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World Press Photo 2012 - Portraits d’un monde en crise

7 septembre 2012 | Isabelle Paré | Médias
Samuel Aranda, Espagne, pour The New York Times. Une femme tient dans ses bras son fils de 18 ans blessé, à Sanaa au Yemen, 15 octobre 2011. Couronnée la photo de l'année. <br />
Photo : Samuel Aranda Samuel Aranda, Espagne, pour The New York Times. Une femme tient dans ses bras son fils de 18 ans blessé, à Sanaa au Yemen, 15 octobre 2011. Couronnée la photo de l'année.

Dans cette ère où tout le monde et son père produisent des pixels à la tonne, le Concours du World Press Photo (WPP) 2012 fait l’effet d’une bulle d’air frais dans un flux continu d’images insipides. En plus de réunir le meilleur cru des clichés épousant les mille réalités de la planète, l’exposition rappelle l’importance du photojournalisme, menacé par la restructuration des médias et l’effondrement de la presse écrite.


L’ex-journaliste Dennis Trudeau, porte-parole de l’événement à Montréal, a souligné jeudi à quel point ces clichés exceptionnels, témoins de révolutions à venir ou en cours, étaient nécessaires à l’exercice de la démocratie.


« On a tendance à oublier le talent et le courage de ces chasseurs d’images qui rendent compte de réalités qui se passent dans des zones éloignées et dénoncent les accrocs faits aux droits de la personne dans le monde », a-t-il dit.


La cuvée 2012 du WPP rassemble au marché Bonsecours jusqu’au 30 septembre 161 photographies triées sur le volet parmi les 101 254 reçues par le jury. Plus que les photos qui ont fait la une des journaux, la fournée de l’année rend compte aussi du travail de reporters au long cours, dont les oeuvres n’ont parfois jamais été vues du grand public.


La photo d’une femme en burqa consolant son fils de 18 ans, blessé lors d’une manifestation à Sanaa, a valu au photoreporter espagnol Samuel Aranda le Prix de la photo de l’année. Pietà des temps modernes, ce cliché rapporte de façon intimiste la réalité vécue dans plusieurs dictatures arabes, ébranlées par la fureur de la rue. « Cette image rend compte de ces révolutions, mais pas en montrant des visages agressifs dans les rues. Cette scène très privée témoigne du rôle crucial qu’y ont joué les femmes », a souligné jeudi Femke Van der Valk, représentante de la Fondation du WPP.


Les photos les plus marquantes ne sont pas nécessairement les plus spectaculaires. Effet coup-de-poing pour le premier prix Reportages faits divers, illustrant une mère japonaise, entourée par la mer de débris laissée par le tsunami du 11 mars 2011, brandissant le certificat d’études de sa fille comme un appel à l’aide. Foudroyant, aussi, le portrait d’une prostituée ukrainienne, les cuisses criblées de plaies d’injection. On retrouve aussi des clichés primés de Rémi Ochlik, jeune photoreporter âgé de 28 ans décédé lors des affrontements à Homs, en Syrie, l’hiver dernier.


Comme les sursauts de la rue ont connu leurs heures de gloire ici, l’exposition du WPP est accompagnée de Rouge2, un concentré de clichés pris durant le printemps érable tant par des photojournalistes professionnels que par des amateurs.


Sur le même plancher, on peut aussi survoler AnthropoGraphia, un projet photographique réunissant des sujets liés aux droits de la personne, ainsi que la production graphique de la Montagne rouge, réalisée dans la foulée du soulèvement étudiant du printemps dernier.

Samuel Aranda, Espagne, pour The New York Times. Une femme tient dans ses bras son fils de 18 ans blessé, à Sanaa au Yemen, 15 octobre 2011. Couronnée la photo de l'année. <br />
Yuri Kozyrev, Russie, Noor Images pour Time, Rebelles à Ras Lanuf, Libye, 11 mars 2011. <div>
	Alex Majoli, Italie, Magnum Photos pour Newsweek. Manifestants à la place Tahrir au Caire après un discours du président Mubarak, Le Caire, Égypte, 10 février 2011.</div>
Brent Stirton, Afrique du Sud, Reportage de Getty Images pour National Geographic Magazine. Guerres du rhinocéros. <br />
Brent Stirton, Afrique du Sud, reportage de Getty Images pour Kyiv Post/The Sunday Times Magazine. Maria, droguée et prostituée, Kryvyi Rig, Ukraine. <br />
Stephanie Sinclair, États-Unis, VII Photo Agency pour National Geographic magazine. Épouses enfants: trop jeunes pour se marier. <br />
Alejandro Kirchuk, Argentine. «Never Let You Go». <br />
Laerke Posselt, Danemark, pour Politiken : Mellica Mehraban, actrice née en Iran et vivant au Danemark. Premier prix dans la catégorie Photos isolées - Portraits. Jenny E. Ross, États-Unis. Une ourse polaire en quête d'oeufs, Novaya Zemlya, Russie. <br />
 
 
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