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    Médias - Maudit Bye Bye

    31 décembre 2012 |Stéphane Baillargeon | Médias
    Le premier Bye Bye est apparu à Radio-Canada à la Saint-Sylvestre de 1968. Le site de l’Université de Sherbrooke Bilan du siècle rappelle que cette première « percutante revue satirique » parodiait des apparitions de la Vierge à Saint-Bruno, la guerre du Vietnam, l’entrée en fonction du premier ministre Pierre Elliott Trudeau et « de nombreuses personnalités du monde du spectacle ».

    La revue présentée avant minuit constitue depuis une tradition de la société d’État et de la société québécoise. Même les plus mauvaises moutures agglutinent les fidèles au poste par millions. Les concurrents, dont la réputée très féroce TVA, renoncent à la bataille. Le plus souvent, ils se contentent de diffuser un vieux film.


    Le célébrissime couple formé par Véronique Cloutier et Louis Morissette se retrouve encore aux commandes de la chambre à gags. Leur sulfureuse production de 2008 a suscité 240 plaintes auprès du Conseil des normes de la radiotélévision (CCNR). Un des sketchs semblait caricaturer l’animateur Denis Lévesque en raciste. Dans un autre, Mme Cloutier incarnait la chanteuse Nathalie Simard, victime d’agressions sexuelles répétées de son père, l’impresario Guy Cloutier. Que de la grande classe et du bon goût, quoi.


    Il y a plein d’autres choix, loin des écrans, pour dire adieu à l’année. Au lieu de passer la soirée scotché à la télé, comme trois heures par jour le reste de l’année, il est possible de souper au restaurant, de recevoir des amis, d’aller en «boîte» ou juste de se coucher tranquille après avoir reclassé ses pots d’épices par ordre alphabétique.


    Mais bon, pour les indéfectibles qui subiront encore une fois cette émission spéciale très attendue, voici d’avance cinq raisons de ne pas regarder le maudit Bye Bye.

     

    La surabondance de bilans Les médias souffrent déjà de récapitulite aiguë. Ils gavent l’ami lecteur-téléspectateur d’inventaires dans tous les domaines, de la bédé aux expos, des gaffes aux vidéos, si possible sous la forme de listes des pires ceci ou des meilleurs cela. Le Devoir suit le troupeau. Je le sais, j’en écris, des bilans. Mais bon, quand le Bye Bye arrive, il ne fait que peindre du gris rigolo sur du gris morose.


    Le trop-plein de télé référentielle De sa naissance à maintenant, l’émission-synthèse témoigne du développement jusqu’à la domination totale et impériale de la culture télévisuelle. La grande majorité des sketchs des dernières années traitent tous les sujets, politiques, militaires, économiques ou artistiques, en les amalgamant à une émission de télé, une publicité, une vidéo. Le groupe RBO, qui a occupé la case du bilan de fin d’année pendant quelque temps, a fait sa marque de la surutilisation des productions du petit écran, comme l’a montré la série RBO 3.0 diffusée cette année pour juxtaposer les pubs, les émissions et les parodies décapantes.


    La vedettarisation à outrance La télé québécoise se regarde trop elle-même et souvent elle propose le spectacle encore plus irréel de vedettes qui se contemplent en train de se regarder. Tout le monde en parle ne fait que ça, ou presque. Le Bye Bye exploite cette veine en misant sur une paire privilégiée qui distribue ses coups de gueule ou de langue sur la colonie artistique. Pour justifier l’abominable sketch sur Nathalie Simard, Véronique Cloutier avait expliqué qu’elle souhaitait traiter de la surexposition médiatique de la chanteuse. Une mégastar omniprésente qui juge le poids média d’une has been. Tout est là, malheureusement.

     

    L’abus d’autodérision Il s’agit d’une variante du cas précédent. Tout bon Bye Bye réussit maintenant à intégrer des apparitions en clin d’oeil, des « caméos » de personnalités qui s’humanisent et se montrent « cool », comme le veut l’époque. La publicité de la production de cette année usait déjà du processus éculé avec la première ministre Marois venue narguer Louis Morissette qui avait écrit pour le Bye Bye 2011 une saynète réclamant de « flusher » Pauline.

     

    L’excès de québécocentrisme Aux audiences publiques sur le renouvellement de sa licence par le Conseil de radiodiffusion et de télécommunications canadiennes, Radio-Canada s’est fait reprocher de trop se concentrer sur Montréal et le Québec au détriment des régions, du reste du Canada, du monde entier. Le Bye Bye expose habituellement ce défaut nombriliste jusqu’à la caricature.
     

    L’histoire hoquette. En gros, on rejouera la même pièce ce soir sur fond d‘agitation sociale printanière, de corruption et de gouvernement minoritaire avec « de nombreuses personnalités du monde du spectacle ».
     

    À l’an prochain pour la critique…

     
     
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