: iStock Le projet de loi du conservateur Claude Carignan assurerait que seul un juge d’une cour supérieure (et non un juge de paix) puisse accorder un mandat de perquisition lié à un journaliste.

    Quoi qu’en pensent de nombreux parlementaires à Ottawa, la traque des sources journalistiques par les forces policières n’est pas un enjeu propre aux Québec, ont insisté les porte-parole d’organisations représentant la presse, jeudi.

     

    Convoqués devant le comité du Sénat qui étudie un projet de loi qui offrirait une meilleure protection aux sources confidentielles des reporters, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Canadian Journalists for Free Expression et l’Association canadienne des avocats en droit des médias se sont tous exprimés en faveur du projet S-231, malgré les objections soulevées par certains sénateurs, qui jugent que c’est plutôt à Québec que devraient être adoptées de telles mesures.

     

    Le projet de loi du conservateur Claude Carignan, déposé dans la foulée de révélations démontrant que six journalistes montréalais avaient été espionnés par la Sûreté du Québec, assurerait que seul un juge d’une cour supérieure (et non un juge de paix) puisse accorder un mandat de perquisition lié à un journaliste.

     

    Le juge devrait aussi être convaincu qu’il n’y a pas d’autre façon raisonnable d’obtenir ces informations, et que l’intérêt public prime le droit à la protection de la vie privée du journaliste.

     

    Or, « c’est un problème qui existe uniquement au Québec, a martelé le sénateur conservateur Vern White, autrefois chef du Service de police d’Ottawa. Je cherche un seul incident ailleurs, mais je n’en ai jamais vu ».

     

    Les porte-parole de la FPJQ ont tôt fait de rappeler que la Gendarmerie royale du Canada avait avoué avoir suivi un correspondant parlementaire de La Presse à Ottawa, et que le Service canadien de renseignements de sécurité refuse toujours d’indiquer s’il avait déjà traqué des journalistes.

     

    « Soit il est naïf, soit il est arrogant. Ça n’a pas été le seul à soulever la question, a souligné en entrevue le président de la FPJQ, Stéphane Giroux. Ce n’est pas parce qu’ailleurs on n’a pas pris de policiers la main dans le sac que ça n’existe pas. »

     

    Le principe de la liberté de la presse n’est pas propre au Québec, a-t-il rappelé. « C’est bizarre que des sénateurs remettent en question l’utilité d’une telle loi en prétextant que le problème n’est que québécois. Je n’en reviens pas. C’est nier l’existence du problème. »

     

    La veille, des représentants du Globe and Mail, du Devoir, du Toronto Star et de CBC/Radio-Canada avaient proposé des amendements au projet. La FPJQ demande elle aussi que les journalistes puissent s’exprimer, au même titre que la police, lorsqu’un juge étudie de telles demandes de surveillance ou de perquisition.

     

    Le Canada est un « cancre » en matière de protection des sources, selon la plus importante organisation de journalistes au pays.













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