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    Le rapprochement des solitudes radios

    Astral regroupe ses salles de nouvelles anglophone et francophone

    La transaction qui a fait passer Astral dans le giron de Bell a été annoncée en mars dernier, par les dirigeants respectifs des deux entreprises, George Cope, de Bell, et Ian Greenberg, d’Astral Media.
    Photo : Agence Reuters Christinne Muschi La transaction qui a fait passer Astral dans le giron de Bell a été annoncée en mars dernier, par les dirigeants respectifs des deux entreprises, George Cope, de Bell, et Ian Greenberg, d’Astral Media.
    En français comme anglais, une révolution c’est une révolution, même à petite échelle. « Mutation » se comprend tout aussi facilement dans les deux langues. Comme « expérience ». Ce ne sera donc pas trop difficile d’expliquer des deux côtés de la rivière Outaouais ou du boulevard Saint-Laurent ce qui se prépare comme audacieuse transformation dans le secteur de l’information du côté d’Astral Radio.

    Alors, voilà : le géant radiophonique regroupe ses deux stations francophones et ses trois stations anglophones montréalaises sous un même toit. Banal ? Pas sûr… Une fois effectué, l’été prochain, le rapprochement devrait faciliter les échanges et l’émulation entre les salles de nouvelles des deux langues. Il s’agira alors d’une rare expérience de promiscuité et d’émulation médiatique bilingue et même biculturelle dans la métropole et le pays des deux solitudes.

     

    Jamais vu


    « L’objectif, c’est d’obtenir une cohabitation physique, mais en amenant ça plus loin, vers une éventuelle collaboration. Et de mémoire d’homme, je ne pense pas que ça ce soit jamais fait au Canada », explique au Devoir Éric Latour, chef des nouvelles d’Astral Radio. « Ça va être intéressant. Même à Radio-Canada/CBC qui vivent la dualité linguistique et culturelle au sein de leurs murs, on n’a jamais poussé très loin l’expérience du rapprochement. Même à l’époque où on avait Info 690 et 940 News, à la place Bonaventure, dans le même espace de Corus, il y avait des directions séparées pour l’info, avec un directeur des nouvelles franco et un directeur des nouvelles anglo. Nous, notre objectif, c’est de pousser ça plus loin. »


    Il faudra cependant attendre au début de l’été pour connaître la mécanique précise de la collaboration. « Pour le reste, on ne peut pas dire grand-chose parce qu’on est en train de rebâtir les organigrammes, poursuit le directeur Latour. Ce serait malhabile de dévoiler le plan alors que les journalistes eux-mêmes, tant anglophones que francophones, ne sont pas au courant des détails. Ils savent qu’ils vont travailler ensemble au même endroit. Ils savent évidemment que l’objectif est d’augmenter la collaboration entre Francos et Anglos. Mais la manière et les exigences ne sont pas encore communiquées. »

     

    Planifié de longue date


    Le géant Bell a acheté Astral en mars. M. Latour affirme que ceci n’explique pas cela, le rapprochement des stations radiophoniques montréalaises ayant été planifié bien avant la concentration industrielle.


    Les travaux d’aménagement sont commencés au 1717, boulevard René-Lévesque, à l’intersection de la rue Papineau, tout près de la tour de Radio-Canada. L’immeuble abrite déjà la station Rouge (107,3 FM, ex-Rock-Détente) et Radio NRJ (94,3, FM à Montréal). Les rénovations prévoient des espaces pour les trois chaînes anglophones (CHOM, Virgin sur la bande FM et CJAD 800 AM) installées présentement au centre-ville, au 1411, rue du Fort, à l’intersection Sainte-Catherine.


    Le service des ventes sera au 4e étage de l’immeuble de l’est, le service de la recherche au 3e, l’administration au 2e et toutes les chaînes auront leurs studios principaux au rez-de-chaussée, selon la nouvelle tendance du secteur. La permanence CIBL du centre-ville a récemment adopté ce modèle de la production ouvert sur la ville.


    La salle de nouvelle « anglo-franco » sera au rez-de-chaussée elle aussi. Au total, une trentaine de personnes y travailleront. Le réseau astral québécois emploie maintenant une soixantaine de professionnels de l’information et de l’animation déjà reliés entre eux. Ils oeuvrent pour 24 stations, dont le trio anglophone.


    La sélection des hauts gradés montréalais se poursuit. Le vice-président, ventes et marketing d’Astral Radio, Luc Tremblay, est passé dans les mêmes fonctions chez Gesca/La Presse. Martin Spalding est devenu le nouveau vice-président/directeur général des cinq stations de Montréal au début du mois. Il a choisi comme directeur des opérations Martin Tremblay. D’autres nominations en découleront, à la direction des programmes, de la salle des nouvelles et des pupitres.

    ***

    Traduction simultanée

    Les expériences de salles de nouvelles bilingues sont rares au pays des deux solitudes. D’ailleurs, même le président du Conseil des radiodiffusions et des télécommunications canadiennes n’a pas obligatoirement à maîtriser les deux langues officielles, selon l’avis de recherche d’un candidat publié en janvier par le gouvernement fédéral. Par contre, les services de nouvelles bilingues, voire multilingues, existent depuis des décennies au pays. En voici quelques exemples notables.

    La Presse canadienne, fondée pendant la Première Guerre mondiale pour transmettre les dépêches et les nouvelles du front, a créé son service de langue française en 1951. Elle se définit aujourd’hui comme « une agence de presse dynamique, souple et bilingue ».
    La Société Radio-Canada/CBC, le plus ancien service de diffusion du pays, date de 1936. Les services des nouvelles conservent cependant leur identité, avec de rares échanges. Une exception notable : les correspondants à l’étranger ont l’habitude de produire des reportages en anglais et en français, comme le fait l’excellente Catherine Mercier, récemment affectée en Chine.
    Radio-Canada International (RCI) apparaît à la fin de la Seconde Guerre mondiale. « La voix du Canada » à l’étranger a diffusé en vingt-deux langues depuis. Les dernières compressions fédérales vont cependant faire perdre 80 % du budget et les deux tiers des emplois à RCI. La chaîne sortie des ondes et transférée sur Internet se concentrera dorénavant sur cinq services (français, anglais, espagnol, arabe et mandarin).
    L’agence Quebecor Media inc. (QMI) de Quebecor se présente comme « la référence médiatique bilingue au Canada ». Fondée en 2008, elle se nourrit des différents médias de l’empire pancanadien et elle alimente ces mêmes sources. Les textes peuvent être traduits au besoin. Quelques rares journalistes écrivent directement dans les deux langues.

     
     
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