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Compressions budgétaires de sept millions à Radio-Canada

Paul Cauchon   26 septembre 2003  Médias
La télévision française de Radio-Canada doit faire face à un «redressement budgétaire» de sept millions de dollars, ce qui entraînera le gel des dépenses, l'arrêt des embauches et la mise à pied de certains employés.

Les représentants des différents syndicats de Radio-Canada ont appris la nouvelle hier lors d'une rencontre avec le vice-président à la télévision française, rencontre qui laisse encore bien des questions en suspens.

Les sociétés publiques doivent actuellement contribuer à un exercice de redressement budgétaire de un milliard de dollars exigé par le gouvernement Chrétien. La part de Radio-Canada-CBC est fixée à dix millions, dont trois millions pour la télévision française. On ne connaît pas encore les détails pour le reste de cette somme.

Mais on a pu apprendre hier qu'à la télévision française, en plus de ces trois millions s'ajoute une autre somme de quatre millions liée à divers éléments: augmentation des coûts fixes et de la main-d'oeuvre, qui n'est pas comblée par le gouvernement; manque à gagner dans le financement des émissions (à cause de la crise au Fonds de télévision); dépenses spéciales lors de la couverture de la guerre en Irak et de la campagne électorale provinciale, qui ne font pas l'objet d'un budget spécial, contrairement à l'habitude.

Pour compliquer le tout, Radio-Canada s'était accordé un congé de cotisation patronale au régime de retraite des employés depuis trois ou quatre ans, mais l'entreprise doit reprendre sa cotisation en janvier, une histoire d'au moins 40 millions pour l'ensemble de la boîte.

Conclusion: il n'y a plus de réserves, et une vingtaine de postes seront supprimés au secteur de la télévision française, dont 15 en information, semble-t-il. De ce nombre, on compterait six postes temporaires et cinq postes vacants non pourvus.

Le Syndicat des communications de Radio-Canada exige une enquête publique sur les finances de Radio-Canada, accusant la direction actuelle de ne pas savoir gérer.

Le président du syndicat, Daniel Raunet, a d'ailleurs servi une charge à fond de train hier contre la direction de Radio-Canada, accusant particulièrement «Marc Gilbert, le directeur des nouvelles, et son entourage d'avoir mené une campagne de rumeurs» depuis dix jours, faisant valoir qu'avec les problèmes que connaît actuellement Le Téléjournal, «dans le secteur privé, ces gens-là ne survivraient pas».

Les syndicats doivent rencontrer la direction ce matin à l'occasion de discussions qui s'annoncent houleuses...






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