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    Pour ou contre l’impérialisme culturel anglo-américain?

    Devant ce phénomène, nos médias sont honteusement serviles et lâchement complaisants, et nos journalistes répètent comme des perroquets la même infopub

    30 janvier 2013 |Michel Brûlé - Éditeur | Médias
    En 2008, Québec a fait de Paul McCartney le clou des festivités entourant le 400e anniversaire de sa fondation.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir En 2008, Québec a fait de Paul McCartney le clou des festivités entourant le 400e anniversaire de sa fondation.
    Nous autres, les Québécois, on est-y pour ou contre l’impérialisme et l’hégémonie culturels anglo-américains ? On est pour à cent milles à l’heure ! On se prosterne et on se traîne à genoux jusqu’à ce qu’ils soient écorchés et on chante en choeur : « J’aime ça ! » « Peuple à genoux… », comme dit la chanson. L’américanisation a pris la place du catholicisme. La messe télévisuelle et cybernétique a remplacé la messe du dimanche.

    Devant l’impérialisme et l’hégémonie culturels anglo-américains, nos médias sont honteusement serviles et lâchement complaisants, et nos journalistes répètent comme des perroquets la même infopub. Au mieux, certains critiques émettront des réserves quant à la qualité d’écriture des 50 nuances de Grey, par exemple. Sinon, c’est l’éloge mur à mur, de sorte que c’est au Québec que les best-sellers internationaux se vendent le plus au monde. Aujourd’hui, c’est le livre de E. L. James ; hier, c’était le Da Vinci Code de Dan Brown. Sans le moindre scrupule, nos journalistes ont colporté que Helen Fielding, l’auteure de Bridget Jones, avait inventé la littérature populaire féminine et que J. K. Rowlings en avait fait de même avec la littérature fantastique. Comme si Colette et Jules Verne n’avaient jamais existé ! La palme toutes catégories de la bassesse admirative revient sans contredit à ces journalistes culturels n’ayant raté aucun prétexte pour se fendre de centaines d’articles sur les différents tomes de Harry Potter.

     

    Ajouter l’injure à l’insulte


    Pendant que nos médias font dans l’à-plat-ventrisme, nos maisons d’édition, nos librairies et nos distributeurs ferment. Pour ajouter l’injure à l’insulte, Philippe Sauvageau clame qu’il ne connaît pas d’écrivain québécois qui soit digne de la présidence d’honneur du Salon du livre de Québec, dont il est le p.-d.g. On a réclamé sa démission, mais en vain. Cette année, le p.-d.g. a déroulé le tapis rouge pour inviter Marc Lévy, qu’on décrit comme étant le plus américain des écrivains français. Devant ce mépris, certains éditeurs songent à boycotter le Salon du livre de Québec.


    Sauvageau n’est pas le premier à Québec à cracher sur la culture québécoise. Dominique Goulet, ancienne directrice de la programmation du Festival d’été, s’est retrouvée au milieu d’une tempête médiatique à cause de propos méprisants à l’égard des artistes québécois incapables de « remplir les plaines ». Six mois plus tard, au début de 2011, Daniel Gélinas l’a sacrifiée en la congédiant. Ce geste était de la poudre aux yeux et n’a servi qu’à lui sauver la face, parce que le Festival d’été de Québec n’en a que pour les artistes anglo-américains. Oups ! Je viens de commettre un crime de lèse-majesté en attaquant Daniel Gélinas, celui qui a sauvé les fêtes du 400e anniversaire de la fondation de Québec… en faisant de Paul McCartney le clou des festivités. Pierre Curzi, ancien président de l’UDA et député du PQ, s’est presque fait excommunier pour avoir critiqué ce choix. Sir Paul, représentant de l’Angleterre - qui est responsable du génocide de 40 millions d’Amérindiens, de la déportation des Acadiens et de l’assimilation des Canadiens français à coup de « Speak White » -, a fait danser pendant quelques heures un peuple amnésique. Comme dirait Aimé Césaire, « un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ».


    Entre Noël et le Jour de l’An, le Journal de Québec a demandé à Marie-Mai de dresser sa liste de coups de coeur artistiques de l’année. Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’il n’y avait aucun Québécois dans sa liste. Si la starlette gagne bien sa vie, la plupart des artistes de chez nous sont dans la dèche. Pourquoi ne pas leur avoir donné un coup de pouce ? Au Québec, on met sur un piédestal les artistes étrangers multimillionnaires et milliardaires, mais on déteste à mort celui des nôtres qui est millionnaire.


    Bien sûr, ce n’est pas à cause de Marie-Mai si le monde de la musique se porte aussi mal. Vous direz que c’est à cause du piratage et vous avez raison. Dans un pays comme les États-Unis, où la justice est assez impitoyable, on aurait pu agir contre piratage, mais on ne l’a pas fait. Pourquoi ? Des spécialistes ont dû dire au gouvernement Clinton que le piratage allait nuire considérablement aux petits artistes et qu’il allait servir les plus grandes stars. Le piratage a finalement renforcé l’impérialisme et l’hégémonie culturels anglo-américains et affaibli les cultures du monde entier. Et au Québec, on applaudit !

     
     
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