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    Médias

    Décès du journaliste Benoît Aubin

    Il a été directeur de l’information au «Devoir» pendant trois ans, notamment

    26 janvier 2017 |Philippe Papineau | Médias
    Benoît Aubin
    Photo: Véronique Aubin Benoît Aubin

    Le vétéran journaliste Benoît Aubin, qui a été reporter, directeur de l’information et chroniqueur dans de nombreux médias francophones et aussi anglophones, s’est éteint mercredi des suites d’une maladie pulmonaire, l’emphysème, dont il était atteint depuis plusieurs années. Il avait 68 ans.

     

    M. Aubin a travaillé pour plusieurs journaux, magazines et postes de télévision. Il a oeuvré au Montréal-Matin, au Globe and Mail, à La Presse, à L’actualité et au Maclean’s, à TVA et aussi au réseau Global. Il a également été directeur de l’information pendant trois ans au Devoir à partir de 1992, après un passage à The Gazette. Depuis 2007, il était directeur des pages Opinions au Journal de Montréal et au Journal de Québec, en plus d’y écrire une chronique. C’est d’ailleurs dans une de ces colonnes en janvier 2015 qu’il avait annoncé publiquement sa maladie.

     

    « Je ne dis pas ça pour me rendre intéressant, mais je suis atteint d’une maladie dégénérative, incurable et mortelle. L’emphysème. La maladie des fumeurs », y écrivait M. Aubin dans un papier intitulé « Partir en fumée ». Son dernier texte aura été publié le 22 janvier.

     

    Benoît Aubin, né à Québec en 1948, a reçu de nombreux prix de journalisme, dont un prix Judith-Jasmin en 1983, récompense remise par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Il a également récolté trois Premiers Prix de la Fondation nationale des Prix du magazine canadien.

     

    En 1996, il publiait un recueil de textes d’opinion, intitulé Chroniques de mauvaise humeur, aux Éditions du Boréal. En quatrième de couverture, il disait : « Je me suis appliqué à écrire des choses qui déplaisaient souverainement aux souverainistes — et confédéralement aux fédéralistes —, j’ai découvert que beaucoup de gens ordinaires et normaux pensaient comme moi. »

     

    Plusieurs journalistes lui ont rendu hommage en soirée, mercredi, à la suite de la triste nouvelle, annoncée sur le site du Journal de Montréal. « Le Québec perd une de ses plus belles plumes et moi, un ami de longue date », a écrit le journaliste de La Presse canadienne Pierre Saint-Arnaud sur Twitter. « Lire le billet de Benoît Aubin dans L’actualité, à l’adolescence, m’a inspiré à devenir journaliste », a écrit Marc Cassivi de La Presse sur le même réseau social.

     

    Le directeur du Devoir, Brian Myles, était proche de M. Aubin depuis une vingtaine d’années. « C’est lui qui m’a permis d’écrire au journal en 1994, raconte celui qui était alors simple commis à la rédaction. Je me souviendrai toujours du petit gars de 22 ans que j’étais quand il m’avait dit : “Je ne sais pas ce que tu vaux, mais je sens que t’as quelque chose.” Il aimait prendre des risques. »

     

    Amateur de blues, Benoît Aubin était un travailleur qui aimait le terrain, inspiré par le « nouveau journalisme » prôné par des hommes comme Hunter S. Thompson. « Un chat de ruelle », résume Brian Myles. « Il a été un des premiers et un des rares de son époque à travailler des deux côtés de la frontière linguistique. Il était avant-gardiste de ce point de vue là. »

     

    Benoît Aubin avait bien profité de la vie, brûlant parfois la chandelle par les deux bouts, raconte M. Myles, qui dépeint un homme qui s’est par ailleurs toujours assumé pleinement. Dans sa chronique « Partir en fumée », M. Aubin écrivait d’ailleurs ceci : « Ce que cela dit, en clair, c’est que je n’irai jamais mieux qu’aujourd’hui, et que demain ne pourra être que pire. Qu’il n’y a rien à faire pour y changer quoi que ce soit, qu’à la fin, je vais en mourir, et que l’échéance se présentera plus tôt que tard. » Son dernier deadline est malheureusement tombé, mercredi.













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