Médias - Inquiétudes sur la colline parlementaire fédérale
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) projette de créer une banque de données sur les journalistes parlementaires à Ottawa, une initiative qui inquiète les journalistes en poste sur la colline parlementaire.
Le corps policier voudrait ainsi faciliter le travail de tout le monde au lieu de demander chaque fois aux journalistes qui doivent accompagner le premier ministre en tournée de remplir un formulaire d'identification. La GRC conserverait pendant un an les renseignements personnels des journalistes qui le souhaiteraient afin d'éviter qu'ils aient à les soumettre à chaque nouveau déplacement du premier ministre.
Le chef de la Tribune de la presse à Ottawa, Terry Guillon, a confirmé au Devoir que la GRC lui a offert de discuter de ce nouveau système, mais aucune proposition formelle n'a encore été envoyée à la Tribune de la presse.
Cette banque de données pourrait contenir plusieurs renseignements personnels comme l'adresse, la date de naissance ou le numéro de passeport des journalistes. Plusieurs s'interrogent sur l'utilisation qui pourrait être faite d'une telle banque à l'avenir. «L'histoire, même récente, est parsemée de cas où il y a eu des abus d'utilisation d'information et aussi de cas où l'information a carrément été volée», affirme Hélène Buzzetti, journaliste au Devoir et aussi présidente du conseil d'administration de la Tribune de la presse.
On se demande également si le corps policier ne serait pas tenté, par un tel moyen, de restreindre l'accès des journalistes au Parlement en imposant par exemple une enquête de sécurité plus stricte.
À l'heure actuelle, la Tribune de la presse évalue elle-même quels journalistes sont accrédités, et il arrive d'ailleurs qu'elle refuse les candidatures douteuses. Hélène Buzzetti craint que la procédure proposée par la GRC ne fasse en sorte que ce soient les policiers qui finissent par décider qui est journaliste et qui ne l'est pas.
Au bureau du premier ministre Jean Chrétien, on se défend bien d'avoir de mauvaises intentions. On a fait valoir au Devoir que chaque fois que les journalistes doivent se déplacer à l'étranger avec le premier ministre, il leur faut remplir un formulaire d'accréditation pour la GRC et un autre formulaire pour le bureau du premier ministre, documents où on exige déjà plusieurs renseignements personnels. Certains journalistes se seraient plaints d'être obligés de remplir les formulaires à chaque déplacement puisque ces formulaires sont toujours détruits par la suite. L'idée serait donc de les conserver pour faciliter le travail de tout le monde.
Mais à la Tribune de la presse, on craint qu'une banque permanente puisse être étendue à d'autres activités journalistiques que les voyages du premier ministre à l'étranger.
Tout en attendant d'en savoir davantage, la présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Anne-Marie Dussault, a indiqué hier au Devoir qu'«il ne serait sûrement pas acceptable qu'une autorité policière décide qui est journaliste ou non. Et il faudrait s'assurer qu'un tel projet ne contienne aucune mesure qui entrave le travail journalistique».
Le corps policier voudrait ainsi faciliter le travail de tout le monde au lieu de demander chaque fois aux journalistes qui doivent accompagner le premier ministre en tournée de remplir un formulaire d'identification. La GRC conserverait pendant un an les renseignements personnels des journalistes qui le souhaiteraient afin d'éviter qu'ils aient à les soumettre à chaque nouveau déplacement du premier ministre.
Le chef de la Tribune de la presse à Ottawa, Terry Guillon, a confirmé au Devoir que la GRC lui a offert de discuter de ce nouveau système, mais aucune proposition formelle n'a encore été envoyée à la Tribune de la presse.
Cette banque de données pourrait contenir plusieurs renseignements personnels comme l'adresse, la date de naissance ou le numéro de passeport des journalistes. Plusieurs s'interrogent sur l'utilisation qui pourrait être faite d'une telle banque à l'avenir. «L'histoire, même récente, est parsemée de cas où il y a eu des abus d'utilisation d'information et aussi de cas où l'information a carrément été volée», affirme Hélène Buzzetti, journaliste au Devoir et aussi présidente du conseil d'administration de la Tribune de la presse.
On se demande également si le corps policier ne serait pas tenté, par un tel moyen, de restreindre l'accès des journalistes au Parlement en imposant par exemple une enquête de sécurité plus stricte.
À l'heure actuelle, la Tribune de la presse évalue elle-même quels journalistes sont accrédités, et il arrive d'ailleurs qu'elle refuse les candidatures douteuses. Hélène Buzzetti craint que la procédure proposée par la GRC ne fasse en sorte que ce soient les policiers qui finissent par décider qui est journaliste et qui ne l'est pas.
Au bureau du premier ministre Jean Chrétien, on se défend bien d'avoir de mauvaises intentions. On a fait valoir au Devoir que chaque fois que les journalistes doivent se déplacer à l'étranger avec le premier ministre, il leur faut remplir un formulaire d'accréditation pour la GRC et un autre formulaire pour le bureau du premier ministre, documents où on exige déjà plusieurs renseignements personnels. Certains journalistes se seraient plaints d'être obligés de remplir les formulaires à chaque déplacement puisque ces formulaires sont toujours détruits par la suite. L'idée serait donc de les conserver pour faciliter le travail de tout le monde.
Mais à la Tribune de la presse, on craint qu'une banque permanente puisse être étendue à d'autres activités journalistiques que les voyages du premier ministre à l'étranger.
Tout en attendant d'en savoir davantage, la présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Anne-Marie Dussault, a indiqué hier au Devoir qu'«il ne serait sûrement pas acceptable qu'une autorité policière décide qui est journaliste ou non. Et il faudrait s'assurer qu'un tel projet ne contienne aucune mesure qui entrave le travail journalistique».
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