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    La dématérialisation de «La Presse» entraîne la suppression de 158 emplois

    La rédaction perd 43 postes, mais demeure la plus grande du Québec

    25 septembre 2015 |Stéphane Baillargeon | Médias
    Dans la salle de rédaction de «La Presse», les compressions touchent les jeunes en particulier, les mises à pied se faisant par ancienneté.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dans la salle de rédaction de «La Presse», les compressions touchent les jeunes en particulier, les mises à pied se faisant par ancienneté.

    Près de 160 postes disparaîtront de La Presse le 1er janvier, en même temps que cinq des six éditions papier du journal. Le média fondé au XIXe siècle mise pour son avenir sur une dématérialisation complète concentrée dans la version pour tablette La Presse+.

     

    La réduction de personnel annoncée jeudi touchera 102 emplois à temps plein (dont certains postes de cadres) et 56 temporaires. La salle de rédaction est également touchée, avec la suppression de 43 postes, dont dix permanents.

     

    Par contre, la salle conserve encore 283 employés, soit 44 de plus qu’en 2011, souligne la direction, une progression exceptionnelle à l’échelle continentale.

     

    L’intersyndicale de La Presse réplique que la fin du papier ne justifie pas toutes les mises à pied.

     

    « La décision de la direction est d’autant plus étonnante que, depuis deux ans, la majorité des effectifs de La Presse est affectée à La Presse+, écrit dans un communiqué l’intersyndicale, qui représente environ 600 membres de cinq organisations. […] Les compressions annoncées ne tiennent pas compte de la réalité dans les différents services de l’entreprise, surtout que la direction a aussi annoncé vouloir conserver l’édition papier du samedi. »

     

    Le grand patron demande d’élargir la perspective pour comprendre ce qui se passe. « On n’a jamais dit qu’on se limitait à la fin du papier pour [expliquer] les mises à pied, dit M. Crevier en entrevue au Devoir. Nous avons expliqué aux gens que trois phénomènes nous touchent, trois facteurs qui touchent aussi Le Devoir. »

     

    Ce trio perturbateur concerne la crise des médias (« tout le monde souffre, les journaux imprimés, les magazines, la télévision même », dit M. Crevier), la fin du papier comme telle (« Une centaine de postes sont liés à la fin des éditions en semaine », précise l’éditeur) et la dématérialisation.

     

    « Il faut adapter nos structures aux réalités nouvelles, dit encore Guy Crevier. La Presse de 2011 était essentiellement organisée autour du papier. La Presse d’aujourd’hui est hybride, à la fois papier et numérique. La Presse+ du 1er janvier sera essentiellement numérique. »

     

    Le Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP), qui représente les journalistes, conteste en particulier la légalité de l’élimination de dix postes permanents d’auxiliaires. Ces mises à pied ne respecteraient pas la convention obligeant à cesser les collaborations extérieures avant de sabrer les permanences.

     

    La restructuration a été annoncée jeudi matin par le président éditeur Guy Crevier. Les personnes touchées ont ensuite été rencontrées et avisées en petits groupes et individuellement.

     

    Le jeudi noir a été vécu péniblement par les personnes touchées. Les 35 distributeurs connaissaient leur sort depuis trois ans. Dans la salle, l’hécatombe touche les jeunes en particulier, les mises à pied se faisant par ancienneté. Elle frappe aussi des forces vives qui ont contribué à mettre le projet iPad sur pied, celui-là même qui leur coûte maintenant leurs postes.

     

    Le président répète qu’il se désole pour les partants tout en soulignant les aspects positifs de la mutation en chemin. « Le modèle de La Presse+ est viable et il comporte beaucoup moins de précarité, dit-il. […] Notre salle de nouvelles est la plus grande au Québec et c’est probablement la seule salle en Amérique du Nord, sauf le Toronto Star, qui vient d’adopter notre modèle, qui va avoir connu une croissance d’effectif. Est-ce que ça rend la journée plus heureuse ? Pas du tout. Est-ce une journée triste, oui, absolument. »

     

    En 2011, La Presse comptait 637 employés réguliers. Au 1er janvier, elle en aura 633. « Il y a un écart de 4 emplois, souligne Guy Crevier. La moyenne de réduction des effectifs dans les journaux en Amérique du Nord a été de 40 %. »

     

    La salle de nouvelles est encore plus épargnée selon la lecture du grand patron, puisqu’elle comptait 239 employés en 2011 et qu’ils seront 283 au début de la nouvelle année. En plus, souligne le dirigeant, ce sont des emplois stabilisés dans le numérique, alors que les postes liés aux médias traditionnels sont de plus en plus menacés.













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