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    Portrait de groupe avec médiacrates

    Qui sont les cumulards de l’info au Québec?

    19 novembre 2012 | Stéphane Baillargeon | Médias
    L’analyse du temps d’antenne et de la production écrite de 34 chroniqueurs dans les médias du Québec a été réalisée entre le 1er février et le 30 avril 2012, soit en plein conflit étudiant.
    Photo : François Pesant Le Devoir L’analyse du temps d’antenne et de la production écrite de 34 chroniqueurs dans les médias du Québec a été réalisée entre le 1er février et le 30 avril 2012, soit en plein conflit étudiant.
    Pour lire le rapport complet d'Influence Communication
    Les rois de la combine médiatique jouissent du don d’ubiquité. Ils animent ou expertisent à la télé comme à la radio. Ils écrivent en plus des chroniques ou des blogues. Ils gazouillent, beaucoup, énormément, à la folie.

    Quel est le plus puissant leader de cette monocratie du commentaire ? Jean Lapierre ? Patrick Lagacé ? Richard Martineau ou Réjean Tremblay ? Josée Legault ou Gilbert Lavoie ?


    Tous ces cumulards de l’information font très bonne figure au palmarès des médiacrates préparé pour Le Devoir par la firme de courtage Influence Communication.


    Pourtant, le titre de champion des champions québécois francophones revient à Claude Poirier. Le bon vieux spécialiste des affaires policières pulvérise en effet toute concurrence.


    Que l’on en juge. Même s’il ne publie rien, le vétéran des ondes s’avère le plus prolifique de toutes les catégories de médias combinées (écrit, radio et télé) en raison de ses nombreuses apparitions quotidiennes au 98,5 FM, à LCN et TVA.


    En moyenne, l’individu-micro dont la carrière remonte au début des années 1960 tient maintenant l’antenne pendant 7 h 40 par semaine en moyenne. On répète : 7 h 40. Transcrit, tel quel et sans corrections, ce flot diluvien correspondrait à 92 000 mots hebdomadaires.


    « Ces 92 000 mots de Claude Poirier équivalent à 368 feuillets de 250 mots, note Patrick Déry, de la firme Influence Communication. C’est à peu près le même nombre de pages que pour un livre de format poche. Et notre calcul n’inclut même pas les rediffusions… »


    Sur une année, M. Poirier remplirait une étagère de bibliothèque. Les places suivantes du haut du palmarès, toujours en combinant les mots dits et écrits, sont occupées dans l’ordre par Mario Dumont (74 600 mots), Richard Martineau (69 100), Gérald Filion (51 100) et Jean Lapierre (44 400). La moyenne oscille autour de 33 000 mots/semaine, l’équivalent de 132 feuillets. Le présent article totalise environ 1000 mots.


    Ces observations se retrouvent dans l’enquête Les médiacrates, préparée à la demande du Devoir. L’analyse du temps d’antenne et de la production écrite de 34 chroniqueurs dans les médias du Québec a été réalisée entre le 1er février et le 30 avril 2012, soit en plein conflit étudiant.


    « Les résultats font comprendre la place croissante du commentaire dans nos médias et, en même temps, ils forcent à se demander quand ces gens prennent le temps de réfléchir », explique Jean-François Dumas, président fondateur d’Influence Communication, lui-même une sorte de médiacrate chouchou des médias qu’il épie. « Les commentateurs se promènent d’une plateforme à l’autre et ils répètent les mêmes opinions souvent sur les mêmes sujets. En tout cas, il ne faut pas s’étonner que certains commentaires minute goûtent l’eau. Quand on a des opinions sur tout et sur rien à tout moment, forcément, on finit par être moins transcendant, disons-le comme ça. »


    Les faits saillants


    La liste initiale des rois de la combine médiatique a été proposée par Le Devoir puis revue par Influence. La sélection traverse les médias de Québecor, les journaux de Gesca, les plateformes de Radio-Canada et la radio parlée du 98,5 FM de Montréal. Les médias spécialisés en sport ne sont pas considérés.


    « Grosso modo, ce qui regroupe les médiacrates, c’est le fait de travailler pour plus d’un média, explique Caroline Roy, analyste de la firme Influence. Ils sont médiatisés régulièrement comme chroniqueurs ou analystes. Ils cumulent plus de deux interventions en moyenne par semaine. Il y a un penchant montréalais, avec des exceptions de Québec, comme Gilbert Lavoie et Jean-Jacques Samson. »


    La méthode originale mise au point par la firme Influence (voir le document de la firme sur ledevoir. com) permet de convertir le temps d’antenne en nombre de mots pour faciliter la comparaison des textes et des chroniques radiophoniques par exemple.


    Voici d’autres faits saillants de l’enquête :


    Martineau en haut. Richard Martineau, du Journal de Montréal (10 686 mots écrits par semaine), est le champion de l’écrit, suivi par François Gagnon de La Presse, Gilbert Lavoie du Soleil, Réjean Tremblay du Journal de Montréal et Jean-Jacques Samson du Journal de Québec. Le seul journaliste du Devoir dans le lot, Antoine Robitaille, arrive en 12e position. En moyenne, les 15 premiers rédacteurs rédigent 5100 mots de commentaires par semaine.


    Gagnon gazouille. Sur Twitter, la palme de la suractivité revient à François Gagnon avec 353 gazouillis par semaine, soit une cinquantaine par jour, week-end compris. La suivante, Josée Legault (Voir et RC) en produit la moitié moins (163) et Dominic Arpin (98,5), Monsieur Multiplateforme lui-même, arrive en troisième place avec encore la moitié moins de tweets (63).


    Les hommes l’emportent. Le quart des vedettes choisies sont des femmes, soit 8 sur 34 (Chantal Hébert, Emmanuelle Latraverse, Josée Boileau, Josée Legault, Liza Frulla, Sophie Cousineau, Sophie Durocher et Marie-France Bazzo). À l’écrit, Sophie Durocher (Le Journal de Montréal, QMI) est la première à se positionner, en 8e place, suivie par Sophie Cousineau de La Presse (9e) et Josée Legault de Voir (14e). En ondes, Mme Bazzo arrive en 7e place, avec Mme Latraverse (11e), Liza Frulla (12e) et Sophie Durocher (14e). « Dans les médias, il y a énormément de femmes, mais le commentaire demeure surtout masculin, résume Caroline Roy. Il n’y a d’ailleurs aucune femme dans les différents top 5, à l’écrit, à l’antenne ou combiné. »


    Les carrés verts mènent. « Les commentateurs commentent sur tout. Pendant cette période, ils commentaient l’actualité du conflit étudiant, dit M. Dumas. Des trente-quatre choisis, Patrick Lagacé et Mme Bazzo semblent les deux seuls sympathisants des valeurs plus rattachées aux carrés rouges. En tout cas, cette option n’a pas dominé dans la classe des commentateurs-vedettes, qu’il ne faut évidemment pas confondre avec tous les médias. »


    Radio-Gesca n’existe pas. « Le modèle de convergence le plus efficace, c’est celui de Québecor, observe Mme Roy. Les commentateurs se promènent d’une plateforme à l’autre. L’alliance supposée entre RC et La Presse ne ressort pas de l’enquête. Si le chroniqueur Patrick Lagacé se positionne 8e dans le combiné temps d’antenne et mots publiés, c’est en raison de sa présence au 98,5 et à Télé-Québec. »

     
     
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