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    Ce qui attend «L’actualité» après sa vente

    Alexandre Taillefer fera d’autres acquisitions de médias

    23 décembre 2016 |Stéphane Baillargeon | Médias
    Alexandre Taillefer assure vouloir maintenir la marque «L’actualité».
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexandre Taillefer assure vouloir maintenir la marque «L’actualité».

    L’actualité a trouvé preneur. Et le nouveau propriétaire du magazine québécois, Alexandre Taillefer, déjà propriétaire de Communication Voir, avertit qu’il ne s’arrêtera pas là. D’autres acquisitions médiatiques devraient être annoncées au début de l’année.

     

    Le magazine et son site Internet, propriété de Rogers Communications, passent en fait à Mishmash Média, regroupement d’entreprises des secteurs de la culture, des médias et du divertissement « dont l’objectif est de faire rayonner la créativité québécoise », selon la description officielle. Mishmash appartient au fonds d’investissement XPND Capital, créé par M. Taillefer. Rogers était propriétaire de L’actualité depuis 1994 et souhaitait s’en départir avant la fin de l’année ou fermer.

     

    D’autres prises de contrôle suivront prochainement, avertit Mishmash, qui entend gonfler comme petit consortium médiatique. Il ne semble pas qu’il soit question d’acquérir le magazine Châtelaine, publication soeur de L’actualité, que Rogers a finalement décidé de conserver après l’avoir mis en vente dans un trio qui incluait aussi Loulou, publication pour ados consommatrices. Celle-là a été euthanasiée.

     

    Les médias représentent-ils donc un bon investissement au point de les multiplier ? Alexandre Taillefer et sa bande ont-ils découvert quelque chose que personne ou presque ne voit ?

     

    « Je répondrais de façon indirecte, dit Éric Albert, vice-président des investissements chez XPND Capital. Quand Alexandre a investi dans l’industrie du taxi, tout le monde se demandait pourquoi s’engager dans un secteur quand même compliqué et en décroissance. On voit ce qu’Alexandre est en train de faire avec Téo. C’est une histoire à succès. »

     

    Une machine idéologique ?

     

    Le porte-parole affirme que les négociations avec Rogers n’ont pas du tout été difficiles. Il refuse de dire combien le média a été payé.

     

    « Sans dire qu’on va faire la même chose du côté des médias, des choses peuvent être faites. Souvent, quand des gens sortent d’une industrie, il se crée des opportunités pour d’autres personnes. Nous sommes déjà actionnaires chez Voir. Nous avons appris des choses de ce côté que nous pouvons appliquer ailleurs. Nous ferons donc des annonces dans les prochaines semaines et les prochains mois. »

     

    Alexandre Taillefer est bien connu pour certaines positions de gauche. Il défend par exemple la hausse du salaire minimum à 15 $. Le consortium en formation respectera les particularités éditoriales et idéologiques de chacun de ses médias, assure Éric Albert. « Nous avons dit aux gens de L’actualité qu’il y aurait des lignes éditoriales distinctes pour Voir et pour L’actualité. Notre objectif restera le même quand d’autres médias vont s’ajouter. Il n’y aura pas de positionnement ou d’idéologie à communiquer à travers ce groupe médiatique. »

     

    M. Albert a fait l’annonce aux employés du magazine jeudi matin en compagnie de la rédactrice en chef et éditrice Carole Beaulieu et de représentants de Rogers. Mme Beaulieu quitte ses fonctions pour devenir conseillère stratégique auprès de Mishmash. Le rédacteur en chef adjoint, Charles Grandmont, est promu rédacteur en chef. Par contre, le poste d’éditrice n’est pas pourvu. Il le sera prochainement, dit le vice-président.

     

    « La réception de l’annonce a été très bonne », explique M. Albert. L’impression est confirmée par un employé qui parle d’une « super ambiance » et d’un « discours inspirant ».

     

    La rumeur de la prise de possession par XPND Capital courrait depuis plusieurs semaines. M. Taillefer lui-même en avait parlé la semaine dernière dans le cadre de l’émission Gravel le matin d’ICI RC.

     

    L’investisseur avait promis que les nouvelles seraient bonnes avant la Noël pour les employés. Ils sont un peu plus de 20 et tous conservent leur poste pour l’instant. « On va finaliser ça début janvier, comme on le leur a dit. On s’attend à garder le statu quo pour à peu près la grande majorité de ces gens. »

     

    Moins de numéros ?

     

    Une entente de transition prévoit que Rogers fournira encore certains services pendant trois mois. Ce délai servira à préparer l’intégration du site Web et d’autres mécanismes de production et de diffusion du contenu à l’équipe de Communication Voir.

     

    Alexandre Taillefer a évoqué la réduction de la parution de 20 à 12 numéros par année en entrevue à ICI RDI. Son v.-p. ne confirme rien et se contente de dire que les pros du magazine seront consultés et écoutés.

     

    « C’est une possibilité, comme c’est une possibilité qu’on augmente la publication sur les plateformes numériques, dit M. Albert. Pour nous, c’était inconcevable de voir fermer L’actualité. Par ailleurs, nous pensons qu’il y a possibilité d’aller chercher un rendement sur notre investissement. » 













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