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Tout ce que nous avons à perdre

10 septembre 2012 | Collectif d’artistes | Médias
Nous aimons la langue française du fond de nos tripes. Elle nous définit comme peuple et elle est au coeur de notre identité.

Parce que nous sommes seulement 2 % à la parler en Amérique du Nord, et que nous vivons au milieu d’une mer anglophone, nous estimons qu’il est vital de protéger notre culture comme la prunelle de nos yeux.


Une façon de la protéger serait de maintenir au Québec la propriété des moyens de diffusion de notre culture. La télé en français, la radio en français, pour nous, ça doit être l’affaire de compagnies québécoises.


Et voilà qu’Astral, un joyau du Québec inc., est vendu à Bell. Plusieurs pensent que Bell est une compagnie québécoise, mais qu’ils se détrompent, car elle ne l’est que sur papier alors que 11 de ses 13 principaux dirigeants, y compris son p.-d.g., vivent en Ontario et que ce dernier est unilingue anglophone. Il va sans dire que nous craignons la perte des investissements dans la production télévisuelle francophone et que nous doutons fort du maintien de la place accordée à la chanson francophone à la radio.


Pour toutes ces raisons, et d’autres aussi, comme la disparition d’un important siège social qui soutient de nombreuses organisations à vocation culturelle et sociale, nous nous opposons à la transaction Bell-Astral. Nous espérons de tout coeur qu’Astral demeurera en sol québécois.


Renoncer à nos convictions ?


Nous avons appris que, lorsqu’il y a une acquisition du genre, la réglementation exige que l’acquéreur verse une somme d’argent représentant un pourcentage de la transaction à différents organismes culturels pour compenser la perte de diversité dans le paysage médiatique. Notre milieu culturel a certainement besoin de cet argent. Mais sommes-nous si affamés que nous sommes prêts à renoncer à nos convictions pour un plat de lentilles ? Nous espérons que non.


Il est clair que nous avons besoin de nos médias pour diffuser notre créativité et continuer d’enrichir ce si riche patrimoine culturel qui nous distingue du reste de l’environnement anglo-saxon qui nous entoure. Notre spécificité nous oblige à protéger et à garder entre nos mains la destinée de nos canaux de diffusion. Auteurs, réalisateurs, chanteurs, musiciens, acteurs, producteurs, nous serions tous perdants dans cette transaction. Ce serait la perte d’un bout de notre culture. Il y aurait une baisse d’émissions à contenu francophone, donc notre gagne-pain aussi est en péril.


Nous vous invitons tous à faire pression sur les organismes qui nous représentent afin de nous opposer vivement à cette transaction qui aura des conséquences définitives sur notre avenir culturel et notre désir de maintenir nos racines historiques.

***

Ont signé ce texte les artistes suivants:

Alain Chartrand, André Gagnon, Anne Boyer, Armand Vaillancourt, Chafiik, Charles Lafortune, Charlotte Laurier, Claude Chamberland, Claude Fournier, Denis Héroux, Denise Filiatrault, Djemila Benhabib, Emmanuel Bilodeau, François L’Écuyer, Gabriel Pelletier, Gilles Toupin, Jamil, Janine Sutto, Jean-Pierre Ferland, Jean-Pierre Lefebvre, Jules Falardeau, Justine Héroux, Louise Latraverse, Luck Mervil, Manon Leriche, Marcel Dubé, Marie Eykel, Marie-Anne Alepin, Marie-José Raymond, Mario Pelchat, Marjo, Michel Brault, Michel Côté, Michel D’Astous, Michel Lessard, Michel Pelletier, Michel Tremblay, Nathalie Leclerc, Paul Piché, Raymond Lévesque, René Angelil, René Richard Cyr, Rosaire Archambault, Roxanne Bouchard, Sébastien Ricard, Stéphane Venne, Tania Kontoyanni, Véronique Le Flaguais, Yves Desgagnés, Yves Duhaime.

 
 
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