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    Conflit étudiant: les gazouillis décortiqués

    7 juillet 2012 |Catherine Lalonde | Médias
    L’analyste Olivier Beauchesne a collecté, à partir des mots-clics, un demi-million de gazouillis, de la mi-février au 27 juin. Après élimination des doublons, il a extrait, grâce à un algorithme, 50 sujets principaux, regroupés ensuite selon la ressemblance des thèmes ou du vocabulaire. Les sujets qui se ressemblent sont rassemblés. «Comme les étoiles semblables s’attirent, les twitts similaires se rapprochent, d’où la structure du graphique», fait de petites constellations, indique l’analyste. Plus le cercle gris est concentré (comme pour les sujets «Jacques Villeneuve», ou «Manifestaciones»), plus les twitts sont semblables et concentrés. «Si le centre est très diffus, c’est qu’il représente tous ces twitts portant sur une tonne de sujets différents, inclassables.» Le graphique du bas se concentre sur le volume des gazouillis. «J’ai analysé ailleurs les heures d’affluence des twitts, et on constate des apex à 20h [heure des manifestations].» À gauche sont classés les motsclics les plus fréquents (en haut), «Grève générale illimitée » (#GGI) se trouvant bien en tête du palmarès. En bas, les destinataires les plus fréquents. <br />
    Photo: olihb.com L’analyste Olivier Beauchesne a collecté, à partir des mots-clics, un demi-million de gazouillis, de la mi-février au 27 juin. Après élimination des doublons, il a extrait, grâce à un algorithme, 50 sujets principaux, regroupés ensuite selon la ressemblance des thèmes ou du vocabulaire. Les sujets qui se ressemblent sont rassemblés. «Comme les étoiles semblables s’attirent, les twitts similaires se rapprochent, d’où la structure du graphique», fait de petites constellations, indique l’analyste. Plus le cercle gris est concentré (comme pour les sujets «Jacques Villeneuve», ou «Manifestaciones»), plus les twitts sont semblables et concentrés. «Si le centre est très diffus, c’est qu’il représente tous ces twitts portant sur une tonne de sujets différents, inclassables.» Le graphique du bas se concentre sur le volume des gazouillis. «J’ai analysé ailleurs les heures d’affluence des twitts, et on constate des apex à 20h [heure des manifestations].» À gauche sont classés les motsclics les plus fréquents (en haut), «Grève générale illimitée » (#GGI) se trouvant bien en tête du palmarès. En bas, les destinataires les plus fréquents.
    Consultez les structures d’influence du conflit étudiant en haute résolution en cliquant ici
    Olivier H. Beauchesne est analyste de recherche dans une firme de scientométrie. Par curiosité personnelle, il a appliqué ses méthodes de travail pour analyser le contenu et la circulation des twitts pendant le conflit étudiant, avec pour résultat les deux graphiques ci-joints. L’analyste avait déjà, auparavant, étudié les différences entre la couverture de sujets dans les blogues et dans les médias traditionnels.

    « Je crois qu’on est plus politisé sur les médias sociaux, a confié le spécialiste en entrevue. Les analystes dans les journaux ou les médias traditionnels ont un devoir de réserve que l’individu, le citoyen ne conservera pas, choisissant souvent au contraire de s’exprimer sans retenue. Plus politisé, car c’est le choix de chaque individu d’y exposer ses opinions et qu’il y a une action, un geste nécessaire pour aller sur l’ordinateur émettre une opinion et la publiciser. Ça ne veut pas dire que l’opinion est réfléchie, analysée, ou bien contextualisée. »


    Il remarque qu’un message neutre passe moins bien sur Twitter qu’une position tranchée. « C’est un média d’opinion, un éditorial constant, un microsondage à chaque seconde sur des questions qu’on ne choisit pas. De la politique brute, finalement. C’est un média citoyen, et malgré ses nombreuses faiblesses, c’est peut-être la première fois de l’histoire que les opinions sont si diffusées. »


    Selon lui, Twitter est un média de réaction, extrêmement collaboratif et participatif, extrêmement volatil, qui permet de voir émerger les débats et opinions. « Si je compare à un plan d’eau, Twitter serait la broue, l’écume. Il faut par contre voir aussi le courant de fond plutôt que les seules vaguelettes sur le dessus. »


    Ce courant de fond, c’est aussi les médias traditionnels, dit Olivier H. Beauchesne « Peu importe ce qu’on dit des grands médias en général, ils ont une grande indépendance, l’expérience, un recul qui leur permet de faire des analyses posées, de contextualiser. Les médias traditionnels ont encore leur place et sont extrêmement importants. Ils peuvent et doivent exister en même temps que les médias sociaux. C’est symbiotique. »    

    L’analyste Olivier Beauchesne a collecté, à partir des mots-clics, un demi-million de gazouillis, de la mi-février au 27 juin. Après élimination des doublons, il a extrait, grâce à un algorithme, 50 sujets principaux, regroupés ensuite selon la ressemblance des thèmes ou du vocabulaire. Les sujets qui se ressemblent sont rassemblés. «Comme les étoiles semblables s’attirent, les twitts similaires se rapprochent, d’où la structure du graphique», fait de petites constellations, indique l’analyste. Plus le cercle gris est concentré (comme pour les sujets «Jacques Villeneuve», ou «Manifestaciones»), plus les twitts sont semblables et concentrés. «Si le centre est très diffus, c’est qu’il représente tous ces twitts portant sur une tonne de sujets différents, inclassables.» Le graphique du bas se concentre sur le volume des gazouillis. «J’ai analysé ailleurs les heures d’affluence des twitts, et on constate des apex à 20h [heure des manifestations].» À gauche sont classés les motsclics les plus fréquents (en haut), «Grève générale illimitée » (#GGI) se trouvant bien en tête du palmarès. En bas, les destinataires les plus fréquents. <br />
L’analyste a identifié les plus importants destinataires de gazouillis, soit les gens à qui les messages étaient adressés. La taille des cercles a ensuite été déterminée par le nombre de retwitts: plus les messages d’un individu étaient rediffusés, plus l’individu devient influent. On note une importante présence du SPVM, expliquée par les informations en temps réel lors des manifestations. «Twitter a remplacé les vieux “CB” : les participants se servaient de leur cellulaire pour savoir si la manifestation était illégale, et les citoyens s’informaient des rues bloquées. » Le Journal de Montréal est le grand absent média des deux graphiques. « Le Journal utilise les médias sociaux sans y tenir de discussions ». CUTV, la webtélé communautaire de l’Université Concordia, qui a suivi en direct les manifestations, est à la fois le média le plus influent et un sujet incontournable du conflit sur Twitter. La faible présence des partis politiques est aussi notable. «Twitter est le média d’une génération et les partis politiques n’ont pas su l’utiliser. La prochaine campagne électorale risque d’être très intéressante à suivre à ce point de vue. Je crois que ce sera la première vraie campagne 2.0. »












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