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    Un rapport dénonce le «régime de peur» des radios de Québec

    4 novembre 2015 | Isabelle Porter à Québec | Médias
    La professeure Dominique Payette était candidate pour le Parti québécois aux dernières élections.
    Photo: Clément Allard La professeure Dominique Payette était candidate pour le Parti québécois aux dernières élections.
    Pour consulter le rapport: «L'information à Québec, un enjeu capital»

    Dans le rapport sur l’information à Québec que lui a commandé Pauline Marois, la professeure et ancienne candidate péquiste Dominique Payette soutient que les radios privées qui versent dans l’opinion ont créé un « régime de peur » qui doit être remis en question.

     

    « On est en train d’instaurer un régime de peur dans la région de Québec et c’est dangereux », a déclaré Mme Payette lors d’une entrevue mardi. Son rapport, qui sera rendu public ce mercredi, découle d’une commande de l’ancienne première ministre Pauline Marois lorsqu’elle a quitté le pouvoir.

     

    Le document d’une cinquantaine de pages inclut notamment une analyse du contenu de sept émissions de radio populaires de Québec menée durant la semaine du 2 au 6 février 2015. Il s’agit du Show du matin et de Maurais Live (CHOI-FM), de Bouchard en parle, de Normandeau-Duhaime et de Gilles Parent (FM93), ainsi que de Dupont le matin et de Jeff Fillion le midi (NRJ).

     

    L’analyse décortique le contenu par genre (entrevue, entrevue commentée, commentaire, etc.) et ensuite par parti politique. Il en ressort notamment que lorsque le Parti québécois était évoqué dans des commentaires ou converses, c’était de façon défavorable pendant 125,04minutes sur 126,04. Dans le cas du Parti libéral du Québec, on a recensé 17,15 minutes neutres et 13,20 défavorables alors que la CAQ fait l’objet de 4,58 minutes de commentaires défavorables.

     

    Allégeance au PQ

     

    Lorsqu’on lui demande si le phénomène la dérange parce qu’elle est d’allégeance péquiste, Mme Payette répond qu’elle est moins préoccupée par le traitement réservé au PQ qu’à certains groupes sociaux. « Le problème vient aussi d’une manière de traiter des groupes dans cette population-là. Je ne parle pas du Parti québécois, là, je parle d’organisations communautaires, des syndicats, des fonctionnaires, de Radio-Canada, des féministes, des minorités sexuelles, au fond, de tous ces groupes qui sont la cible de ces radios-là. »

     

    Sur la question de l’intimidation, Mme Payette dit appuyer ses dires sur des entrevues menées avec des « personnes ciblées pendant plusieurs mois », dont elle ne veut pas dévoiler les noms. Les attaques, écrit-elle, se font « avec un langage et des procédés qui ne sont pas acceptables parce qu’ils causent d’importants dommages au climat social et qu’ils briment les droits fondamentaux d’une partie importante de la population ».

     

    Lorsqu’on lui fait remarquer que les stations qu’elle critique embauchent des journalistes professionnels et neutres qui complètent le travail des animateurs, elle rétorque que « le problème, c’est que c’est dans les parties commentées que les prises de position sont faites ».

     

    Son rapport contient différentes recommandations, dont l’idée de rendre obligatoire l’adhésion au Conseil de presse et d’imposer des amendes aux entreprises qui contreviennent aux règles.

     

    Mme Payette, qui était candidate pour le PQ aux dernières élections, avait reçu 24 500 $ pour réaliser cette étude. Les anciens premiers ministres reçoivent une enveloppe de 200 000 $ lorsqu’ils quittent leurs fonctions pour couvrir diverses dépenses, dont le loyer d’un bureau de fonction et le recours à des collaborateurs de recherche.

     

    Vives réactions

     

    Priée de dire si elle comptait accorder des entrevues aux radios concernées, Mme Payette a dit qu’elle ne le savait pas encore. Son rapport sera rendu public et mis en ligne ce mercredi et Pauline Marois doit le commenter en matinée.

     

    Joint par téléphone, le directeur de la programmation du 93,3 FM a préféré ne pas commenter pour l’instant. « Je n’ai pas le rapport, je ne peux pas le commenter. Je ne veux pas me fier à un compte rendu », a répondu Pierre Martineau. Quant aux patrons des deux autres stations de radio concernées, Le Devoir n’a pas réussi à les joindre.

     

    Par contre, plusieurs animateurs ciblés par le rapport ont vivement réagi. À CHOI, Denis Gravel a répété plusieurs fois que Mme Marois et Mme Payette étaient « deux vieilles femmes aigries incapables d’accepter une défaite électorale ». Il a ajouté que la radio de Québec ne faisait plus peur et qu’elle« n’avait plus de dents » en donnant l’exemple des interventions d’André Arthur diffusées avec un « délai où on coupe tout ce qui dérange ». Sur sa page Facebook, Éric Duhaime, du 93,3, a quant à lui dénoncé un « torchon péquiste payé par les contribuables ».













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