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    Le journal télévisé? Tellement 2013…

    Le numérique détrône la télé comme source principale d’information

    7 avril 2016 |Stéphane Baillargeon | Médias
    La télé traditionnelle détient maintenant 30 % des parts du marché de l’info.
    Photo: Getty Images La télé traditionnelle détient maintenant 30 % des parts du marché de l’info.

    Le point de bascule est maintenant passé. De nouvelles données concernant le Québec révèlent que les médias numériques dépassent pour la première fois la télévision conventionnelle comme source principale d’information. Les journaux sur papier ne sont plus dans le coup depuis longtemps et leur chute se poursuit. La radio maintient ses positions.

     

    Ces constats proviennent de la nouvelle enquête Les Québécois et l’information à l’ère numérique du Centre d’études sur les médias (CEM) de l’Université Laval. Elle est signée par Sébastien Charlton, Michel Lemieux et Daniel Giroux.

     

    Les nouvelles sources consultables sur ordinateur, tablette ou téléphone ont gagné 17 points de parts de marché en deux ans seulement, entre 2013 et 2015. En 2007, elles n’occupaient que 8 % du marché, puis 20 % en 2013 et 37 % maintenant.

     

    Ces parts se rapportent à la consommation quotidienne d’information, tous médias confondus, qui est passée de 84 minutes en 2007 à 101 minutes l’an passé. Près de neuf Québécois sur dix déclarent recourir aux médias numériques de manière régulière pour s’informer.

     

    Ces nouvelles plateformes d’information sont souvent alimentées par les anciens médias. Radio-Canada.ca concurrence (ou accompagne) les différents bulletins télé ou radio d’ICI RC.

     

    « Ici, au Québec, il n’y a pas beaucoup de médias qui ne sont pas alimentés par des sources traditionnelles, RC, TVA ou Le Journal de Montréal par exemple, explique au Devoir Daniel Giroux, secrétaire général du CEM. Il reste le Huffington Post comme pur numérique et quelques tout petits joueurs. Alors qu’aux États-Unis, il y a plusieurs assez grands joueurs nés avec le numérique. »

     

    D’autres constats

     

    Journaux et téléjournaux. Les téléjournaux,autrefois dominants, glissent en seconde place. La télé traditionnelle (qui n’est pas regardée sur le Web) détient maintenant 30 % des parts du marché de l’info. Les journaux subissent le recul le plus important. Le temps quotidien passé à lire un journal sur papier a chuté de 17 à 10 % du temps de consommation quotidienne. Comme La Presse a cessé sa publication des éditions de semaine au profit de La Presse+ sur tablette en janvier, ce déclin du papier devrait s’accentuer.

     

    Nouveaux et vieux médias. LaPresse.ca (à l’époque encore liée au Soleil et au Nouvelliste pour l’enquête) demeure le site le plus fréquenté pour l’information en 2015 avec 27,5 % du temps total passé sur les sites par rapport à 18,1 % pour Radio-Canada.ca et 15,6 % pour les sources numériques combinées de Canoë-LCN-Argent-TVA.

     

    Âges. Les 35 ans et plus passent en moyenne 27 minutes par jour de plus à s’informer que les plus jeunes. La différence est liée à la consommation de médias traditionnels, moins fréquentés par les moins de 35 ans, qui passent par exemple beaucoup moins de temps devant la télé que devant les autres écrans. « L’âge est la variable déterminante pour la consommation des médias numériques, dit Daniel Giroux. La révolution gagne partout. Les gens de 35 à 45 ans s’y mettent de plus en plus. C’est contagieux et ça se propage. »

     

    Innovation. On est jeune une fois, mais on peut être novateurs à plusieurs âges de sa vie. L’enquête désigne les « novateurs » comme « les personnes qui font une bonne place aux médias d’information dans leur consommation d’information, qui possèdent plusieurs appareils numériques et qui sont interactifs dans leur comportement ». Or, les personnes les plus novatrices sont aussi les plus grands consommateurs d’info, tous médias confondus, avec 137 minutes par jour par rapport à 76 pour les conservateurs. Elles consomment aussi plus de médias traditionnels.

     

    Interaction. « De plus en plus de gens plus vieux reçoivent, relayent et commentent de l’info sur leurs réseaux sociaux, dit M. Giroux. À peu près 80 % des Québécois sont membres d’un réseau, quatre sur cinq reçoivent de l’info de cette manière, deux sur cinq la commentent et deux sur cinq la relaient. Cette notion d’interactivité est devenue très importante. »













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