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    Ricochet atteint son objectif de financement

    Le média indépendant poursuivi en diffamation par Richard Martineau a récolté 50 000 $

    17 janvier 2017 |Philippe Papineau | Médias
    Richard Martineau demande 250 000 $ à titre de dommages-intérêts compensatoires pour dommages non pécuniaires et moraux, et 100 000 $ à titre de dommages exemplaires.
    Photo: Archives Le Devoir Richard Martineau demande 250 000 $ à titre de dommages-intérêts compensatoires pour dommages non pécuniaires et moraux, et 100 000 $ à titre de dommages exemplaires.

    Poursuivi en diffamation par le chroniqueur au Journal de Montréal Richard Martineau, le média indépendant Ricochet a réussi samedi à atteindre son objectif de sociofinancement de 50 000 $. Pendant ce temps, les procédures judiciaires suivent leur chemin et mèneront les partis à s’interroger mutuellement hors la présence du tribunal.

     

    M. Martineau a déposé une poursuite le 11 novembre dernier contre Ricochet, mais aussi plus directement contre le chroniqueur Marc-André Cyr et l’illustrateur Alexandre Fatta. Au coeur des enjeux se retrouvent deux textes d’opinion, dont le principal s’intitule « Notice nécrologique : Richard Martineau (1961-2016) ». Cyr y simule la mort de Richard Martineau pour écrire une fausse oraison funèbre, dans laquelle il souligne ses travers. Dans la demande introductive d’instance, M. Martineau jugeait que « ces propos et caricatures constituent une incitation à la haine visant directement le demandeur, en plus de constituer une atteinte intentionnelle à sa réputation, son honneur, sa dignité et son intégrité ».

     

    « Il y a un protocole d’instance qui a été déposé, qui prévoit certaines étapes, dont des interrogatoires de tout le monde. Le dossier va être mis en état pour être entendu par la cour, a confirmé lundi au Devoir l’avocat de Richard Martineau, Me François Fontaine, associé principal au cabinet Norton Rose Fulbright. Je vais poser des questions en lien avec les articles qui ont été publiés, ça va de soi. »

     

    Chez Ricochet, la cofondatrice et la responsable de l’information, Gabrielle Brassard-Lecours, confirme que cette étape est prévue à la fin du mois de février. « On a eu une rencontre avec nos avocats la semaine dernière, on se prépare pour cet interrogatoire, mais on est un peu dans le flou en ce moment. Idéalement, on n’irait pas en cour, c’est toujours ce que les avocats souhaitent, et nous aussi parce que c’est long. On n’a aucune idée de ce que M. Martineau souhaite, s’il veut aller jusqu’au bout. On ne sait pas s’il y a moyen de négocier. »

     

    « J’ai intenté une action, et l’action suit son cours », s’est pour sa part contenté de dire Me Fontaine.

     

    50 000 $ en quelques semaines

     

    Le 5 décembre 2016, Ricochet avait lancé une campagne de financement associée à la poursuite en diffamation, avec un objectif de 50 000 $. Montant qui a été atteint, voire dépassé de quelques centaines de dollars dans la journée de samedi.

     

    « On n’avait pas fixé de deadline pour atteindre notre objectif ; on pensait que ça prendrait beaucoup plus de temps que ça, explique Mme Brassard-Lecours. Il y a beaucoup de personnes qui ont donné un peu d’argent. Oui, on a eu des dons de 100 $, mais la grande majorité, c’est des dons de 20 $ ou 25 $. Ça veut dire que plusieurs centaines de personnes ont donné. »

     

    Mme Brassard-Lecours explique que les 50 000 $ représentent plus d’argent que nécessaire si la poursuite se règle à l’amiable, mais seront insuffisants si l’affaire continue selon le processus judiciaire prévu. « Si ça se règle vite, on va investir à l’interne dans des projets de reportage, peut-être faire une série sur l’accessibilité à la justice, par exemple. Pour nous, ce qui est important, c’est d’être transparents avec ce qu’on fait avec l’argent, comme il vient des gens. »

     

    Richard Martineau demande 250 000 $ à titre de dommages-intérêts compensatoires pour dommages non pécuniaires et moraux, et 100 000 $ à titre de dommages exemplaires. Invoquant le secret professionnel, Me Fontaine n’a pas désiré spécifier si ses honoraires étaient payés par M. Martineau directement ou par son employeur. Le chroniqueur n’a pas répondu au courriel du Devoir.













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