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    Jacques Languirand rend son micro

    30 janvier 2014 |François Lévesque | Médias
    Jacques Languirand part en laissant derrière lui bien plus que le souvenir de son légendaire rire fleuve.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Languirand part en laissant derrière lui bien plus que le souvenir de son légendaire rire fleuve.
    L’émission de samedi de Par 4 chemins sera la dernière. À la barre de celle-ci depuis 43 ans, Jacques Languirand a annoncé son retrait de la vie publique. « Je retourne dans mes terres profondes, dans le labyrinthe de ma mémoire », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Dans la confidence depuis un moment, amis et proches collaborateurs parlent d’un repos bien mérité.

    « Il y a deux facettes à cette décision, estime à cet égard le cinéaste Martin Villeneuve, qui a fait de Jacques Languirand l’une de ses muses pour le projet multidisciplinaire Mars et Avril, photoroman devenu film. D’un côté, je me désole pour la scène culturelle, qui perd une de ses voix les plus pertinentes, mais de l’autre, je me réjouis que Jacques prenne du temps pour lui. »

    La radio, Jacques Languirand la fréquente depuis 1949. Il a aussi fait de la télévision, dès les années 1950. Il fut longtemps homme de théâtre, avec sa propre compagnie, puis son propre établissement. Au Théâtre du Nouveau Monde, il occupa le poste de secrétaire général, en 1964. Il a été professeur à l’École nationale de théâtre et a enseigné la communication à l’Université McGill. Il fut au nombre des concepteurs d’Expo 67. Riche parcours au sein duquel l’émission Par 4 chemins, en ondes à ICI Radio-Canada Première depuis 1971, occupe une place à part. 

    En mode noctambule et la plupart du temps seul, Jacques Languirand s’est plu à y explorer l’infiniment petit et l’infiniment grand, aucun sujet ne semblant trop insignifiant ou ambitieux à ses yeux.

    « Les gens ne le soupçonnent pas, mais Jacques est un workaholic, révèle la collègue Josée Blanchette, amie de l’homme qu’elle a souvent mis en scène dans ses chroniques Zeitgeist. Il consacrait beaucoup de temps à la préparation de son émission. Ça semblait aller de soi, mais Jacques faisait énormément de recherche. »

    Pigiste, passeur…

    Souvent invité aux Repères de Languirand (reperes.tv), le cinéaste Mathieu Roy (L’autre maison) voit en son hôte un « formidable passeur ». « Jacques est un homme profondément amoureux de la culture, de la science, des “ Lumières ”, de la radio, mais surtout de la transmission de la connaissance […] Un homme de la génération de mon père [le journaliste Michel Roy], une génération d’intellectuels et d’artistes qui a grandi dans la noirceur de l’après-guerre et du régime de Duplessis et qui a contribué à illuminer le Québec des années 1960 jusqu’à nos jours. »

    Même son de cloche à Radio-Canada, qui a brièvement suspendu son animateur en 2011 dans la foulée d’un rare couac, vite oublié du reste, et qui salue à présent un « pédagogue ». « M. Languirand a su, toutes ces années, captiver les auditeurs en leur offrant tantôt une escapade dans l’imaginaire, tantôt une exploration en profondeur de l’esprit qui nous anime », a souligné Patricia Pleszczynska, directrice générale des services régionaux à ICI Radio-Canada Première.

    Grand touche-à-tout devant l’Éternel, Jacques Languirand part en laissant derrière lui bien plus que le souvenir de son légendaire rire fleuve. « Ce que je garde de lui, c’est sa capacité à prendre des risques. Il a été pigiste toute sa vie. J’ai fait plein de folies avec lui. Il était toujours game ! Il a parlé d’écologie avant que ce soit à la mode. Ça fait 35 ans qu’il est végétarien. Il a toujours été en avance », conclut Josée Blanchette. D’où la nécessité de souffler un peu.
    Jacques Languirand part en laissant derrière lui bien plus que le souvenir de son légendaire rire fleuve. <em>«Je retourne dans mes terres profondes, dans le labyrinthe de ma mémoire»</em>, a écrit Jacques Languirand sur sa page Facebook.
     
     
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