Facebook censure le New Yorker, puis se ravise
La présence sur une page d’une caricature de Mick Stevens montrant Adam, mais surtout Ève avec ses seins nus est jugée comme une transgression, selon Facebook.
Puritanisme et erreur de jugement. Facebook vient de s’excuser auprès du New Yorker pour avoir bloqué pendant plus de 24 heures l’accès au compte du magazine sur son réseau. La raison ? La présence sur une page d’une caricature de Mick Stevens montrant Adam, mais surtout Ève avec ses seins nus et jugée comme une transgression, selon Facebook, de l’interdiction de diffusion d’images à caractère sexuel. Le New Yorker a crié à la censure forçant le réseau social, qui alimente une énième fois un cas de censure de l’art pour des raisons de nudité, à revenir à la raison.
L’affaire porte déjà un nom aux États-Unis : « nipplegate ». Elle a commencé lundi après la diffusion sur le compte Facebook du magazine de la caricature de Stevens représentant un couple nu sous un pommier. Sa censure immédiate par les gardiens de la morale du réseau a soulevé l’ire de l’artiste qui, sur le blogue de l’hebdomadaire, a alors répliqué avec une mise à jour de son dessin montrant cette fois Adam et Ève habillés des pieds à la tête et accompagné d’une critique des règles trop puritaines de Facebook.
Mardi, la multinationale de la socialisation en format numérique a fait machine arrière en redonnant accès au New Yorker à son compte et en s’excusant auprès du magazine pour l’« erreur » commise par son équipe de modérateurs. « Cette équipe doit surveiller des centaines de milliers de journalistes chaque semaine, et comme on peut s’en douter, de temps en temps, il est possible de faire des erreurs en bloquant des éléments qui ne devraient pas l’être », a indiqué une porte-parole de l’entreprise dans les pages numériques du magazine californien The Wrap.
L’« affaire du mamelon » vient allonger une liste déjà longue de cas de censure induits sur Facebook qui, en vertu de ses règles d’utilisation, veut limiter la circulation de contenus litigieux. Les images ou dessins montrant de manière directe ou indirecte nudité et sexualité en font partie, y compris lorsqu’ils puisent dans la sphère artistique. Un internaute français en a fait les frais récemment après avoir reproduit sur sa page le tableau de Gustave Courbet, L’origine du monde, qui depuis 1886 expose en gros plan un sexe féminin. Plus récemment, une abonnée de Colombie-Britannique a connu le même traitement que le New Yorker pour avoir diffusé des photos d’elle allaitant son nouveau-né. Un sein y était présent, mais Facebook ne saurait le voir.








