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Médias - Lyle Stewart claque la porte de The Gazette

L'empire CanWest Global est ébranlé par le départ de l'éditeur du Ottawa Citizen

Paul Cauchon   20 juin 2002  Médias
Petit choc hier au journal The Gazette, alors qu'un collaborateur considéré comme étant «progressiste», Lyle Stewart, claquait la porte du quotidien en dénonçant la censure dont il se dit victime.

Lyle Stewart ne fait pas le lien direct entre son départ et la nouvelle politique de l'empire CanWest Global d'imposer un éditorial unique aux journaux de la chaîne, mais il voit tout de même un lien indirect, dans le sens où les pressions subies seraient la marque d'une «nouvelle culture d'entreprise», dit-il au Devoir, moins ouverte aux idées différentes.

Journaliste ayant oeuvré pour Hour et The Mirror, collaborateur au magazine The Nation et travaillant à Radio-Canada international, Lyle Stewart avait été engagé par The Gazette il y a deux ans et demi pour proposer «un point de vue progressiste, différent du "mainstream" médiatique», dit-il. «C'était clairement le mandat que j'avais.» M. Stewart était un collaborateur extérieur et non un journaliste permanent syndiqué.

L'arrivée de nouveaux responsables éditoriaux ces derniers mois semble avoir changé la perception de son travail puisqu'il soutient avoir vu depuis trois mois trois de ses chroniques censurées et deux autres modifiées. Le refus de publier une chronique la semaine dernière, basée sur une entrevue avec une activiste contre les cultures génétiquement modifiées, a fait déborder le vase et entraîné son départ.

Selon des journalistes de The Gazette, on ne semblait pas reprocher quelque faute journalistique que ce soit à M. Stewart.

Au bureau du rédacteur en chef Peter Stockland, on a refusé hier de commenter l'affaire, faisant valoir que le départ de M. Stewart était une décision personnelle.

CanWest Global dans l'oeil du cyclone

Par ailleurs, l'empire CanWest, auquel appartient The Gazette, continue à être fortement ébranlé par le congédiement lundi de l'éditeur du Ottawa Citizen Russel Mills, qui soutient avoir été congédié à cause de ses éditoriaux critiques envers le gouvernement Chrétien (la famille Asper de Winnipeg, qui dirige CanWest Global, soutient ardemment le Parti libéral du Canada).

La tourmente qui agite l'empire commence même à causer des problèmes financiers à CanWest puisque l'action de la compagnie a clôturé hier à 8,52 $, son plus bas niveau depuis un an. À Toronto, les analystes financiers soutenaient que les critiques contre la politique de l'éditorial unique chez CanWest finissent par inquiéter les investisseurs.

Le licenciement de M. Mills continuait également de susciter plusieurs commentaires à la grandeur du pays, où on voit dans le geste de CanWest une autre attaque contre la liberté d'expression et l'indépendance journalistique.
 
 
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